AC/DC Live: Rock Band

Pauvre vieux Schoolboy.

Bizarrement, il y a de plus gros reproches à faire à ce produit que le fait que tous les gags sur AC/DC aient été usés jusqu'à la corde par d'autres jeux de rythme/action. C'est fatalement ce qui se passe quand environ la moitié des chansons vise à exalter la merveille qu'est le ROCK (l'autre moitié exaltant la merveille que sont les relations sexuelles).

Le problème est que l'ensemble est un peu minimaliste – et la question se pose de savoir si c'est d'une quelconque importance. C'est une version à part entière de Rock Band vendue pour environ 25 euros, mais qui contient seulement les 18 morceaux de l'album Live at Donington d'AC/DC. Ce n'est effectivement qu'un pack de chansons – et il est de fait vendu comme tel aux États-Unis. Vous pourrez importer toutes les musiques dans votre bibliothèque Rock Band grâce à un code qui vous est fourni. En fait, si vous possédez déjà le jeu, vous aurez probablement envie de le faire immédiatement, car le logiciel est ouvertement limité, même par rapport à la version de base Rock Band (le premier).

Il n'y a aucune possibilité d'accéder à la boutique Rock Band ou de jouer un quelconque de vos autres contenus téléchargeables – ce qui est sans doute compréhensible, vu que l'éditeur ne voulait pas que le jeu soit un pack distinct bon marché pour ceux qui ne jouent que des contenus téléchargeables. Ce qui est moins compréhensible, c'est l'absence d'un éditeur de personnages, ce qui signifie que vous êtes contraints de jouer avec n'importe quel crétin bizarrement accoutré généré aléatoirement par le jeu.

Cela pose un problème avec AC/DC. Si l'on achète le jeu spécifiquement pour fantasmer à être AC/DC, on veut ressembler exactement aux crétins bizarrement fringués qui composent le groupe, ou tout du moins avoir le choix de leur ressembler. Si je ne suis pas déguisé en écolier, les solos de guitare – aussi fabuleux qu'ils soient – manquent de quelque chose. La même chose est valable pour les prestations scéniques. Quand j'étais un gamin fan de heavy metal punk au début des années 90, j'écoutais les histoires merveilleuses de gamins un peu plus âgés qui avait vu AC/DC sur scène, avec des podiums, des feux d'artifice et des canons. Des canons ! AC/DC est un groupe qui utilise des canons dans ses chansons ! Il aurait sans doute été trop demandé d'avoir un périphérique dédié en forme de canon, mais on aurait quand même souhaité que le jeu propose quelque chose pour embellir et rendre plus concret le fantasme d'incarner ces dieux du rock en habits d'écoliers. Mais non, c'est juste un Rock Band édulcoré avec des chansons d'AC/DC.

Ces gens ne comprennent pas la vraie nature du ROCK. Aujourd'hui, tout est devenu propret et aseptisé. Sacrés gamins!

Quand je dis «édulcoré», c'est un euphémisme. En plus des fonctions manquantes mentionnées précédemment, il n'y a pas de jeux en ligne et pas de véritable mode Tournée. Plutôt que de parcourir le monde en long et en large vers des destinations différentes, il ne s'agit à la base que de progresser lentement au fil de la liste préétablie, une chanson à la fois, que l'on joue en solo ou en groupe – par conséquent si l'on est bloqué, on est vraiment bloqué. Le bon côté, c'est qu'il n'y a pas vraiment lieu de s'en soucier. En dehors des modes de jeu, les 18 morceaux sont accessibles en ‘Quickplay’.

Cela dit, on peut immédiatement trouver un mauvais côté pour faire le pendant, à savoir que le jeu a visiblement été construit sur Rock Band au lieu de Rock Band 2 et des problèmes qui avaient disparu dans les entrailles de l'histoire resurgissent agressivement de ces mêmes entrailles, comme par exemple le fait de ne pas pouvoir continuer une tournée déjà commencée si au moins deux membres du groupe ne sont pas présents. Sans doute encore plus étrange, pour un jeu qui propose de vous laisser jouer un ensemble de morceaux complet, il n'y a aucune option repérable pour simplement jouer les 18 morceaux dans l'ordre ou, plus exactement, il n'y a aucun ensemble de plusieurs morceaux.

Comme le mode tournée suit une liste préétablie, cela crée aussi un autre problème. Même si je suis sûr qu'il a bien fait bouger Donington, AC/DC n'a sans doute pas pensé à des petites choses comme la progression de la difficulté au moment de son concert. Cela signifie que l'on rencontre des pics de difficulté aléatoires quand arrive le moment d'une chanson délicate à interpréter. J'ai la nette impression que "Thunderstruck", par exemple, sera un morceau d'ouverture relativement brutal pour un nouveau venu. La chanson la plus difficile, "Let There Be Rock" - la seule où je me suis planté la première fois que j'y ai jouée à mon niveau Difficile habituel – arrive quelques morceaux avant la fin. Les chansons de fin "Highway to Hell" et "For Those About To Rock (We Salute You)" sont un soulagement bienvenu après l'apparemment interminable "Let There Be Rock", que j'aurais personnellement intitulé "Comment se faire une crampe au poignet ".

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