Virtua Tennis 3

Balle de match sur nextgen !

En règle générale, je ne suis pas un fan des jeux de sports. La raison en est très simple : mis à part les jeux de courses, qui sont pour la plupart accessibles même à ceux qui ne conduisent pas, ou les FPS (shooter à la première personne), auxquels on peut prendre du plaisir sans être forcément un hystérique des armes à feu aimant se baigner dans le sang des petits hommes verts, les jeux de sports sont carrément destinés aux fans du sport en question…

Rares sont ceux, qui n’étant pas fans de foot, peuvent prendre leur pied avec PES (ils doivent être trois au total, mais je suis sûr qu’ils ne manqueront pas de faire un commentaire juste pour prouver que je me trompe). Des jeux basés sur des sports Américains comme Madden restent largement impénétrables pour le public Européen, qui ne goûte pas forcément les passe-temps favoris de nos cousins d’outre-Atlantique. En tant qu’Irlandais, la majorité des jeux de sports m’ennuient à mourir ; pour vraiment m’intéresser il faudrait un bon jeu de hockey (Non, je n’ai pas fait de faute d’orthographe, je parle bien du jeu et pas du hoquet, conséquence d’une absorption immodérée de bière et qui précède l’envie de gerber, même si je dois bien avouer que c’est un passe-temps populaire dans mon pays d’origine) ou d’un jeu de rugby bien fait.

Il existe bien sûr de notables exceptions à cette règle ; le Wii Sports de Nintendo, qui vous scotche littéralement à l’écran, en est un bon exemple. Il est composé de trois jeux qui ne m’intéressent absolument pas, mais c’est pourtant le plus sûr moyen de me détourner de ma promenade dominicale dans la campagne et il divertit des millions de gens en étant simple et élégant. Et puis il y a les jeux Virtua Tennis de SEGA, indiscutablement les simulations de tennis les meilleures, les plus équilibrées et les plus divertissantes jamais créées, mais par ailleurs et par-dessus tout des jeux fabuleux en eux-mêmes et que l’on peut parfaitement apprécier sans aimer particulièrement le tennis.

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Prenez les fruits et évitez les balles géantes. Je regarderais sans doute plus souvent le tennis à la télé s’il avait une chance de voir Federer être bombardé à mort.

Depuis l’apparition du premier Virtua Tennis sur l’infortunée Dreamcast, la série à brisé les codes des jeux de sport en séduisant non seulement les admirateurs passionnés des services/volées de Federer, mais aussi le large public de ceux dont la première réaction, quand la télé retransmet Wimbledon, est de zapper frénétiquement avec la télécommande dans l’espoir de trouver une rediffusion d’un vieil épisode de Derrick. Vu le succès rencontré, il est étonnant à bien des égards que SEGA ait résisté à nous gratifier chaque année d’une nouvelle version. L’éditeur n’en avait jusque là sorti que deux. Mais peut-être est-ce le signe que la firme comprend parfaitement son marché. Des fans de foot achèteront peut-être les mises à jour annuelles de leur jeu favori, mais dès lors que le public de Virtua Tennis est constitué de gens qui par convention ne sont pas des fans de tennis, une sortie annuelle pourrait s’avérer fatale pour la série. Ils sont futés, chez SEGA !

Nouvelle génération, nouvelles balles s’il vous plait !

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Le ramasseur de balles est prêt à bondir, il a déjà anticipé le coup à venir.

Venons-en à la dernière génération de consoles et à Virtua Tennis 3, qui était vraiment attendu avec une grande impatience. Nous y avions bien sûr déjà jeté un oeil en avant-première et nous avions été impressionnés par ce que nous avions vu, mais SEGA nous a maintenant fourni un exemplaire du jeu, qui n’a pas arrêté de tourner sur notre PS3 ces derniers jours, et nous avons eu l’opportunité d’humilier l’AI de Virtua Tennis (et par la même occasion une pléiade de stars du tennis).

Revenons brièvement sur les nouvelles fonctions importantes de Virtua Tennis 3 : un graphisme grandement amélioré, ce qui n’est pas une surprise, le choix entre 20 des meilleurs joueurs mondiaux, une meilleure ergonomie, une plus grande précision du jeu, et un mode « nouvelle carrière », dans lequel on crée un personnage que l’on va contrôler sur une carrière de 20 ans (on peut jouer des mini parties pour améliorer ses statistiques, prendre part à des compétitions pour booster son classement ATP, nouer des amitiés ou des rivalités avec les autres joueurs, et se constituer une garde-robe de première bourre pour son personnage). La version Xbox 360 est configurée pour supporter le jeu en ligne via Xbox Live, une chose malheureusement absente de la version PS3 : les possesseurs de la nouvelle petite merveille de Sony devront se contenter du contrôle sensitif du mouvement plutôt médiocre (et heureusement optionnel) Sixaxis pour se consoler !

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Belles ombres, spectateurs réalistes, poil aux pattes (sans jeu de mot !). Pas de doutes nous sommes bien dans la nextgen !

Ce que nous avons appris en jouant à Virtua Tennis 3 pendant quelques jours est relativement simple : nous avons eu confirmation de notre pressentiment que cette nouvelle mouture très attendue sera quelque chose de très spécial et deviendra un de ces titres que n’importe quel amateur de jeux finement ciselés voudra avoir dans sa collection. Le graphisme a encore été amélioré depuis la présentation que nous avions eue du jeu et les visuels de dernière génération sont à certains égards les meilleurs que nous ayons jamais vus. Les ombres et l’éclairage sont rendus superbement, tout au plus peut-on déceler quelques petits défauts (les ombres sous les racines des cheveux des joueurs et autour de leurs yeux sont encore mal définies, mais tout le reste est superbe dans ce domaine là). Les textures sont quasiment uniformément de haute qualité, avec des effets étonnants sur les vêtements et les cheveux. Ces améliorations techniques font que les joueurs célèbres ressemblent bien plus à leurs modèles de la vraie vie que dans n’importe quel autre jeu de sport, même si l’effet « Uncanny Valley » les fait parfois ressembler de manière inquiétante à des statues de cire.

Sur l’écran principal du jeu, on trouve les options traditionnelles pour prendre part aux compétitions (auxquelles on peut participer sous l’avatar de son joueur de tennis favori ou en important son propre personnage du mode « carrière »), configurer un match rapide ou disputer une partie multijoueurs, toutes ces options illustrant à merveille l’ergonomie superbement intuitive et plaisante de Virtua Tennis 3. Le jeu a conservé ce qui fonctionnait bien dans les versions précédentes, mais s’appuie sur ces fondations pour donner au joueur un contrôle accru sur la façon de frapper la balle. Par essence, chaque coup est la combinaison de plusieurs facteurs ; on peut se contenter d’appuyer sur un bouton du dessus pour exécuter un des trois types de volée possibles, mais la volée est modifiée par de nombreux autres éléments.

En premier lieu, il y a la position par rapport à la balle ; un revers est différent d’un coup droit et votre joueur peut avoir des statistiques différentes pour l’un et l’autre. Il y a ensuite la vitesse à laquelle on se met en position de frappe ; si vous êtes en position depuis longtemps vous pouvez délivrer un coup plus appuyé qui va frôler le filet et rebondir hors de portée de votre infortuné adversaire. Enfin, il y a la position dans laquelle on tient la manette analogique de gauche pendant la frappe, qui détermine la direction dans laquelle part la balle.

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Les différents types de surfaces influent directement sur la vitesse de rebond de la balle.

Complexe ? Dans un sens, oui ; avec Virtua Tennis 3 on envoie toutes les une ou deux secondes autant d’informations à la machine que pour exécuter un swing dans « Tiger Woods ». Cela dit, on n’est jamais débordé et on trouve très vite que le déroulement du jeu est incroyablement naturel : on lit la position de son adversaire et on frappe, on monte à l’interception et on prépare un coup qui va le laisser sans réaction. Le fait que le cerveau arrête de penser à bouger des manettes analogiques et à appuyer sur des boutons, pour ne penser au contraire qu’en termes d’action sur l’écran, est le signe d’un système de contrôle excellent et avec Virtua Tennis il ne faut qu’une heure ou deux pour se mettre à réagir de cette manière. On peut cependant aller encore plus en profondeur ; le jeu tient compte aussi du comportement de la balle sur différentes surfaces de court, ce qui ajoute encore à la complexité, et certains matchs de haut niveau sont d’une difficulté tellement diabolique que rares seront ceux qui pourront se vanter d’avoir maîtrisé Virtua Tennis 3 en peu de temps.

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