L'accusation des anciens d'Infinity Ward

Du lourd

IGN vient de diffuser l'attaque des avocats de West et Zampella contre Activision. Les 16 pages se trouvent ici (c'est un peu rangé dans un ordre anarchique, passez votre curseur sur chaque page pour retrouver l'ordre). Un commentateur sportif parlerait de tacle musclé mais réglementaire. Effectivement, les deux co-fondateurs jouent le ballon mais emportent un peu tout avec eux : l'attaquant Kotick, la pelouse, les gradins.

Après avoir rappelé que les membres d'Infinity Ward ont permis à Activision d'empocher des milliards de dollars de chiffres d'affaires, West et Zampella estiment qu'ils doivent poursuivre. Et ce, sans grande surprise, dans la mesure où Activision est géré par quelqu'un qui a publiquement déclaré que la meilleure façon d'administrer un studio de jeu vidéo était de générer la culture du scepticisme, du pessimisme et de la peur. Et qui préférait payer des avocats que des employés.

West et son pote reviennent sur les événements qui ont conduit à leur licenciement. Tout commence en 2007, à la sortie de Modern Warfare. "West et Zampella n'étaient pas aussi emballés qu'Activision à l'idée de sortir un deuxième opus à Modern Warfare". Tout en promettant à IW une indépendance totale, Activision a commencé à déranger le déroulement d'un bon développement. Activision a exigé des cadences infernales à cause de délais trop courts. "La quantité commençait à prendre le pas sur la qualité".

Le fait de toujours demander la même chose aux employés a créé un climat de découragement auprès des employés. La création d'environnements nouveaux est une des pierres angulaires du succès d'Infinity Ward.

Un autre problème est apparu : West et Zampella n'ont finalement pas engagé du monde comme ils l'auraient souhaité. En effet, les jeux recevaient un nombre incalculable de récompenses mais c'était Activision qui récoltait les milliards de dollars. Le partage n'était pas équitable. Une pièce du dossier est particulièrement importante. Elle est signée de Mike Griffith, d'Activision. Il s'agit du Memorandum of Understanding (protocole d'accord, designé sous l'acronyme MOU dans le document). Ce document constitue la base de ce qui déterminera qui a le droit de créer un Modern Warfare. D'après le MOU, l'autorité créatrice des jeux de la franchise Modern Warfare 2 sont West et Zampella. On reviendra souvent sur ce document dans les semaines qui suivent.

L'avocat est très clair : "Le MOU prévoit explicitement qu'aucun jeu Modern Warfare ou Call of Duty ne peut être développé sans le consentement écrit de West et Zampella."

Après la sortie de Modern Warfare 2, West et Zampella affirment qu'Activision ont lancé une enquête pour les virer et éviter des payer des royalties (estimées à 36 millions de dollars d'après Bloomberg).

Lorsqu'ils évoquent l'enquête, les avocats évoquent un "style orwellien dans lequel ce qu'avaient fait West et Zampella était déjà prédéfini". Apparemment, le manque de coopération devant cette mascarade a été considéré comme de "l'insubordination" et suffisant pour les licenciements.

Pendant l'enquête West et Zampella ont été "interrogé pendant six heures dans une salle de conférence sans fenêtre", alors que les enquêteurs ont été jusqu'à faire pleurer d'autres employés d'Infinity Ward.

On croit tout simplement rêver. Activision a réagi en expliquant que West et Zampella étaient en contact avec Electronic Arts. Activision a qualifié la poursuite de "sans fondement".

Commentaires (5) Latest comment il y a 2 années

Fermés

  • Captain_Itchy #1 il y a 2 années

    Ca commence vraiment à chauffer...
  • Cnl_Angus #2 il y a 2 années

    Un jour on apprendra que Kotik est un mutant zombie de la planète Dol'har venu envahir le monde des jeux vidéos, écrasant tout sous sa botte, du projet indépendant gratuit (voir KQ9) au blockbuster mondial.
    Ce jour là, je ne serai pas surpris.
  • MrPif-paf #3 il y a 2 années

    Et juste sous cet article, mon site d'info videoludique favori me demande si j'ai hâte de jouer à Modern Warfare 2.. J'adore \o/

    PS : @Angus > Non en fait Kotik s'est fait virer de la planète Dol'har après s'être entendu dire "Casse toi pauv' con"
  • mouize #4 il y a 2 années

    Détestable Activision.
  • Siklaris #5 il y a 2 années

    L'image d'Activision en prend un sacré coup, et à juste titre. C'est vraiment un comportement excécrable. Je soutiens les anciens d'IW, et j'espère que la justice leur donnera raison contre ces managers qui tournent au fric en cherchant la moindre embrouille judiciaire "justifiable" afin d'empocher licences, direction, etc. Un vrai putsch et une insulte à ce personnes, aux créateurs de jeux vidéo.
    J'éspère qu'au moins cet exemple alertera les studios ayant effleuré l'idée de travailler avec Activision.