Alien Breed Evolution : Episode One

Pas une réussite galactique

Remanier des jeux rétro pour les mettre au goût du jour peut s’avérer un travail pénible. Pour un Pac-Man Championship Edition réussi, il y a un Alien Syndrome, un Golden Axe : Beast Rider et un Final Fight : Streetwise ratés, et cette proportion est, malheureusement, généralement exacte.

Le problème tient à l'approche. Les développeurs se retrouvent souvent pris entre deux feux : il leur faut d'une part tenter de conserver l'essence de ce qui avait rendu l'original si attrayant, tout en essayant d'autre part de le mettre au goût du jour pour qu'il plaise aux joueurs modernes. Ils échouent régulièrement sur les deux tableaux.

La version remaniée très attendue d'Alien Breed de Team 17 aborde le problème d'une façon très cohérente, en évitant la tentation de trop bidouiller la vieille formule du shooter en perspective plongeante. Le mot « Evolution » du titre est en l'occurrence tout à fait adapté, dans la mesure où les principes essentiels du gameplay ont été conservés mais que ce carnage d'extraterrestres se déroule désormais dans un décor luxuriant qui crée une ambiance appropriée.

Comme c'est souvent le cas dans les histoires de science-fiction avec des extraterrestres, vous passez la totalité de l'aventure à bord d'un vaisseau dévasté, errant dans ses couloirs obscurs à la lueur d’une lampe torche avec pour seule perspective de compagnie la menace omniprésente de créatures qui vous sautent au visage et de Maulers insectoïdes surgissant devant vous. Présenté par une série d'images de BD stylées, le jeu vous révèle que votre vaisseau spatial est entré en collision avec un vaisseau fantôme beaucoup plus gros lors d'un saut dans l'hyperespace, et la moitié de sa structure est désormais en feu ou en pièces.

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Miam, du méchoui d'extraterrestre.

Comme dans le classique original sur Amiga (lui-même lourdement inspiré par des jeux d'arcade en perspective plongeante des années 80 comme Alien Syndrome, Robotron et Smash TV), vous passez la plupart de votre temps à repousser les assauts perpétuels d'extraterrestres agressifs tout en essayant de trouver des cartes clés, et de redémarrer les générateurs et les terminaux de l'ordinateur central.

Team 17 est magnifiquement parvenu à restituer l'indispensable atmosphère cafardeuse, de même que les restes en voie d'écroulement du vaisseau inondé, avec des détails annexes ravissants comme les gigantesques générateurs palpitants que l'on voit en dessous des passerelles métalliques. Le jeu est bâti sur le moteur Unreal 3 et des effets d'éclairage et de particules excellents ajoutent une touche convaincante à un spectacle déjà très impressionnant, et très peu se plaindront de la direction artistique globale.

Le système de combat multidirectionnel est élégant et intuitif dès le départ, vous permettant facilement de bouger et de tirer indépendamment. Comme le mouvement de base (et la direction de la lampe torche) est assigné au stick gauche et la direction du tir au stick droit, vous bénéficiez d'un degré de précision satisfaisant – aidé en partie par la visée laser qui indique les trajectoires.

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Jouez au flipper extraterrestre avec ce fusil laser rebondissant.

Les ennemis surgissent souvent en vagues de tous les côtés, de telle sorte que la possibilité de pivoter instantanément pour s'occuper de nouvelles cibles est d'une importance vitale. À cet égard, le nouveau contrôle à l'aide des deux sticks est une énorme amélioration par rapport à l'original et, grâce à lui, le gunplay reste divertissant tout au long de la campagne solo de quatre heures divisée en cinq chapitres.

La campagne va bien au-delà de la perspective de l'Alien Breed original, et vous remarquerez bien vite quelques concessions à la modernité, comme des stations de sauvegarde où vous pouvez enregistrer votre progression, et une courbe de difficulté beaucoup moins sévère permettant de progresser directement dans le jeu sans trop de problèmes.

Cela dit, la décision de laisser au joueur le soin de sauvegarder sa progression implique qu'il faut faire bien attention à tirer parti des stations de sauvegarde à chaque fois qu'elles apparaissent – sous peine d'être pris par surprise par une embuscade soudaine et de perdre 20 minutes d'une progression méticuleuse. Cela contribue du moins à maintenir tout le temps un indispensable niveau de tension, mais il est évident que c'est une source potentielle d'énervements.

Au lieu de copier exactement la perspective plongeante de l'original, Alien Breed Evolution opte aussi pour une approche de style isométrique, avec la possibilité bien utile de faire tourner l'angle de vue via huit incrémentations à l'aide des boutons gauche et droit. Cependant, bien que le jeu zoome avant sur l'action en quelques occasions dans des passages prédéfinis, vous ne pouvez pas jouer vous-même avec la perspective.

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