Alice au Pays des Merveilles

Suivez le lapin blanc.

Nous parlons régulièrement de l'adaptation bâtarde de films en jeux vidéos, mais le lien entre les jeux vidéo et la littérature n'est pas souvent considéré avec attention, tout simplement parce que les développeurs osent rarement s'y engager, se contentant alors de plagier ou d'effectuer une pâle copie de la source.

Il est agréable de s'apercevoir que l'interprétation d'Alice aux Pays des Merveilles du studio Etranges Libellules est plus proche dans l'esprit de l'œuvre originale de Lewis Carrol que du film de Tim Burton. Au niveau visuel, en revanche, le jeu est fidèle à la caricature surréaliste du film, mais l'humour et le superbe sens de l'absurdité sont clairement des caractères issus du livre déjanté de Lewis Carroll.

Le jeu surprend dès le menu principal où de petites Alice innocentes sont pourchassées par un lièvre blanc à la veste violette jusqu'au fond du terrier et dans le monde d'Underland. Les différents menus sont cachés derrière des portes, sur lesquelles vous devez frapper avant d'entrer. Les personnages ont tous des caractères distinctifs, et un design proche de ce que l'on peut voir dans Okami. Leur style possède également une grande affinité avec les œuvres précédentes de Tim Burton.

Si c'est essentiellement le côté rêveur et surréaliste de la bande-son et de la présentation qui séduit, c'est en revanche l'habileté et la créativité de la réalisation qui retient l'attention. Alice aux Pays des Merveilles est un jeu de plateforme et de réflexion en 2D qui fait penser à une rencontre entre LostWinds et ICO.

Vous contrôlez McTwisp, le lièvre de mars et Alice vous suivra tout au long de votre route. Cette dernière vous demandera de l'aider lors de certains passages difficiles comme le franchissement d'un ravin ou l'escalade d'une montagne. Touchez là une fois et elle restera là en place, tout en regardant attentivement autour d'elle. Attention cependant, un vortex s'ouvrira et l'avalera aussi sec si vous la laissez sans surveillance trop longtemps !

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Le jeu se révèle être bien plus qu'une succession de puzzles ennuyants. Il n'est à aucun moment nécessaire d'actionner bêtement une succession d'interrupteurs. Alice et McTwisp sont vite rejoints par Absolem, la chenille géante, Chessur le chat du Cheshire et le Chapelier fou. Tous les personnages sans exception vont vous permettre d'interagir avec le monde merveilleux d'Alice.

McTwisp peut manipuler le temps, et le faire revenir en arrière pour remettre en terre un pommier déraciné afin de pouvoir passer, ou même l'accélérer pour faire pousser des racines et former un pont au-dessus d'un ravin. Absolem peut modifier la gravité en certains points, ce qui permet à Alice de se retrouver au plafond. Chessur peut faire apparaître et disparaître les objets à sa guise tandis que le Chapelier Fou peut décaler les axes du niveau entier, afin de découvrir ce qui s'y cache.

Chaque nouveau pouvoir est introduit en douceur, mais devient de plus en plus nécessaire au fur et à mesure que le jeu avance. Les anciens niveaux se retrouvent alors pleins de surprises une fois les nouveaux pouvoirs découverts. Les puzzles et différentes énigmes ne vous poseront pas vraiment de problèmes, et auront plutôt tendance à vous faire sourire - tout comme l'histoire d'ailleurs. Le jeu est particulièrement bien écrit, plein du non-sens que l'on adore et de violence physique exagérée, qui vous fera parfois rire aux éclats.

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