BioShock

Standing ovation !

Les promesses sont peut-être l’arme la plus efficace dans les jeux vidéo. Les promesses et les perspectives qu’un jeu comme BioShock agitent comme autant de délicieux appâts sous nos yeux gourmands nous tiennent en éveil, nous font espérer et commander le jeu avant même sa sortie. Même quand les rayonnages débordent de titres débiles, de titres bateaux à deux balles et de suites annoncées à grand tapage, un titre comme celui-là est comme une balise d’espoir dans un océan de médiocrité. On s’y plonge donc les yeux fermés.

Nous savons pourtant tous, de par notre longue expérience, que les promesses ont un revers amer, celui de magnifier n’importe quelle déception mineure quand on sort enfin le jeu de son emballage et qu’on le met en route. Un jeu n’est jamais aussi bon que ne voudrait le faire croire la publicité et l’histoire semble se répéter encore et encore. Certains d’entre nous essaient pourtant de faire de leur mieux pour éviter d’être piégés par la bulle publicitaire de façon à être pour une fois agréablement surpris de la qualité d’un jeu sans avoir été matraqués par une publicité hystérique ou des commentateurs délirants. Croyez-moi, même en tant que journaliste - surtout en tant que journaliste - nous sommes toujours sur nos gardes quand on voit poindre à l’horizon le futur titre censé tout casser. La déception, à notre grand déplaisir, est souvent au rendez-vous…

Dix minutes suffisent pour dissiper la moindre once de doute entourant BioShock. D’entrée, on se sent littéralement transporté. En proie à une sorte de vertige intérieur, on a envie d’en parler à des gens dont on sait parfaitement qu’ils n’en ont absolument rien à faire. Avant d’en venir aux détails, mettons les choses au point : Bioshock ne se contente pas de répondre à vos attentes, mais les remodèle totalement et pour toujours d’une façon à laquelle vous ne vous attendiez même pas ; de la même manière que par le passé les jeux vous surprenaient systématiquement. Les heures passées à jouer à ce chef d’œuvre illustrent parfaitement pourquoi les jeux vidéo sont la perte de temps favorite de tant d’entre nous.

Effrayant, terrifiant, changeant, troublant, amusant, attrayant et très très sombre. BioShock n’est pas simplement la preuve que le jeu exploite à fond son indéniable potentiel cinématique, ce titre mêle si savamment tant de formes de divertissement artistique qu’il est le meilleur exemple de la flexibilité de ce support. Ce n’est absolument pas un shooter de plus emballé dans un joli moteur de jeu, mais une histoire qui existe et se développe dans le monde de jeu le plus convaincant, le plus élaboré et le plus artistique jamais conçu. Il ne vous reste plus qu’à faire évoluer l’histoire avec vos actions soigneusement et personnellement déterminées. Bref, le divertissement actif contre le divertissement passif : j’ai déjà fait mon choix !

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Les captures d’écran n’ont aucune chance de rendre justice au jeu.

Pour commencer, pendant 80% du temps passé à jouer à BioShock, on n’a absolument aucune idée de qui l’on est ou même du pourquoi on se trouve là. Comme le savent déjà ceux qui ont joué à la très encensée démo sur 360, vous êtes un naufragé impliqué dans un accident d’avion. Vous êtes en pleine mer. C’est le milieu de la nuit. Vous êtres entouré de débris flottants qui continuent de brûler. Et, regardez, une structure mystérieuse sort de l’eau et elle a une entrée. Quelles sont les chances ? Plutôt que de dériver sur l’océan en mourrant d’hypothermie en essayant de résoudre cette énigme, vous nagez vers la structure, vous l’escaladez et vous engouffrez dedans. Sur le coup ça semblait une bonne idée.

L’étrange autre monde sous-marin de Rapture est une société utopiste qui a très mal tourné. Un bastion prenant l’eau et tombant en ruine, mais dont subsiste le décor magnifique, où des membres d’une société privilégiée ont cherché une vie encore meilleure sous les vagues. Un endroit où les progrès biologiques ont offert à sa population haut de gamme la carotte de la perfection physique. Cela dit, ce désir effréné d’en avoir toujours plus a déclenché une guerre civile dévastatrice qui a détruit leur existence idyllique. Il y a sans doute là un message…

La chose qui frappe immédiatement dans BioShock et dans Rapture en tant que lieu c’est l’atmosphère étonnante qu’ils parviennent à évoquer ; ce ne ressemble vraiment à rien d’autre dans la façon dont Irrational réussit à immerger vos sens, d’une façon dont vous avez toujours espéré qu’un titre nextgen le ferait. Si vous cherchiez une raison d’investir dans une configuration AV haut de gamme, BioShock en est une excellente. Il justifie le moindre sou qu’on pourra investir pour lui, dès lors que l’on peut dire sans exagérer que non seulement il peut se vanter d’offrir les décors les plus magnifiques et les plus renversants qu’il ait été donné de voir dans un jeu vidéo, mais qu’en plus il leur ajoute une profondeur infinie grâce à la bande son étonnamment bien réalisée qui accompagne le jeu. La raison pour laquelle BioShock est actuellement une exclusivité de la 360 ne peut pas être sous-estimée. Si vous ne possédez pas déjà une 360, vous ne pourrez probablement pas résister à la tentation et dans le cas contraire vous voudrez que votre PC soit à la hauteur.

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