50 Cent: Blood on the Sand

Pour quelques cent de plus....

Assurément, la tendance est au jeu en co-op. Gears of War, Army of Two ou encore Left 4 Dead en sont les meilleurs exemples. La nouvelle aventure virtuelle de 50 Cent - oui, oui, le rappeur pote d'Eminem - s'inscrit donc dans cette lignée, glanant des idées à droite et à gauche afin de faire oublier Bulletproof, le premier épisode signé Vivendi Games en 2006. C'est dire qu'il y a du boulot, car on y frôlait souvent le ridicule. Au moins, l'attente n'est pas démesurée et les vidéos lâchées par THQ ces dernières semaines faisaient plutôt bonne impression. Reste donc à savoir si ce 50 Cent est-il une sombre daube qui cherche à vendre uniquement sur le nom du rappeur ou est-ce une plutôt bonne surprise…

Cinématique d'intro. 50 cent et ses complices se produisent sur scène, des grenades accrochées à la ceinture (classique quand on se produit sur scène…), terminent leur show et filent dans les coulisses récupérer leur cachet. Mouais. L'organisateur les embrouille, les rappeurs sont pas contents, leur magot s'est fait la malle... Re-mouais. Étant donné qu'ils voyagent toujours avec leur arsenal, c'est à coup de fusil que l'entourloupe se réglera ! Voilà pour l'histoire, digne de la tranche horaire de TF1 après 23 heures le dimanche soir.

Vous l'aurez compris, le scénario est à Blood on The Sand ce que les arrêts de jeu sont au rugby... Bref, passons.

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Le mode co-op c’est bien, mais quand c’est uniquement en ligne, ça manque de convivialité.

D'abord trois compagnons sont au choix pour mener à bien votre quête (qui est de tuer tout le monde et de récupérer le fric, très chic), Tony Yaho, Lloyd Banks et DJ Whoo Kid. Des joueurs de harpe celtique, sans aucun doute. Personnellement je n'ai pas perçu de différences entre eux, si ce n'est côté look et armement. En fait, en solo votre compagnon a généralement peu de place pour agir. En solo ? Oui, car à la manière d'Army of Two, l'aventure se compose d'obstacles à franchir nécessairement avec votre allié. Le pied en co-op me direz-vous ? Oui et non, l'écran spitté n'est pas possible... Chacun chez soi ! La convivialité en prend un coup, c'est sûr. Sinon, reste l'option des consoles reliées, chacun sa télé... Des gens font-ils ça en dehors du verso de la jaquette du jeu ? Côté complicité et tactique de jeu sur le terrain, bah c'est le scénario... Tuez tout le monde, vous avancerez.

Résolument bling-bling

L'action se déroule en Extrême-Orient, dans un sombre pays aux mains de la mafia locale et du crime organisé. Les rappeurs sont cools en fait, c'est pour la bonne cause qu’ils flinguent à tout va... Nous voilà donc dans une ruelle à se frayer un chemin à travers des ennemis affûtés de loin mais de près aussi bêtes que méchants. Je mets ça sur le compte de la carrure du personnage, je pense que 50 Cent me ferait peur s'il courait vers moi armé comme ça et... Bref. En clair, l'IA n'est pas démente, et vos ennemis vous surprendront parfois, mais par leur bêtise. Bizarrement cela gêne peu, voyez plutôt. Quand j'écris plus haut que Blood on the Sand comporte de bonnes idées, prenez plutôt les mini-défis. Souvent en pleine action une alerte se déclenche en vous indiquant un temps imparti pour réaliser une tâche, il s’agit en général de tuer des adversaires en particulier ou de récolter une certaine somme d'argent rapidement.

Si l'on ne s'en soucie guère les premiers niveaux, on se prend vite au jeu vu l'intérêt qu'ils représentent. Le but principal étant d'amasser de l'argent (dans quelle époque vit-on ?), non pas pour assurer la descendance de 50 cent sur trois générations mais pour acheter des armes, des parades, des coups spéciaux et des... insultes. Oui, vous avez bien lu. Attention, les choses deviennent drôles, un bouton est spécialement dédié à cela. Pratique quand vous égorgez un adversaire de lui lancer une flopée d'insultes, gratuitement... Rappelons que le jeu est 18+. Personnellement, j'ai trouvé toute cette violence très drôle, presque attachante. Ça sert à ça aussi les jeux vidéo ! Et l'on est autant dans le second degré que le jeu à proprement parlé, car afin d'amasser toujours plus de dollars, des caisses disséminées partout sont à détruire pour récolter des pièces.

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Votre mini-défi : éclater trois adversaires à l’arme lourde. Amis poètes bonjour.

Oui, ça m'a fait bizarre moi aussi. Tout comme les endroits marqués d'un cercle lumineux, seul passage possible pour escalader un mur. Des cibles et des posters des potes de Fiddy sont également à trouver, ça en fait du bonus. Côté graphismes, on alterne le moyen bon au très bon, avec quelques bugs graphiques à déplorer, mais seulement lors des résurrections - je me suis cru à un moment dans Prince of Persia ! Mais cela reste rare. La maniabilité est bonne, les cachettes à la Gears of War parfois confuses mais on s'y fait. Puis de toute façon, avec tous les bonus de temps à remplir, on s'attarde peu sur les détails. C'est d'autant agréable que cela donne un rythme haletant au jeu, j’ai même eu par moment un peu de mal à lâcher la manette...

La physique du jeu est par contre souvent étrange, voire d’un autre temps, comme quand Fiddy se cache derrière des caisses en bois indestructibles, sans parler du bullet time peu efficace, pas de doute, le réalisme passera.

Malgré tout ça, j'y ai beaucoup joué à ce titre. Un peu court, sept à huit heures. Il est certes toujours possible de le recommencer afin de gagner davantage de trophées qui sont assez riches (clips, artworks). On l'oublie aussi, mais ce jeu s'adresse beaucoup aux amateurs de rap US. Sachez que ce style n'est pas trop ma came, ma connaissance du sujet se limitant aux Street (des anglais, oui je sais) ou aux Beastie Boys (des vieux, oui je sais). C'est dire l'excitation qui s'est emparée de moi quand mon rédac-chef m'a tendu la boîte avec ses yeux menaçants... Bonne voire excellente surprise, après 5 minutes de jeu, j'ai diminué le volume des effets du jeu pour mettre en valeur la musique ! Les pistes sont (très) nombreuses et ma foi, de grande qualité. Je songe même à tenter l'expérience sur Deezer... A la place d'un amateur du genre ou d'un fan du chanteur en particulier, difficile de passer à côté.

6 / 10

Comment nous attribuons nos notes 50 Cent: Blood on the Sand Guy Pichard Pour quelques cent de plus.... 2009-03-02T17:00:00+01:00 6 10

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