Test - Afro Samurai

Black mic-mac

Tiré d’un doshinji (manga distribué a petite échelle) créé par Takashi Okazaki parut en 1999 au Japon, Afro Samurai rencontrera le succès via sa version anime en 2006 au Japon (2007 en France). Le projet devient alors Américano-japonais. D’un coté nous avons tout le savoir faire du studio Gonzo (Basilisk, Hellsing) et de l’autre un Samuel L Jackson investit à 2000% dans le projet. Ce dernier s’entoure de quelques figures hollywoodiennes comme Ron Perlman ou Kelly Hu pour s’occuper du doublage des personnages. L’ambiance sonore est confiée à RZA (leader du Wu Tang Clan) pour donner du volume à l’ensemble. Le succès est au rendez vous, laissant apparaître des projets comme un film live avec Samuel L Jackson en tête d’affiche dans le rôle du samurai et un jeu nextgen pour la Xbox 360 et la PS3. Mais Afro a-t-il le même style une fois passé manette en main ?

Afro Samurai, c’est avant tout l’histoire de la quête d’un pouvoir quasiment divin symbolisé par deux bandeaux, le numéro 1 et le numéro 2. Celui qui porte le bandeau numéro 1 est considéré comme l’égal des dieux et seul le possesseur du numéro 2 peut le défier pour essayer de prendre sa place. Par contre n’importe qui peut s’attaquer au numéro 2… Une fois qu’on a acquis le bandeau numéro 2, il est donc extrêmement difficile de le conserver face aux assauts incessants de tous ceux qui veulent pouvoir tenter leur chance de défier le Number One.

L’actuel possesseur du deuxième bandeau n’est autre qu’Afro samurai. Au-delà de la quête classique menant au sommet, Afro n’a qu’un seul but : la vengeance. Car «Justice», le détenteur actuel du premier bandeau n’est autre que l’assassin de son père. C’est sur cette trame, certes très classique mais relativement efficace que prend place le sanglant parcours d’Afro Samurai.

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Anachronisme parfait, l’un des sept ‘Sans Âme’ est pourvu d’un bon gros lance-roquette, faisant toute la nuance avec ses habits de bonze traditionnels.

Cette sombre histoire de vengeance se déroule dans un décor de Japon féodal teinté de technologie moderne. Si le katana reste l’arme la plus prisée de toutes, il ne sera par rare de voir ses adversaires armés de pistolets, mitrailleuses ou pourquoi pas de gros lances roquettes des familles pour vous en mettre plein la vue.

Comme dans l’anime, la vraie césure entre le passé et le présent vient surtout du langage de tout un chacun, les noms d’oiseaux les plus colorés fusent et c’est une des raisons pour lesquelles le jeu affiche un PEGI 18+. Si Afro n’est pas très bavard, la palme de la bonne grosse vanne bien gratinée en grossièreté revient haut la main à Ninja Ninja son alter ego spirituel - très spirituel d’ailleurs.

Afro Samurai version jeu vidéo reprend les grandes lignes de l’anime et son principe de flash back à outrance parfois difficile à suivre. Même ceux ayant vu la série peuvent se perdre dans ce dédale de scènes façon puzzle, autant dire donc que les néophytes auront, eux, beaucoup de mal à s’y retrouver.

Extrêmement soignée, la forte ambiance graphique tirée de la magnifique série du studio Gonzo s’illustre ici à merveille. Les personnages principaux sont aussi charismatiques que leurs homologues vidéo. Et les fortes têtes comme Kuma ou Justice sont là pour donner du grand spectacle. Malheureusement, toute la bleusaille qu’Afro aura à découper tout au long des niveaux ne variera pas beaucoup. Calquée sur les mêmes modèles 3D avec parfois quelques subtiles différences, c’est par camions qu’il sera assaillit par la piétaille locale. Toute cette chair à canon permet quand même de se faire la main en enchaînant coups de sabres et coups de pieds dans un déluge de combos découpant tout ce qui bouge des pieds à la tête sous une pluie d’hémoglobine. Le tout fini avec classe grâce au mode ralentit tout en noir et blanc.

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Clonés à outrance, les ennemis prendront d’assaut le samurai black par vague parfois incessantes.

Afin de rythmer toutes ces phases d’action, Afro Samurai est entrecoupé de plusieurs passages de plates-formes où il faut grimper, actionner des leviers, etc. Cela n’apporte absolument rien au jeu, à part peut être la frustration de ne pas finir le niveau plus vite par ce qu’il faut donner des coups de pieds dans ces fucking leviers. Ça y est, je me mets à parler comme Ninja Ninja. Epuré de toute barre de vie ou autre jauge de skill graduel, le jeu s’affiche en plein écran sans qu’aucun HUD ne vienne polluer l’affichage. Le niveau de vie d’Afro tient à la quantité de sang le recouvrant, une fois bien rouge il finit par s’écrouler. Pour reprendre des couleurs on peut ramasser des oursons identiques a celui de la petite Okiku (son amie d’enfance) qui viennent encore renforcer l’effet flash back général.

Pour cette première adaptation, Afro samurai fait dans la demi-mesure, ce qui n’est pourtant pas son style. L’excellente localisation made in USA, et la gigantesque bande son fournie par RZA liée à l’ambiance graphique fidèle à l’anime contribuent à masquer les défauts routiniers de gameplay. Vite joué et vite fini en une toute petite dizaine d’heures, le jeu vous proposera de refaire la partie en mode «Number One Headband» histoire de compléter votre liste de succès. C’est tout de même un peu court…

6 / 10

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