Child of Eden

Planant


Planant

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Le langage de base des jeux vidéo est établi depuis longtemps. Les verbes caractéristiques de Mario, comme « sauter » et « écraser », ont rejoint le « dévier » de Pong, le « tirer » de Space Invaders et le « explorer » de Zelda, pour former un vocabulaire de base dont peu s'écartent, même près de 30 ans plus tard. Child of Eden, la pseudo suite de Rez, le fabuleux shooter hypnotique de Tetsuya Mizuguchi, se distingue donc en ajoutant deux nouveaux mots au lexique du jeu : « saisir » et « écarter ».

Ces actions se déroulent sur le côté de l'écran, où 99 % du temps, les joueurs de jeux vidéo tortillent leurs pouces pour entrer des commandes. Mais ici, vous êtes en face de la télévision, observée par l'oeil fixe de la caméra Kinect, à peindre des cibles à l'écran – jusqu'à huit à la fois – avec des balayages de votre main directrice.

Ensuite, quand vous êtes prêts, vous écartez les doigts comme si vous jetiez une poignée de sable au loin. En un seul mouvement, vous faites traverser l'écran à une volée de balles en direction des cibles en surbrillance. « Saisir » et « écarter » : l'apport de Mizuguchi au vocabulaire des jeu par contrôles de mouvements.

Child of Eden – que l'on peut jouer avec Kinect ou un contrôleur standard - est un shoot-'em-up linéaire. Il est important de le souligner dès le début, parce que les lumières et la musique, de même que l'ambiance très particulière, peuvent dissimuler ce qui se passe au niveau mécanique. Vous devez descendre vos ennemis avant qu'ils ne vous descendent. Si votre barre de santé – représentée parfois sous la forme d'une corolle de pétales, d'autres fois comme des cadrans sur une pendule art déco – se vide totalement, la partie est terminée et il faut essayer de nouveau.

Il y a deux sortes de tirs : les roquettes verrouillées sur cible ( tirées avec la main droite) et une mitraillette qui envoie une volée de points violets (tirée avec la main gauche). Les ennemis sont plus sensibles à l'un ou à l'autre. Il y a des boss de fin niveau avec des schémas d'attaque et des points faibles et, à la fin de chacun des cinq mondes de base, on vous donne un classement et un score en fonction de votre performance.

A la fin de chaque niveau terminé, on vous demandera de choisir une créature à ajouter à l'environnement du HUB.

Les joueurs qui préfèrent l'arithmétique à l'art n'ont pas de souci à se faire : Child of Eden est un jeu vidéo orthodoxe, dans lequel des critères bien établis conditionnent le succès et l'échec, où il y a des grades à atteindre, des pourcentages à obtenir, les tableaux d'honneur à gravir et des prix à gagner.

Cependant, réduire le jeu à ses composants structuraux serait confondre la forêt et les arbres. Comme dans Rez, Mizuguchi se révèle avoir un objectif plus élevé que simplement vous demander d'atteindre le meilleur score. Child of Eden est un périple audiovisuel à tous les sens du terme. Il vous transbahute d'un endroit et d'un état à un autre ; il espère qu'à la fin du voyage, vous serez une personne différente de celle qui l'avait entrepris.

Vos balles ont une qualité rythmique, chaque cible touchée émettant une note précise qui enrichit la musique qui tourne en fond sonore. Cette musique, composée par le groupe de Mizuguchi, les Genki Rockets, et des amis à lui, contribue à créer une série de moments forts ; le jeu vous attire et vous transporte au rythme de ses vagues sonores, faisant de vous en partie un spectateur et en partie un chef d'orchestre.

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