Dead Space 3 TEST

L'union ne fait pas la force...

Le tout premier Dead Space avait redonné au genre suspense horrifique ses lettres de noblesse avec classe et distinction. On en revenait aux fondamentaux, renouant avec les acteurs historiques, les premiers Alone in the Dark ou encore Resident Evil, dont les suites avaient hélas succombé aux charmes de l'action intensive au détriment du suspens.


Hélas, c'est bien souvent Dallas dans l'industrie vidéo ludique. Si le succès critique du premier épisode était au bien au rendez-vous, du côté commercial, il s'est imposé assez timidement auprès du public. Suffisamment pour atteindre le million d'exemplaires et donner l'espoir à Electronic Arts d'en faire une suite, mais pas assez populaire pour qu'EA persiste dans la même voie. Dès le second épisode qui a su se faire attendre, Visceral Games avait donc revu sa copie et fait subir au jeu un lifting hollywoodien forcé, afin de plaire à un plus large public.

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Sans dénaturer le fond du jeu et de son univers, cette mise en scène façon super production américaine passait plutôt bien dans l'aventure. Même si les puristes de l'avant-veille ne manquèrent pas de marquer leur mécontentement, le développeur trouva finalement le juste équilibre pour en faire un titre captivant.

On aurait donc pu croire que Dead Space 3, troisième et présent opus, de ce qui peut s'apparenter désormais à une trilogie, allait confirmer cela, pour terminer cette saga de manière épique.

Mais il en est tout autrement. La mode n'est plus uniquement au spectaculaire et à l'action, mais aussi au multijoueurs. Si on ne peut convaincre plus en rajoutant du bloom et de l'action à outrance, alors il reste l'option de proposer une aventure principale à plus d'un joueur.

Quatre reste le summum, mais il faut bien avouer que pour ce genre, le pari aurait été risqué. Pas impossible, mais difficile. Du coup, on se retrouve avec un jeu prévu pour deux joueurs. Bien que l'on puisse faire l'aventure seul sans aide extérieur, on sent bien que le titre de Visceral Games est conçu et prévu pour deux. Ce qui, a de nombreuses reprises, rend l'expérience moins excitante.

Que l'on soit bien d'accord. Dead Space 3 n'est pas un mauvais jeu, mais il faudrait alors le tester de 2 points de vue différents. Celui d'un joueur n'ayant pas aimé les deux premiers épisodes, ne jurant que par le multi ou le coop, joueur qui serait réfractaire au suspense et à la peur. Puis il faudrait le tester avec un joueur qui a adoré les deux premiers opus et espère retrouver leurs qualités -en mieux-, dans cet épisode.

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Pour ma part, je fais partie du second cas de figure. Si c'est aussi votre cas, alors vous risquerez d'être assez déçu parDead Space 3.

Dans la réalisation technique, le moteur suit l'évolution de la série, c'est-à-dire que c'est toujours aussi beau, que l'animation est au poil et le rendu des détails, que ce soit sur les personnages comme sur l'architecture « space opera » du titre, est toujours aussi précis et minutieux. Le jeu est fluide et la réalisation, bien qu'accentuée à l'exagération sur l'action, n'en demeure pas moins soignée. On en prend plein les yeux, ça bouge bien, et tout cela, sans transition aucune avec l'aventure, même quand la caméra fait un grand plongeon dans le vide. Normal, puisque ces scènes utilisent sans broncher le moteur en temps réel du jeu.

Le tout épaulé par une bande sonore qui suit ce qui se déroule à l'écran, sans fausse note. Les musiques toujours aussi bien dosées accentuent les passages délicats, font monter la pression lorsque des monstres surgissent et jouent encore, quelquefois, avec nos nerfs. Les thèmes de la série sont, au moins sur ce point, respectés et c'est toujours ça de gagné.

Si la technique et l'aspect sonore ont conservé les acquis des précédents opus, il en va tout autrement de la prise en mains et du fond de Dead Space 3. Cette partie a entièrement été revue pour devenir plus accessible et ouverte au jeu en coopération.

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Comme indiqué plus haut, on sent bien que le design des niveaux a été conçu pour que deux joueurs puissent s'y balader. Si vous jouez seul, vous allez devoir faire bon nombre d'aller-retour. Les énigmes seront doublées par moment, pour les actions que vous devrez indéniablement faire à deux. Du coup, les chemins sont grands et vastes, afin de pouvoir s'y déplacer à deux personnages. Ceci a pour conséquence de faire disparaître le sentiment d'oppression des jeux précédents. Les couloirs sont maintenant des boulevards et les extérieurs nous font penser par moment à des zones d'attaques de mêlée, comme on en trouve dans Halo 4 ou Lost Planet 2.

D'ailleurs, le dernier titre de Capcom pourrait être mis en parallèle avec celui d'Electronic Arts, tellement les deux productions semblent proches. Non pas uniquement par l'univers, neigeux et désertique, mais aussi dans la volonté de l'éditeur d'orienter sur du jeu en coop des licences pas forcément conçues pour ça à l'origine. Beaucoup de défauts que l'on pouvait reprocher à Lost Planet 2 sont ici de nouveaux présents.

Mais le design des niveaux pour un jeu à 2, n'est pas uniquement le seul fautif. Dead Space 3 est facile. Trop facile. Alors que dans les précédents opus, on relevait un challenge correct en mode de difficulté normal, ici, c'est une promenade touristique plus qu'autre chose. Quand certains passages sont un peu délicats, la faute en revient surtout au positionnement de la caméra et à l'action effrénée qui vous empêchera de bien discerner votre zone de manœuvre plutôt qu'à un réel challenge.

Auparavant, les trousses de soins étaient assez rares à trouver et il fallait les gérer avec prudence, voire avarice. Maintenant, on en trouve partout, ce qui laisse même le luxe d'en user au moindre bobo, de peur de ne plus avoir de place dans votre grande besace. Grande à cause de l'espace laissée par le manque de munitions diversifiées.

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Coop oblige en effet, les munitions de Dead Space 3 sont à présent uniques. Fini les recharges différentes pour chaque arme. Dans un souci de pouvoir échanger vos balles plus rapidement avec vos partenaires, toutes les munitions sont compatibles avec toutes les armes. De ce fait, les munitions ne monopolisent plus vos réserves et votre inventaire se retrouve libre de stocker autant de medkits que vous le désirez ou tout autre objet qui vous permettra de faire évoluer votre personnage ou de créer de nouvelles armes.

Justement, parlons-en du craft de Dead Space 3. Vous pouvez, à l'aide d'outils et d'objets collectés tout au long de votre aventure, créer vos armes. Une fonction bien pensée, mais là encore au profit du coop uniquement et encore…

Si dans un jeu massivement jouable en ligne, il est intéressant de se financer en revendant aux enchères ses créations personnelles, ça en a tout de suite beaucoup moins dans un jeu linéaire comme Dead Space. Il peut être amusant de créer une arme plus puissante que votre allié pour lui montrer qui est le plus fort, mais cela devient rapidement inutile et on finit le jeu avec une ou deux armes que l'on fait évoluer rapidement. La diversité en prend un coup et on se rend compte que le jeu peut se terminer en avançant et en tirant sans trop se poser de question. Fini les monstres qui nécessitaient un type d'arme plus qu'un autre pour en venir à bout.

Dead Space 3 se joue désormais comme un gros film, plus simple, plus accessible et avec beaucoup moins de contraintes que dans les précédentes productions. La sauvegarde n'est plus à faire, elle est automatique. Une multitude de petits mécanismes qui se perd et qui ne rendait pas pour autant le jeu lourd. Bien au contraire, ils constituaient le coeur d'une aventure où le joueur devait survivre. Encore heureux que l'inspection de l'inventaire se fasse toujours en temps réel et non en mettant le jeu en pause. Ne rigolez pas, ça aurait pu être envisagé sous prétexte de faciliter les transferts entre joueurs en mode coopération.

Voir notre VERDICT SUR XBOX 360 .

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