Tom Clancy's Rainbow Six : Vegas

Une version PC digne de se nom !

J’en profite pour passer un message personnel à Tom : c’est pas cool de ne publier aucun de mes papiers en une semaine, pour qui je passe, moi ? Quel fieffé menteur, ce Tom… Enfin, il faut quand même que je ponde un article, et je ne vais pas gâcher mon quota de mots dans une des ces intros interminables dont les rédacteurs ont le secret. Surtout que j’ai du pain sur la planche pour expliquer pourquoi j’ai mis 7 et non 8 à la version PC, alors que c’est le même jeu.

Commençons par rassurer le lecteur sur un point : les qualités de la version Xbox 360 se retrouvent sur Vegas PC. A commencer par les graphismes, très « nouvelle génération ». La représentation flamboyante du Strip de Las Vegas, par exemple, est sans équivalent sur PC. Quant à l’animation, elle est elle aussi de tout premier plan, tout en faisant référence à diverses reprises aux épisodes précédents de la saga Tom Clancy, comme lors des scènes de descente en rappel le long des parois. La panoplie étendue de compétences est tout aussi alléchante, et permet moult raffinements dans l’art de la guérilla urbaine. Et si vous n’avez plus que deux équipiers, ils sont (globalement) futés et agréables à contrôler. Le système de mise à couvert est aussi réussi que dans Gears of War, et plus adapté au rythme plus lent du jeu. Et les armes dont BEAUCOUP de bruit. Un volume sonore qui flirte artistement à la limite du pénible et du stimulant. Las Vegas est un décor de rêve pour un jeu : son côté labyrinthique sème un certain trouble tactique, et les machines à sous omniprésentes – derrière lesquelles il est si opportun de se planquer – ne donnent pas l’impression que les développeurs les ont mises là de façon malhonnête (après tout, c’est ça Vegas !). Les options multijoueurs, quant à elles, surtout en mode coopératif, sont LE point fort du jeu. La chasse aux terroristes en petit comité a de beaux jours devant elle…

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D’ordinaire, Las Vegas est plus animée…

Pour les fans de Rainbow Six sur PC, la déception Lockdown fut encore plus amère que pour ceux qui n’ont connu que les versions sur console. Rainbow Six est probablement la série qui est allée le plus loin de sa mouture originale au fils des ans, tout en restant fidèle au genre. Les Rainbow Six originaux sur PC étaient uniques, différents à chaque fois, et toujours bougrement réussis. On passait souvent plus de temps à définir un itinéraire qu’à se lancer dans une tentative. C’était périlleux. C’était excitant. C’était à mille lieues d’un jeu cherchant à toucher un large public.

Alors, inévitablement, le techno-thriller devint plus thriller et moins techno, empruntant tous azimuts à des jeux comme SWAT 3, Brothers in Arms et autres (lesquels, à leur tour, ne se gênèrent pas pour piller Rainbow Six). Le jeu de tir tactique se faisait de plus en plus jeu de tir…

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Il est mal tenu, ce casino…

Eh bien, c’est là que ça commence à énerver sur PC. Ça énerve avant, d’ailleurs, pour être franc. L’énervement débute quand on s’aperçoit que le développement multi plate-forme conduit à quelques détails agaçants dus à la priorité donnée à la Xbox 360. Quand, par exemple, votre équipe s’est regroupée derrière une porte, prête à bondir, l’interface affiche les méthodes possibles pour investir la pièce sous forme d’icônes, en bas à gauche de l’écran. Sur la version Xbox, cela a du sens étant donnée la contrainte de la manette. En appuyant sur « gauche », on choisit l’option de « gauche ». Sur PC, l’interface affiche trois boutons du clavier. Lequel des trois est à gauche ? Mieux vaut avoir bon du premier coup, sinon vous risquez de benner une grenade dans une salle pleine d’otages. Le triste constat, c’est que nous autres possesseurs de PC héritons du pire des deux mondes. On nous prend pour des fous quand on demande que soit implémenté le partage d’écran, et on doit se farcir une interface inadaptée. Sans parler des specs hallucinantes, qui demandent au minimum du Pixel Shader 3.0 sur votre carte 3D…

Certains objecteront que le fait d’oublier une touche ou, pire encore, de se tromper de touche, est un signe de faiblesse de la part du joueur. Certes, mais dans les deux cas, c’est une faiblesse humaine compréhensible qui devrait être anticipée par les développeurs, et cela nous ramène à la problématique des sauvegardes par points de passage de Rainbow Six. Le jeu repose sur trop de variables conduisant à la frustration du joueur quand il faut se retaper toute une section – en jouant lentement, c’est la nature du jeu qui le veut – quand quelque chose a foiré. Comme l’a souligné Kristan, des éléments comme la possibilité de faire revivre un équipier allègent ce sentiment de frustration. D’autres, comme les ennemis qui bennent une grenade à fragmentation mortelle dans un environnement confiné où vous êtes fatalement pris par surprise, ne l’allègent pas vraiment…

Nous revoilà à la case départ. Quand les jeux de la série Rainbow Six étaient « réalistes », ce côté « ça passe ou ça casse » faisait partie du deal, et contribuait à l’atmosphère tendue. Mais ces éléments n’ont pas leur place dans ce qui est devenu un simple jeu de tir. Même si Las Vegas est un décor formidable pour un jeu vidéo, l’atmosphère pâtit de cette confusion des genres. Prenons l’exemple de la première mission à Vegas, où il faut faire un trou dans le mur pour éviter l’entrée principale, laquelle est « trop défendue ». Pour arriver à ce mur, il faut progresser sur le Strip, et donc affronter des dizaines de terroristes. OK. C’est ça, un itinéraire moins défendu ? Il y a quoi, à l’entrée principale ? Un robot des Transformers ? L’incroyable Hulk ? Tout l’arsenal du monde restitué avec une précision minutieuse ne peut masquer le fait que l’on ne se trouve plus, mais alors plus du tout, dans un jeu « réaliste ».

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Si on reste à découvert, on est mort. Point.

C’est tout le problème de cette mouture PC. On a l’impression d’être dans un jeu qui hésite entre deux genres, lesquels ont des titres épatants sur PC, et s’avère incapable de décider dans quelle direction aller. Il reste des vestiges des vieux jeux de la série, comme un arsenal impressionnant pour équiper vos gars, le tout livré avec force détails. Sauf que cet arsenal se retrouve disposé dans des caisses, posées au beau milieu d’un niveau, comme si l’armement du SWAT se trouvait entre deux machines à sous dans les casinos de Vegas. Quant à votre équipe, elle excelle comme jamais dans le nettoyage de pièces… sauf que la plupart des affrontements ont lieu en environnement ouvert. Si c’est un jeu de tir tactique bien stressant que vous cherchez, c’est SWAT 4 qu’il vous faut. Si vous préférez un jeu de tir lambda… ma foi, vous êtes sur PC. C’est pas ça qui manque !

En résumé, Rainbow Six: Vegas est distrayant, techniquement réussi, mais il est à mi-chemin entre le passé et… autre chose. Il ne reste plus qu’à savoir quoi.

7 / 10

Comment nous attribuons nos notes Tom Clancy's Rainbow Six : Vegas Kieron Gillen Une version PC digne de se nom ! 2007-05-28T11:11:00+02:00 7 10

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