Alpha Protocol

007 sur 10...

L'agent secret légendaire auquel s'apparente le plus le Michael Thornton d'Alpha Protocol n'est pas Bauer, Bourne ou Bond – bien que le jeu n'hésite pas à suggérer toutes ces comparaisons – c'est Shepard. Obsidian a beaucoup emprunté à BioWare, un développeur avec lequel il a toujours eu des relations de travail très étroites, et Alpha Protocol peut parfois donner l'impression d'être autant un mod de Mass Effect qu'un jeu original en soi.

Il n'y aurait cependant pas vraiment à se plaindre d'un mod de Mass Effect avec un super espion moderne et, bien que les aventures terrestres de Thornton ne soient pas aussi accrocheuses – et pas vraiment aussi abouti– que n'importe laquelle des missions suicides de Shepard au travers de la galaxie, c'est néanmoins un RPG d'action correct.

L'histoire, un écheveau complexe et sinistre, qui se dénoue progressivement comme un chignon en une succession de discussions et de combats violents, sera instantanément familière aux vétérans de n'importe quelle mission lointaine du Normandy. Tandis que l'agent Thornton fait des sauts de puce tout autour du globe, marivaudant avec des femmes énigmatiques dans des avions et concluant des accords – ou, souvent, n'en concluant absolument aucun - avec des cheiks, des chefs de la mafia russe et des triades, Alpha Protocol commence lentement à mettre en scène une histoire d'intrigues internationales où un fabricant d'armes essaie de déclencher une nouvelle guerre et une course aux armements pour engranger des bénéfices fastueux grâce à la panique qui s'ensuivrait (toute ressemblance avec la délicieuse société Halliburton qui graissait la patte du précédent vice-président des États-Unis, Dick Cheney, serait fortuite...)

1

Vous pouvez personnaliser la barbe de Thornton, son chapeau et ses lunettes, mais vous ne pouvez pas toucher à son visage. Vous aurez peut-être envie de lui couvrir les yeux, car il est affligé d'un regard de merlan frit qui donne le frisson.

Maisons & Chateaux

Bien qu'il y ait de nombreuses choses sérieuses auxquelles réfléchir pendant vos temps de récupération – des avions commerciaux se font exploser en vol, des mercenaires de milices privées envahissent des ambassades et la corruption peut gangrèner jusqu'aux plus hautes instances du pouvoir – le jeu n'oublie jamais de vous régaler des avantages annexes supposés qu'il y a à faire partie de l'élite des agents casse-cou toujours entre deux avions. C'est de l'espionnage dépeint comme un ravissant ensemble de maisons luxueuses sévèrement gardées, de murs de vidéo, de répliques percutantes et de gadgets; c'est un jeu où l'on va de maisons témoins en installations militaires délavées par les intempéries.

La preuve évidente, s'il en était besoin, que l'on nage en plein surréalisme arrive dans les cinq premières minutes quand le responsable élégant d'un complexe industriel militaire fait un briefing dans un bureau une cigarette allumée à la main. Aujourd'hui, il peut éventuellement être possible d'obtenir l'autorisation de faire du char à voile sur l'esplanade du Trocadéro, mais chacun sais que même les élites des forces spéciales n'ont désormais plus le droit de fumer.

2

Lire le dossier d'un personnage peut s'avérer utile et vous donner l'avantage quand vous aurez inévitablement à lui faire sauter la tête – ou à essayer de le dissuader de vous abattre en premier.

Même s'il arrive que l'intrigue vous transporte dans le salon d'un hôtel ou une cour de gare enneigée, les missions du jeu elles-mêmes s'inspirent plus du premier Mass Effect que du second. C'est un mélange – et un mélange souvent bancal – de RPG et de shooter, c'est-à-dire que l'on hésite pas à vous donner un fusil pour prendre la pose, mais que si vous voulez qu'il se comporte vraiment comme un fusil, il vous faudra dépenser de l'argent et des points pour l'améliorer.

Bien que cela soit frustrant dans les premiers niveaux, où l'on a l'impression de sortir de son abri pour descendre de super soldats avec des balles en mousse, au fur et à mesure de la progression du jeu vous commencerez vous-même à vous sentir agréablement super puissant, quel que soit le type de munitions dans lequel vous aurez choisi de vous spécialiser. Chaque visite à la feuille de personnages ou à l'arsenal d'armes devient un régal et, même si certaines classes d'armes n'ont pas vraiment de personnalité, aussi bon puissiez-vous devenir dans leur maniement – j'ai eu de la peine à apprécier les pistolets ou les SMG, car tous les deux me semblaient inefficaces – si vous aimez faire votre marché et comparer les avantages apportés par une panoplie d'atténuateurs de recul, vous y trouverez votre bonheur.

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