Wargame Airland Battles

Eugen prend l'air.

Il arrive, lorsqu'on rend visite à un développeur français - je ne parle pas des sociétés internationales comme Ubi - qu'on en reparte avec une profonde frustration. On ressent toujours les bonnes idées, simples et efficaces, la volonté de bien faire et souvent beaucoup de talent, mais pas les ressources pour le faire éclore. Inévitablement, quand la conversation glisse sur un terrain économique, revient la difficulté de se faire une place, même toute petite, dans cette jungle. Il est même arrivé qu'on n'ait pas le temps d'avoir un jeu testable que déjà le studio a fermé, faute de moyens. Heureusement, aujourd'hui, ce n'est absolument pas le cas.


On a en effet rendu visite à l'une des rares exceptions des studios français. Je ne sais pas comment ils en sont arrivés là. Il s'agit d'Eugen System, un studio créé par les frères Le Dressay. Là où tous les autres studios français parsèment leurs jeux d'humour et de fantaisie plutôt que d'effets graphiques spectaculaires, faute de moyens, Eugen System arrive à proposer des titres qui n'ont absolument pas à rougir face aux jeux à gros budgets proposés par les éditeurs du top 5. Pour rappel, on leur doit les Act of War ou RUSE.

Avec Wargame Airland Battles, on a droit à la troisième mouture du moteur maison, l'IrisZoom. Les premières images de ce titre sont tout simplement stupéfiantes. C'est pareil qu'avec les précédents opus des jeux Eugen, mais en 2013 (bon, je dois vous dire que la présentation a eu lieu en 2012 ; bonne année à propos). C'est scotchant, bluffant, on passe en un instant de l'infiniment grand à l'infiniment petit. Comme vous le savez peut-être, c'est ce qui fait le cachet des jeux Eugen, des zooms et des dézooms sur des cartes gigantesques. Et plus les jeux Eugen évoluent, plus ils deviennent détaillés. La puissance accrue des ordinateurs ne fait pas tout : il y a un savoir-faire évident.

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Mais commençons par le début. Eugen a imaginé une guerre froide qui serait devenue brûlante : un affrontement direct entre l'OTAN et le Pacte de Varsovie. Le jeu se déroule entre 1975 et 1985. D'après Alexis Le Dressay, c'est à cette période que la variété des équipements militaires fut la plus intéressante. On n'était pas encore dans l'ère du tout informatique, mais pas non plus dans les équipements antiques. C'est donc à cette période que la stratégie et la tactique étaient les meilleurs moyens de remporter une bataille. Une autre particularité se dessine dans WAB : ça se déroule en Scandinavie. Pas d'attaques massives sur Berlin ou Moscou donc. De ce que nous avons pu voir d'ailleurs, le jeu ne fait pas la part belle à l'urbanisme, la plupart des cartes se déroulent en pleine campagne avec par-ci par-là des petits hameaux.

Le choix de cette région n'est pas un hasard. Le nouveau moteur a une particularité par rapport à ce que l'on avait pu voir dans Wargame European Escalation. Il fait la part belle au relief. Ainsi, montagnes et fjords joueront un rôle dans les différentes tactiques possibles.

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Une attention toute particulière a été apportée à la cohérence des points forts et des points faibles de l'ensemble des équipements, comme nous allons le voir.

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