Assassin’s Creed II

(re)Renaissance sur PC

Le premier Assassin's Creed n’avait pas fait l’unanimité malgré sa réalisation de premier ordre et l’immersion magique qui en découlait. À juste titre d’ailleurs, car effectivement, les premières heures de ravissement passées, le côté répétitif des missions et de l’action prenait le pas sur le plaisir de jeu. On a eu envie d’aller au bout, mais la seconde moitié avait fini par être plus monotone que passionnante. Les développeurs d’Ubisoft Montréal, le directeur créatif Patrice Désilet en tête, avaient bien conscience de cette faiblesse avant d’entamer la création du deuxième épisode, titre hautement stratégique pour Ubisoft et l’avenir de sa franchise désormais pluri-médias. Le résultat de cette remise en question est tellement spectaculaire qu’il nous a explosé au visage, véritable preuve du talent et de la générosité de cette équipe. À tel point que l’on peut affirmer sans sourciller qu’Assassin’s Creed II est probablement le jeu le plus ambitieux et abouti de tous les titres de la société française à ce jour.

La version PC du 4 mars intègre les DLC sortis sur console.

Pourtant, la première demi-heure n’est pas des plus rassurantes, puisqu’elle met en valeur le seul véritable défaut du jeu : ses cut-scenes. Pas des plus belles graphiquement, avec des visages assez grossiers et des postures assez raides, ses séquences utilisent le moteur du jeu, très performant au demeurant, mais pour les plans globaux, pas rapprochés. Les voix françaises parsemées d’expressions ou de mots italiens avec un bon accent, pour faire comme si, sont de qualité habituelle pour ce genre de production, à savoir tout à fait correctes sans que l’on ait envie de s’enthousiasmer plus que de raison.

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Naviguer sur une gondole au clair de Lune sur le Grand Canal de Venise un soir de Carnaval, ça n’a pas de prix ! Magique.

Le cadre se pose tranquillement avec un Desmond Miles plus ou moins ravi de replonger dans l’Animus et l’introduction du nouvel héros assassin, Ezio, dans sa Florence natale de 1476. L’aventure se déroule donc dans l’Italie de la Renaissance, en débutant dans la République Florentine pour se poursuivre à Venise en passant au préalable par la campagne de Toscane et de Romagne (et un final dont on vous laisse la surprise). Un univers rarement exploité riche en Histoire, art et culture, vivant au rythme des rivalités entre les Medici et les Borgia, dans lequel on fait ami-ami avec Léonard de Vinci lui-même. Et le joueur n’est pas largué là sans documentation, puisque ce cadre enchanteur est présenté à de très nombreuses reprises grâce à de petites notes à activer (ou non) selon ses envies pour en apprendre plus sur les monuments ou les personnalités de l’époque. Jouer en se cultivant, ce n’est pas si courant.

Une fois aux commandes de notre Ezio pas encore devenu assassin, on retrouve immédiatement ses marques avec des contrôles toujours bien pensés et qui n’ont pas bougé dans les grandes lignes en apparence et des animations toujours magnifiques, calquées sur celles d’Altaïr. L’escalade des façades se fait avec autant de facilité et de souplesse et les premières minutes à courir sur les toits de la grande ville de Florence nous rappellent l’émerveillement ressenti il y a deux ans.

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En plus des grandes villes de Florence et de Venise, Assassin’s Creed II comporte deux autres villes moyennes (San Gimignano et Forli) et une plus petite (Monteriggioni).

Bien que le choc visuel soit moins puissant qu’à l’époque - notre œil s’est habitué depuis et GTA IV est passé par là - le moteur du jeu montre qu’il est encore tout à fait d’actualité avec une capacité d’affichage toujours impressionnante, une foule encore plus dense dans les rues, et des effets visuels qui renforcent l’immersion et l’impression d’être là, soi-même dans cette ville. Du grand art !

Et là où les graphistes n’ont pas perdu la main, c’est bien sur le soin apporté à la modélisation des villes, avec une infinité de détails dans tous les coins, qu’il s’agisse des bas-reliefs des façades, d’intérieurs richement décorés, des rues animées de toutes sortes d’activité et de tous les monuments reproduits comme il devait probablement être à la Renaissance. Un véritable enchantement pour les yeux, et c’est avec un immense plaisir des sens que l’on part à la conquête de chaque nouvelle zone découverte. La ville de Venise étant probablement l’un des plus beaux décors jamais modélisés dans un jeu vidéo, si ce n’est le plus beau. Rien que ça.

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