Forza Motorsport 4

Coeur d'acier


Coeur d'acier

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La 330 P4 n'a jamais gagné sur le circuit de la Sarthe, mais on a l'impression que cette voiture a été faite pour les virages Porsche du circuit du Mans et que, contrairement à ce qu'indique leur nom, ces longues boucles ont été dessinées et construites dans l'unique but de permettre aux voitures de sport Ferrari à l'assise basse d'exprimer tout leur potentiel.

Enchaîner les virages donne une sensation d'apesanteur enivrante, la direction se relâchant sous vos doigts quand vous êtes au milieu d'un dérapage parfait des quatre roues. Réussir cette séquence demande de lancer la voiture dans des dérapages successifs, une danse délicate dont les mouvements sont l'accélération et le braquage et la musique le grondement caverneux de l'un des meilleurs V12 de Maranello. C'est du jeu qui fait grimper la tension en flèche, et c'est un des nombreux moments où Forza Motorsport 4 se révèle avoir une vraie personnalité.

C'est une affaire de passion. Au-delà des listes de coefficients de force et des dimensions des roues, c'est l'histoire d'un amour simple entre l'homme et la machine, aussi pur et innocent que le rêve d'un enfant devant le poster de la Ferrari GTO punaisée n'importe comment sur le mur de sa chambre. C'est cette même passion que Forza Motorsport 4 s'efforce de susciter.

Il faut cependant avouer que la passion de Turn 10 est en général un peu froide. Par rapport à l'enthousiasme juvénile et l'amour fou de Polyphony qui avaient abouti à un jeu génial, mais bourré de défauts sous la forme Gran Turismo 5, Forza a toujours paru austère. En travaillant méthodiquement à créer une expérience de pilotage la plus complète possible, le studio a souvent échoué à faire partager les émotions que peut inspirer ce sujet.

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Le son de Forza Motorsport est aussi bon que les visuels - même la petite Kia Cee'd émet un véritable grondement.

Cet aspect austère et froid se retrouve parfois dans Forza Motorsport 4, mais en d'autres occasions bien plus nombreuses, on a l'impression que Turn 10 a un peu appris à aimer, qu'il a adouci son approche et apporté un peu de tendresse à une formule qu'il a dépouillée du superflu pour lui faire atteindre la quasi-perfection.

Cela se voit directement dans les nouveaux visuels qui éliminent les aspects les plus plats des précédents Forza. Ce nouveau look plus doux est dû à un procédé appelé « Image Based Lighting » (éclairage en fonction de l'image) où la voiture est montrée sous des jours différents en fonction du moment de la journée (malheureusement, pas de façon dynamique). Même le circuit le plus banal donne une certaine impression de chaleur quand il baigne dans la lumière de l'aube où la lumière filtre à travers les arbres pour colorer le tarmac de teintes ocre.

C'est une touche que l'on retrouve dans certains des arrière-plans plus austères. Le Nordschleife, depuis longtemps établi comme la référence d'un jeu de course sérieux, n'est indiscutablement jamais apparu aussi beau qu'ici, sous un ciel couvert en permanence et au milieu d'un brouillard dont les traînes s'accrochent aux branches des arbres qui bordent ses 20,77km.

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