Alan Wake : Le Signal

Attention : mauvais DLC à 100 mètres

Le meilleur dans Alan Wake, c'est quand le jeu se termine. C'est un compliment. Le jeu atteint des sommets esthétiques à chaque fois qu'un de ses épisodes touche à sa fin, avec un écran titre austère et un accompagnement musical parfaitement approprié à ce moment-là. Je savoure ces quelques secondes où le texte (" Fin de l'épisode 5" ou de n'importe quel autre) apparaît doucement à l'écran dans des volutes de fumée, et j'adore que la chanson qui l'accompagne donne l'impression que tout ce que je viens de jouer était une aventure superbe.

Par conséquent, quant à la fin du nouvel épisode téléchargeable, Alan Wake : Le Signal, la séquence de fin est apparue sur mon écran accompagnée comme toujours d'un choix de chansons idéalement approprié, le jeu tout entier m'est apparu rétrospectivement comme profond. Alan Wake possède la capacité pernicieuse de s'embellir dans vos souvenirs. Tous ses atours les plus élégants – la richesse de son décor ténébreux de l'Amérique du Nord-Ouest, ses personnages secondaires, sa volonté de vous plonger dans des émotions complexes – en font un jeu merveilleux à revivre en pensée après y avoir joué. J'aimerais pouvoir m'abîmer dans la même extase en jouant à Alan Wake : Le Signal. Cela pourrait éventuellement faire de cet épisode inconsistant l'expérience transcendante qu'il aspire à être.

Bien que peu d'éléments de l'histoire soient clairement définis dans ce septième chapitre embrouillé de la saga d'Alan Wake, on comprend assez clairement que l'action se déroule dans l'imagination du romancier torturé. En se plongeant plus profondément dans la mystérieuse Présence Sombre, Wake recrée une version de parc d'attractions de Bright Falls que vous traversez alors que son esprit essaie de se sauver lui-même. Une pensée déplacée de notre héros fait s'effondrer la rue sur elle-même ; une autre fait apparaître une forêt cauchemardesque de lumières de réverbères vacillantes.

Les précieux mots de l'auteur planent au-dessus de ce délire confus – des aphorismes tapés à la machine comme ceux qui apparaissent à la fin du jeu principal. Si vous éclairez de votre torche le mot fantomatique " outils", vous dévoilez une cache de piles électriques et de munitions.

Ce jeu avec les mots est le nouvel élément le plus intéressant qu'ajoute Alan Wake : Le Signal au modèle du jeu Alan Wake. Aussi stupide que cela paraisse, ces poltergeits en Courier Bold contribuent à créer des champs de bataille intéressants, comme la chaufferie où chaque fourneau contient un mot " explosion" qui attend de carboniser les ennemis avec des langues de feu d'enfer. C'est une véritable guerre des flammes (attention toutefois : dans cette arène, vos mots peuvent aussi vous brûler.)

Les dysfonctionnements catastrophiques du chauffage rendent la lecture amusante !

Tous les combats ne bénéficient cependant pas d'une mise en scène aussi intelligente et, par conséquent, la torche et le pistolet montrent rapidement leurs limites. Alan Wake : Le Signal fait un effort évident pour augmenter la difficulté, principalement en lançant encore plus de goules fantomatiques contre Wake. C'est une évolution qui va dans la mauvaise direction, comme essayer d'atteindre les 150 km heure avec une Clio de location – cette voiture n'a jamais été conçue pour aller aussi vite. Il n'y a souvent aucune façon de se servir de sa torche de son pistolet suffisamment rapidement pour survivre.

Quand les ennemis grouillent, vous avez le choix entre tirer des feux de détresse et batailler pour les repousser, où courir comme un chat effrayé. (Comme nous parlons de Wake en l'occurrence, il s'agit plutôt d'un escargot, mais le principe reste le même). La voie de la lâcheté est très efficace. J'ai fait une demi-douzaine d'essais pour me frayer un chemin à travers la forêt de réverbères dont j'ai parlé plus haut, en éblouissant les ennemis de lumière, en leur tirant dessus ou en tachant d'avancer en fourbe ; j'ai finalement opté pour la fuite. Je n'ai eu à l'essayer qu'une seule fois. On peut dire que Alan Wake : Le Signal tente de provoquer un choix entre se battre ou s'enfuir, ce qui est une excellente idée pour un thriller, mais il arrive trop souvent que la fuite soit de loin la solution la plus adaptée.

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