Mario Strikers Charged Football

La vie de Léo, le foot et Mario Strikers en prime !

Avec un tel vent en poupe, il est clair que nous allons voir débarquer toujours plus de licences Nintendo : les Mario, Zelda, Pokémon, Wario, Metroid Prime, Manhunt 2 (non, je rigole…) vont peupler les écrans de la Wii jusqu’à plus soif. Quand commence l’indigestion ? Lorsque nous testerons « Mario pétanque », nous pourrons effectivement nous poser des questions. Pour le moment, tout va bien dans le meilleur des mondes. Mieux que bien même… Mario Strikers Charged Football propose un gameplay extraordinaire, pour tous les publics et, pour la première fois, un mode multijoueurs laissant envisager le meilleur pour la suite des événements sur la Wii. Comme quoi, quand on développe des titres vraiment originaux sur cette console, le résultat est bien plus payant qu’un simple portage d’un jeu déjà existant sur d’autres plates-formes et dont les contrôles cherchent désespérément à se raccrocher à la Wiimote et au Nunchuk…

J’appartiens à une génération qui a eu le choix. Le choix d’être un associable assumé qui jouait aux jeux vidéo ou un sportif qui allait taper le ballon dès qu’il en avait l’occasion. La sociabilité de la deuxième catégorie après quelques décennies de défilés de footballeurs millionnaires et de hooligans ne me parait toujours pas très flagrante mais bon. Je préférais taquiner les jeunettes comme un Guybrush Threepwood (le héros de Monkey Island), le Jack Baueur de jadis. C’était toujours plus rentable. Pour une centaine de Rocheteau de l’époque (sorte de Cissé des années 80, pour les plus jeunes qui nous lisent), il n’y avait qu’un Guybrush (sorte de Link, dans un autre registre, pour les plus jeunes qui nous lisent). Putain, c’était bon. Toutes les allergiques au sport, les déjà rebelles à papa me tombaient dans les bras et avec même parfois une pelle à la clé, malgré nos 11 ans... et demi. Bon, ce n’était peut-être pas Guybrush mais j’étais Pitfall ou un pilote de Xevious. Finalement, elles étaient nombreuses les vomisseuses de Six, Castanéda ou Batiston.

Les temps n’ont pas tellement changé. En voyant la profondeur des regards de Cissé et de Ribéry répondant à une question même pas impertinente d’un journaliste de Canal, je me demande si je suis sur la chaîne qui diffuse du Lynch de temps en temps. Allez les gars, levez un peu le pied du football, sur le terrain ou à la télé, vous aurez de vraies amours d’enfant et 20 ans plus tard, vous pourrez débattre avec une réelle complicité de chaque plan séquence du dernier Tarantino et votre mouflet qui, à dix ans, reconnaîtra Deep Purple dans le dernier Shrek. Elle est belle aussi la vie quand elle ne tourne pas qu’autour du ballon rond.

Coup d’envoi

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Tiens, j’en ai déjà écrit bien long sur l’amour que je porte au foot. Alors quand un Mario arrive, forcément, j’applaudis des deux mains. Quand c’est consacré au foot, un drame cornélien se prépare. Le foot, les filles, le foot… Au secours, je ne sais pas quoi faire. Je suis François Bayrou âgé de dix ans avec un centime en poche, obligé de choisir entre un coco boer et un roudoudou. Que faire ? Mais le rédacteur en chef avait été très ferme : « tu me rendras ton texte bientôt ». Droite, gauche ? Coco boer, roudoudou ? Foot, fille ? J’ai failli devenir fou. Après les tests de 25.000 desktops (bientôt) pour Ere Numérique, 45.000 news pour Eurogamer, je me suis exécuté. J’ai allumé la Wii. Elle m’attendait, sa mince fente bleutée m’appelant. Du bleu ! Naaaaaaaaaaaaaaaaan ! Pitié, ça commence. C’était parti.

Finalement, c’est très con de tout intellectualiser. Trois minutes plus tard, je me demandais encore pourquoi je méprisais le ballon rond. Mario est un grand diplomate qui sait parfaitement adapter sport et jeux vidéo. Le résultat est tout juste exceptionnel. Ca s’appelle du gameplay, pur. Bravo Nintendo, à tous les points de vue.

Gameplay efficace

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La recette fonctionne à merveille. Prenez un ingrédient simple que tout le monde comprend : mettre un ballon dans les buts adverses. Jusque là, j’ai rien contre, c’est pas du Bergman mais bon. Et bien Nintendo n’a gardé que ça. Le reste n’est qu’amusement. On choisit un capitaine puis trois joueurs. Chaque joueur, tout droit tiré de l’univers de Nintendo bénéficie de compétences spéciales qui permettent de réaliser un tir dévastateur devant le goal. En général, lorsque le coup spécial se déclenche, nul ne peut l’arrêter. Il faut contrer pendant la préparation du coup. Le terrain se traversant en trois secondes et demi (tout dépend des personnages tout de même : Peach est rapide et imprécise, Donkey Kong très lent mais redoutable, bien entendu), par conséquent, il est difficile de comparer ce jeu de football à un autre même le plus fantaisiste d’entre eux.

Le gameplay ne s’arrête pas aux compétences des personnages. Il faut également jouer en fonction des terrains ; arènes serait d’ailleurs le mot juste. Les stratégies s’affinent en fonction du stade. Imaginez-vous sur un terrain cerné par les eaux, sorte d’île bien improbable. Pas de barrière, les joueurs peuvent tomber. Surtout s’ils ne font pas attention aux ouragans qui apparaissent de temps en temps. Une vache, un tracteur accompagnent la tornade. Les joueurs à proximité du déluge s’envolent. Cela permet souvent au possesseur de la balle d’obtenir quelques secondes pour armer un tir de compétence spéciale et laisser le goal se prendre un missile. Les stratégies à appliquer entre le terrain et les compétences des joueurs sont infinies, c’est tout simplement génial et addictif. On pensait jouer quelques heures et on sent bien que dans six mois, on s’amusera encore…

Multiplex

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Et il faut bien admettre que tout a été conçu pour que l’amusement ne cesse jamais. En effet, ce titre est le premier jeu Wii à bénéficier d’un support multi digne de ce nom. Je ne parle pas des affrontements entre voisins qui viennent avec leurs Wiimotes et leurs gamins pour déterminer la famille la plus forte et qui deviennent de totales crises de rire à quatre, non je parle de vraies parties sur Internet. Le modem WiFi était assez loin (15 mètres, encombrés de murs et d’escaliers, des trucs relous qui constituent une maison) et quelques dixièmes de secondes de lag toutes les deux ou trois parties étaient là pour nous rappeler que nous étions en ligne. Impressionnant. Le reste du temps, tout est d’une fluidité exemplaire extraordinaire. On a vu des jeux PC placés à côté de routeurs tourner de façon plus spasmodique. Problème de driver ? Pas toujours, malheureusement. Nintendo maîtrise parfaitement son propre outil et on ne peut qu’envisager un avenir déjà brillant en ligne, sans lag, sans avoir besoin d’acheter d’adaptateur WiFi hors de prix, sans attendre les calendes grecques pour avoir de bons jeux.

Le plus étonnant dans ce test, si l’on met de côté que j’ai joué à un jeu de foot, c’est son aspect consensuel. Je serais bien en peine de vous dire si Mario Strikers Charged Football se destine aux casual gamers ou aux core gamers. C’est fun, c’est amusant, ça se prend en main rapidement, sur le papier, c’est casual. Mais j’imagine tout autant des joueurs acharnés chercher à mettre dans le vent l’adversaire comme ils le font sur PES ou FIFA en enchaînant combos et mouvements spéciaux, en attendant les événements propres à chaque terrain pour prendre le dessus. Au final, avec quelques heures d’entraînement, la profondeur de jeu apparaît. Bien plus tactique que la plupart des autres jeux Wii, le gameplay s’avère éblouissant, tout simplement.

Galerie d'images : Mario Strikers Charged Football

8 / 10

Comment nous attribuons nos notes Mario Strikers Charged Football Léo de Urlevan La vie de Léo, le foot et Mario Strikers en prime ! 2007-06-28T11:05:00+02:00 8 10

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