Mass Effect

Science frictions...

On ne se plonge pas dans un jeu de rôles signé BioWare comme dans n’importe quel jeu d’action quelque peu mâtiné d’aventure. Mass Effect ne déroge pas à cette règle. Il risque même d’en déstabiliser quelques uns tant le début de l’aventure revient à un classique du genre : le dialogue, au point qu’il est même difficile de s’immerger dans un space opera aussi bavard… mais ne vous découragez surtout pas, toute peine mérite salaire...

Car pour ça, on peut dire que ça cause, dans Mass Effect ! En tout cas lors des premières heures de jeu, BioWare use et abuse des dialogues cinématiques pour distiller son ambiance SF. Vous voici prévenus : si vos étagères à DVD ne débordent pas de coffrets Babylon 5 ou Farscape, cette phase initiale sur le mode «il faut sauver la galaxie» risque de vous paraître un rien longue.

Mais même si l’idée d’une énième intrigue visant à sauver la galaxie ne vous enchante guère, il faut bien avouer que BioWare sait y faire ; car non seulement on en vient à tolérer ce bavardage, mais en plus on se prend à aimer ce savant mélange de narration et d’action. D’ici à avoir la patience de discuter entre deux séances d’action, c’est une autre histoire. En tout cas, le jeu n’est certainement pas de ceux qui procurent des émotions immédiates. Il faut l’aborder à la cool, et savoir savourer une bonne histoire autant qu’on aime l’action à tout crin. Si vous êtes du genre à trépigner dès qu’une scène de transition apparaît, ce jeu n’est pas pour vous.

Un perso à la carte

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Mais non, bande d’obsédés, il n’est pas en train d’empapaouter le terminal.

Au démarrage du jeu, vous avez la possibilité de personnaliser votre expérience. Soit vous assumez le rôle du héros par défaut, à savoir le soldat d’élite John Shepard, soit vous passez quelques minutes à jongler avec le générateur de personnage, ce qui peut avoir des conséquences notables sur vos capacités de combat.

Vous aurez ainsi le choix entre trois classes principales, chacune avec sa spécialité. Il y a donc le Soldat, orienté combat, l’Ingénieur et l’Adepte, qui manipule les énergies (la biotique). Il va sans dire que le soldat est le plus à l’aise dans les combats bourrins ; il a plus de vie, il peut porter de meilleures armures et a accès à tout l’arsenal. L’ingénieur, lui, peut soigner le groupe, mais aussi désactiver les armes et boucliers ennemis. Quant à l’adepte, c’est une sorte de Jedi qui peut soulever les ennemis dans les airs, ou les paralyser.

Mais si vous aimez mélanger les genres, vous pouvez aussi opter pour une classe intermédiaire : Franc-tireur (militaire et technologie), Sentinelle (technologie et biotique) ou Porte-étendard (biotique et militaire). Cela apporte certes une polyvalence bienvenue, mais ces hybrides ne sont pas aussi bons dans leurs deux domaines qu’un spécialiste. Pour ajouter une touche personnelle, vous pouvez également modifier le visage de votre héros à l’aide des curseurs habituels, qui donnent parfois des résultats hilarants. On peut ici agir sur la mâchoire, les lèvres, le nez, les cheveux, etc., pour obtenir si on le souhaite la gueule cassée la plus atroce de la galaxie. Ou, si vous avez hâte de sauver le monde, vous pouvez aussi incarner le beau gosse de service, qu’on jurerait échappé d’un boys band : John Shepard. C’est vous qui voyez.

Soyez un peu persévérant

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La mode de 2183, col roulé et barbe de trois jours.

A partir de là, vous voici parti pour des aventures galactiques à bord du vaisseau SSV Normandy ; il s’agit de retrouver Saren, et de faire échouer ses plans néfastes consistant à recourir à une menace ancienne. Ce vaisseau clinquant vous mènera sur Eden Prime, où vous aurez droit à une première dose d’action. La mécanique de groupe est alors assez proche du bon vieux jeu d’action aventure Brute Force, mais une relative déception point lorsque l’on commence à flinguer du Geth à grandes rafales de fusil d’assaut avec ses deux comparses. Visuellement, ça envoie certes le pâté, mais au prix d’une cadence d’affichage assez médiocre ; quant au combat lui-même, il n’est guère enthousiasmant, et les ennemis gérés par l’IA semblent oublier qu’ils bataillent à plusieurs. Les premières impressions font douter du fait que Mass Effect soit un jeu mémorable… mais nous avons continué, dans l’espoir de trouver quelque chose de plus savoureux.

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