Battlefield : Bad Company

Or massif ou plaqué or ?

Bad Company est exactement le genre d’armée dont pourrait faire partie les membres d’Eurogamer. C’est un ramassis de maladroits congénitaux, de dandys flemmards et d’insubordonnés que vous ne voudriez même pas dans votre équipe de paintball. Nous serions le genre de mecs que toute armée raisonnable enverrait en avant comme chair à canon pour donner à l’ennemi un trompeur sentiment de sécurité. Bien sûr, il s’avérerait que nous ne faisons que semblant d’être des glandeurs incapables de tirer un coup de feu et, mis dans situations de vie ou de mort, nous répondrions au challenge et nous botterions les fesse de tout le monde.

DICE, dans son dernier opus pour console de la série Battlefield, vous met dans cette situation où toute victoire semble impossible en vous faisant incarner un personnage du nom improbable de Preston Marlow (DICE a sans doute accolé les noms des deux endroits où se trouvent les deux plus grands restaurants de la chaîne anglaise de restos Little Chef). Ce bleu-bite je m’en foutiste et terre-à-terre est rejoint dans ses aventures au sein de la Bad Company par trois compagnons sans originalité, mais heureusement invincibles : Sarge, Sweetwater et Haggard. Grâce au peu d’estime dans laquelle vous tiennent vos supérieurs, quand les choses ne se déroulent pas tout à fait comme prévu, vous décidez, avec votre trio de têtes de pioche, de suivre la piste d’un chargement d’or mercenaire guidés par l’illusion trompeuse de ramasser cet alléchant butin pour vous-mêmes.

Répartie sur sept immenses missions de campagne, la partie solo de Bad Company est un régal inattendu. En s’appuyant sur ce sentiment de liberté totale, que nous attendons désormais depuis des années de la série Battlefield, DICE a enfin réussi à reprendre toutes les bonnes idées de ses titres destinés au multijoueurs pour en tirer des effets souvent à couper le souffle. Ce qui distingue avant tout Bad Company de la légion de FPS du même tonneau, c’est évidemment son moteur Frostbite superbe et adaptable aux circonstances. Comme celui-ci offre aux concepteurs de niveaux des perspectives immenses dans de nombreux domaines, c’est le premier shooter depuis longtemps à marquer une évolution significative du genre.

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Souvenez-vous les enfants que les douillettes à théière ne remplacent pas les casques militaires.

Pour commencer, l’affirmation péremptoire faite avant sa sortie de «90% de destructibilité», n’est pas si éloignée de la vérité. Comme je n’avais pas énormément fait attention au buzz publicitaire, j’ai eu un véritable choc en découvrant qu’il n’était tout simplement pas question de s’accroupir derrière des murs, des arbres ou n’importe quel autre abri pour espérer être protégé d’un missile comme c’est le cas dans pratiquement tous les FPS. Dans Bad Company, il y a de fortes chances pour que l’arbre derrière lequel vous vous abritiez vous tombe dessus, ou que le mur derrière lequel vous vous étiez accroupi vole en éclats, vous laissant tristement à chercher vos affaires au milieu d’un énorme nuage de poussière de briques et de fumée avant de vous mettre en quête d’un autre abri tout aussi fragile. Cela a bien sûr aussi des implications majeures quand vous êtes à l’offensive. Vous pouvez enfin déloger vos ennemis de leurs positions embusquées, dès lors qu’une grenade ou une roquette bien placée va les transformer en véritable enfer. Fini le temps de ces sacs de sable, de ces barrières et murs de briques tout fins ridiculement indestructibles, ils sont ici remplacés par un environnement répondant bien plus aux lois physiques et que l’on peut faire sauter.

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Vous ne pouvez pas raser les bâtiments, mais vous pouvez leur faire très mal.

Le moteur Frostbite est tout aussi important dans sa capacité à rendre des environnements immenses, étendus et saisissants de réalisme qui ont permis au développeur de créer indiscutablement les scènes d’extérieur les plus détaillées que l’on ait jamais vues à ce jour sur console. La liberté légendaire de Battlefield à été enfin traduite de façon significative dans une campagne solo cohérente, où la voie choisie a un impact marqué sur vos chances de succès. Même si elle est gouvernée par une succession linéaire d’objectifs, vous avez souvent véritablement le choix du chemin pour les atteindre. Que vous choisissiez une approche à pied furtive, de tirer sur tout de loin ou de défoncer les barrières dans un tank, vous utilisez simplement le matériel dont vous disposez, quel qu’il soit, et vous entreprenez de descendre tous ceux qui se mettent en travers de votre route, de toutes les manières possibles. Comme il arrive parfois que des hélicoptères de combat ou des bateaux à moteur fassent monter la mise, les moments où Bad Company fait feu de tout bois sont épiques à donner le frisson.

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