Test - Kane & Lynch : Dead Men

Collateral Heat

Cela fait juste quatre ans maintenant que j’attends de dégoter un successeur digne de ce nom à l’illustre Max Payne 2, le nec plus ultra pour les amateurs de jeux d’action plongé dans une ambiance de polar plus noir que le café du troquet en bas de chez moi.

Autant dire que lorsque Jérôme a reçu une version de Kane and Lynch, j’ai joué des coudes pour récupérer la bête en test. Développé par les créateurs de la série Hitman, Kane and Lynch se présente depuis quelques mois comme la promesse d’un jeu d’action noir à l’ambiance sans concession. Amateur inconditionnel du grand Michael Mann, j’avoue que les premiers contacts avec le jeu m’avaient laissé espérer une action à la hauteur des chefs-d’oeuvre cinématographiques du maître. Alors Kane & Lynch, bonne surprise du mois ou coup d’épée dans l’eau ?

Délis de sale gueule

Il est bien rare que des sales gueules tiennent le haut de l’affiche dans un jeu vidéo. On préfère généralement les beaux gosses à la Uncharted ou les plombiers rondouillards bien réconfortants que les physiques torturés de personnages que ne renierait pas Quentin Tarantino.

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que Kane et Lynch, les deux personnages principaux du jeu ne passent pas inaperçu et l’on a rarement fait mieux en terme de couple improbable. Kane, le «héros» du jeu, est un mercenaire échappé juste à temps pour éviter son exécution. Ses anciens partenaires exigent qu’il leur retrouve un butin en échange des vies de sa femme et de sa fille. Lui sera quoi qu’il en soit supprimé. Lynch est un psychopathe chargé par la bande des Sept (à ne pas confondre avec le Club des Cinq) de surveiller les agissements de Kane. S’il lui arrive quelque chose, la famille de Kane sera exterminée…

Pire qu’un boulet à traîner au pied, Lynch est surtout totalement imprévisible et s’il prêtera la plupart du temps main forte au joueur, il signera surtout son lot de dérapages. Il est par exemple incapable de laisser un otage en vie ! Autant le préciser d’emblée, les fans de Max Payne risquent d’être déçus car Kane & Lynch repose sur une action brute et ne s’entiche pas de fonctions esthétisantes comme le fameux bullet time qui a donné ses lettres de noblesse au jeu de Rockstar. Pas de fioritures de ce genre ici : on se concentre sur l’action en temps réel, froide et métallique.

Pour le meilleur et surtout pour le pire

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Le scénario du jeu suit cet étrange couple qui se lance à la recherche du butin récupéré à l’occasion du casse auquel Kane a collaboré avec la bande des Sept, qu’il croyait morts. Lui seul sait comment remettre la main dessus. D’un braquage aux Etats-Unis à un enlèvement dans une boîte à Tokyo en passant par un petit séjour touristique à la Havane, Kane & Lynch propose une variété appréciable d’environnements. En solo, le joueur dirige Kane tandis que la console se charge de gérer Lynch.

La maniabilité s’inscrit dans la tradition du genre action à la troisième personne et ne cherche en rien à révolutionner la discipline. Une gâchette pour viser, une autre pour lancer des grenades… rien de particulier à déclarer si ce n’est que l’on avance en terrain (trop ?) connu.

La «subtilité» du jeu vient dans le fait qu’il faut composer avec Lynch. On peut ainsi décider de lui confier une arme, lui demander des munitions supplémentaires ou encore compter sur lui pour nous faire une injection de morphine lorsque Kane est mortellement touché. Attention, une deuxième injection trop rapidement et c’est l’overdose. Des ordres basiques peuvent être communiqués à Lynch (tirer à tel endroit, se protéger) en visant et en cliquant sur les différentes touches d’action de la manette. Une idée intéressante mais qui reste à l’état de bonne intention puisque sa gestion reste très confuse pendant le jeu. Et cela ne s’arrange pas lorsqu’il s’agit de diriger, un peu plus tard, une équipe d’une demi-douzaine de personnes. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de devoir refaire un niveau car l’un de ces crétins tombait bêtement sous les rafales d’un sniper sans réagir. Un défaut de l’intelligence artificielle frustrant avec lequel on compose au début du jeu mais devient vraiment gênant lorsque la difficulté augmente dans les derniers niveaux.

Plus on est de psychopathes…

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Visiblement lassés des expériences solitaires de l’Agent 47, les développeurs de Io-Interactive se sont appliqués à proposer des modes multijoueurs originaux. La fonction coopération, toujours trop rare dans les jeux d’aujourd’hui, est ici possible par le biais d’un écran splitté sur une seule console. Le champ de vision en souffre bien sûr mais le mode vaut le coup d’être essayé : le premier joueur incarne Kane tandis que le second prend les commandes de Lynch avec consommation de médicaments et autres hallucinations au programme ! Le level design du jeu étant plutôt bien conçu, c’est un vrai plaisir de parcourir à nouveau les différents niveaux à deux.

On change de principe en revanche pour le jeu en ligne qui propose un mode spécialement concocté pour l’occasion, Fragile Alliance. Entre quatre et huit joueurs se retrouvent sur l’une des cartes du jeu solo et incarnent une bande de malfrats chargés de remplir une mission (casse d’une banque, détournement…) face à des unités spéciales gérées par la console. Le but est bien sûr de s’en mettre plein les poches le plus vite possible puis de se replier en limitant au maximum la casse. Le mode doit son titre au relationnel parfois tendu entre les joueurs qui peuvent à tout moment craquer et trucider l’un de leurs partenaires (ou toute la bande !) pour récupérer leur part du butin.

Le «plus» de ce mode est qu’une fois éliminé, un joueur de l’équipe de malfrats revient dans la partie une seconde fois sous la forme d’un agent des forces de l’ordre. L’esprit de vengeance face aux anciens coéquipiers est bien sûr de mise et le jeu accorde même des bonus aux joueurs trucidant l’indélicat ex-partenaire ayant eu la mauvaise idée de les abattre. Voilà un mode sympathique qui ne manque pas de piquant mais finit rapidement par lasser. On aurait apprécié la présence aussi de modes plus traditionnels genre deathmatch ou autres.

Commentaires (2) Latest comment il y a 4 années

Fermés

  • Mjöllnir #1 il y a 5 années

    Dommage que le jeu ne soit pas à la hauteur de la série Hitman. Le style très cinématographique aurait pu donner un grand jeu.

    Le mode Fragile Alliance semble promettre de bons moments en multi.
  • Merrin #2 il y a 4 années

    En solo le jeu déçoit un peu, par contre en coop' c'est vraiment bon car chaque personnage est vraiment dépendant de l'autre. Sinon, l'attaque de la banque ressemble beaucoup, mais alors beaucoup, à la fameuse fusillade de Heat.