La conférence PS4

Les développeurs à l'honneur.

La conférence commence à l'heure, par un clip évidemment. Ça sent quand même la Playstation : on y évoque les deux décennies passées.

C'est Andrew House qui arrive sur scène ; il souhaite la bienvenue à toute la planète. Il explique qu'on en saura plus sur le hardware, le software et le réseau. Ça se précise donc. Il évoque l'ensemble de l'écosystème de la Playstation. Il commence par mettre en avant la PS Vita. Sur l'écran géant, on distingue des visuels de Journey et Unfinished Swan.

Ce discours d'introduction est assez politique, pour plaire à tout le monde : les casuals, les hardcore gamers, les développeurs, les joueurs au salon, les joueurs mobiles… En gros, l'univers du jeu est en mutation et la PS4, c'est l'avenir.

OK, le logo apparait.

C'est la PS4.

House invite désormais Mark Cerny à le rejoindre. Visiblement, il a été très impliqué dans la création de la PS4. Le projet a commencé il y a cinq ans ; le but était de rendre le développement sur PS4 le plus ergonomique possible. On se souvient que c'était une des grandes plaintes des studios : la création d'un jeu n'était pas simple. À contrario, la mise en place d'une équipe multidisciplinaire pour la créa de la PS4 a permis aux studios de libérer leur créativité et de ne pas se prendre la tête sur les contraintes de programmation.

Cerny parle du contenu de la console : architecture PC, processeur X86, 8 Go de GDDR5...

Il présente maintenant le DualShock 4. Il met en avant un confort accru en ce qui concerne les gâchettes, une latence réduite et de nouvelles fonctions. Il propose également une démo de L'Unreal Engine et du Havoc. Ce dernier autorise des animations avec un million de particules.

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Cerny présente aussi quelques images de son propre jeu. Les graphismes ne semblent pas complètement finalisés, les textures ne sont pas parfaites. Ça s'appelle Knack, le design est un peu cartoon. Ce n'est peut-être pas le jeu le plus spectaculaire à montrer en premier pour une conférence sur une nouvelle console, mais passons.

Cerny revient sur les cinq concepts de la PS4, en cinq mots : Simple, Immédiat (la console semble pouvoir sauvegarder un jeu en mémoire, sans accès disque, on peut jouer avant la fin d'un téléchargement), Social (on peut partager ses sessions de jeu en vidéo ou prendre la main sur la session d'un ami)… On découvre que le jeu devient un spectacle. Un bouton de la manette permet le partage avec une simple pression sur la touche Share. Le réseau Playstation a été pensé pour intégrer les réseaux sociaux en permanence.

On a la confirmation que la Vita servira de manette et d'écran secondaire ; ça fonctionne grâce à des temps de transmission réduits. On apprend que tous les jeux Playstation, depuis la première, devraient à terme fonctionner sur PS4. C'est l'ambition de Sony, mais je ne sais pas si ça ne va pas prendre quelques années.

On a ensuite un clip avec de nombreux développeurs qui reconnaissent avoir été consultés par Sony pour avoir la machine de travail idéale.

Nouveau jeu, le prochain Killzone, Shadow Fall. Ça calme. On survole une ville immense, incroyablement détaillée. Au sol, on pense à la ville principale de Mass Effect, la citadelle, jusqu'à ce qu'une immense explosion détruise un building. La séquence qui suit est malheureusement plus classique. J'ai l'impression d'avoir déjà vu ce genre de shooter des dizaines de fois. C'est beau, mais il n'y a pas l'effet waouh du survol de la ville.

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Nouvelle licence d'un jeu de voiture : Drive Club. Les plus belles voitures dans les plus beaux lieux au monde. Il semblerait que ses créateurs aient voulu intégrer les éléments de jeux à la première personne dans une course de bagnoles. Reste à savoir quelle sera l'orientation. Est-ce un Gran Turismo de plus ou une réponse à Forza ou PGR ?

On a ensuite droit à un nouvel épisode d'inFamous, Second Son. Un nouveau héros apparait. Qui dit nouveau héros dit nouveaux pouvoirs. Le précédent manipulait l'électricité. Il semblerait que le nouveau maitrise la pyrotechnie. Dans la vidéo qu'on a pu voir, il invoquait des boules de feu et il se transformait en fumée. Là encore, très jolis graphismes.

Jonathan Blow, créateur de Braid, débarque sur PlayStation. Il présente un jeu de révélations, The Witness. Ce n'est pas un monde ouvert, mais à contrario, un monde très compact, sans remplissage et pourtant avec une durée de vie de 25 heures. On a pu voir une vidéo. Je vous avouerai que je n'ai absolument rien compris. Ça reste du puzzle game ; je suis incapable de vous expliquer le concept simplement avec ce qu'on a pu voir à l'écran.

David Cage est ensuite invité et il rappelle que ce qui compte le plus pour lui, c'est évidemment l'émotion. Il fait un parallèle entre les débuts du cinéma où les acteurs devaient surjouer. Pour lui, la PS4 va permettre de tourner une page. Avec Beyond, c'est évidemment de ce jeu dont il parle, le nombre de facettes permet d'atteindre le même niveau émotionnel que le cinéma actuel. Pour preuve, il nous propose un modèle 3D d'un personnage ; c'est tout simplement bluffant et il semblerait qu'on ne soit pas loin du photoréalisme. Cage insiste pour que l'on regarde bien les yeux du personnage : ils semblent effectivement vouloir dire quelque chose. C'est léger, à des années lumière de la façon de jouer de Steven Seagal. C'est vraiment bluffant.

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Alex Evans de Media Mollecule vient nous parle du processus créatif chez le développeur de LittleBigPlanet. Il présente un jeu où il semble que l'on puisse créer ce que l'on veut ; la séquence vidéo laisse entendre que l'on peut jouer de la musique avec les manettes Move ; ça fait un peu penser à Wii Music, un mauvais souvenir. Mais comme avec tous les jeux Media Mollecule, on a envie de plonger dedans tout de suite.

Yoshinori Ono arrive. Il fait une petite rétrospective de l'avancée technique d'une Playstation à l'autre. Code Name Panta Rhei est un nouveau moteur pour la PS4 ; le premier jeu que l'on découvre, c'est Deep Down. La séquence présente un guerrier qui ne tardera pas à rencontrer un dragon dans un donjon. C'est évidemment joli, mais on ne comprend pas non plus trop le concept du jeu.

Hashimoto, de Square Enix. On ne verra qu'une cinématique que l'on connait déjà. À la fin, il insiste sur la puissance, la polyvalence et la simplicité d'utilisation de la PS4. Il aurait quand même pu se pointer avec une nouvelle cinématique sous le bras.

C'est au tour d'Yves Guillemot de prendre la parole sur scène. Ça va parler de Watch Dogs. Quelque chose me vient à l'esprit : on n'était pas complètement dans le délire au dernier E3 quand on avait imaginé avoir vu certaines séquences de la prochaine génération de consoles. Il nous avait effectivement semblé que Beyond et Watch Dogs pouvaient être développés sur la prochaine PS4. Pour revenir sur le jeu d'Ubisoft, c'est tout simplement splendide et on commence véritablement à comprendre le concept du jeu. On reviendra dessus plus tard, car il y a énormément de choses à dire.

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Lorsque l'hôte de la soirée invite le prochain intervenant, j'ai l'impression de rêver. Il s'agit de Chris Metzen. De Blizzard. Je pense que c'est la première fois dans l'histoire des conférences console qu'un membre de Blizzard est invité. Il explique que son but est de porter les jeux Blizzard (dont l'ADN est à 99,99999% PC) sur consoles. Et dominer le monde. Bien évidemment, il ne fait pas que passer. Il a une annonce. Ce sera Diablo III. Bon, OK, c'est un secret de polichinelle. Là, les questions se bousculent évidemment dans la tête des joueurs. Une manette, aussi bien fichue soit-elle, peut-elle remplacer une souris et un clavier ? Et surtout, surtout… Comment fonctionneront les services en ligne ? Restera-t-on sur Battle.net ou les données personnelles du joueur se retrouveront-elles sur des serveurs de Sony ?

Ça sent la fin. Le boss d'Activision apparait. Il est là pour Destiny. C'est aussi extrêmement perturbant d'entendre parler un ancien de Halo dans une salle acquise à la cause de Sony. Là encore, on a droit à une séquence très jolie. En théorie, vous devriez avoir les vidéos dans la journée.

La conférence se termine avec une date de sortie : Holidays 2013. Cela signifie que ce sera une sortie pour la fin 2013. On ne trouve pas la mention Worldwide. Ça concerne donc probablement le Japon ou les USA et il faudra sans doute miser sur du 2014 pour l'Europe.

Que retenir de cette conférence ?

Tout d'abord, on est content que ce soit bien la PS4 qui soit annoncée et pas un périphérique comme le Move 2 ; on aurait eu un peu l'air idiot avec nos articles d'hier.

Le premier truc qui frappe dans l'ensemble, c'est qu'on a l'impression que cette conférence était vraiment une énorme caresse aux développeurs, avec un message : ce sera plus simple. Ça a été tellement insistant qu'on a vraiment l'impression que la programmation PS3 a été une torture pendant toutes ces années. Indirectement, le joueur peut se dire qu'une programmation plus simple est évidemment intéressante pour lui. On se souvient de certains jeux du début de la PS3 particulièrement pénibles à utiliser, du temps affreux de chargement des menus de Motorstorm par exemple.

Fait notable : plusieurs développeurs qui se sont succédé ont admis faire partie d'une équipe multidisciplinaire qui a pris en compte les doléances des programmeurs. Sony n'a pas fait bouillir la marmite seul dans son coin. C'est encourageant. Car une équipe qui ne se prend pas la tête sur des conneries pendant deux mois a le temps de polir son titre, de l'affiner ; c'est parfois ce qui sépare un bon titre d'un jeu génial.

Ensuite, on a eu des annonces, en pagaille. Et pas que des blockbusters. La venue de Jonathan Blow, personnalité incontournable de la scène indépendante est un symbole. Toutes les présentations n'étaient donc pas du grand spectacle, mais il y avait un catalogue très hétérogène, du petit jeu indé au gros blockbuster. Par contre, qui dit jeu indépendant dit concept. Et on n'a pas franchement tout compris. On ne demande qu'à voir, à comprendre. À l'E3 probablement.

Pour les gros titres, en revanche, on reste sur notre faim. On se demande encore ce que sont venus faire les développeurs de Square Enix qui nous ont présenté une vidéo qu'on avait déjà vue. Sur Killzone, je suis partagé : si la séquence de survol de la ville est spectaculaire, la séquence de shoot qui suit semble quelconque, déjà vue.

Reste donc une poignée de jeux que l'on avait déjà vue à l'E3 et qui nous avait marqués. Ce n'est pas un hasard d'ailleurs. Les jeux que l'on avait le plus remarqués étaient des titres PS4, présentés au milieu de titres PS3. Forcément, c'était repérable. Watch Dogs, la nouvelle franchise d'Ubi, semble plus en avance que tous les autres jeux présentés. Je ne sais d'ailleurs pas ce qui me réjouit le plus : une nouvelle console ou cette nouvelle franchise qui sent bon la bonne idée bien réalisée.

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