Bayonetta Test
Xbox 360
PlayStation 3
Import Test
par
Simon Parkin
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Les deux meilleurs jeux d'action japonais de l'année ont des approches diamétralement opposées. Demon's Souls est un périple pénible et cafardeux à travers les corridors du purgatoire, juste mais constamment sans pardon. Il enseigne que les jeux vidéo modernes nous ont rendu faibles et stupides, que les muscles qui nous servent à jouer ont été atrophiés par les titres des trop nombreux développeurs qui ont tendance à nous biberonner. Chaque coup d'épée doit être soigneusement étudié, et les massacreurs de boutons ne sont pas tant ridiculisés que sévèrement sanctionnés pour leur manque de sophistication. Le résultat est une expérience intense mais pesante, de celles qui demandent une extrême attention avant d'entreprendre quelque chose, et de tout regarder soigneusement avant de valider une action.
Dans Bayonetta, par contre, vous appuyez sur un bouton et votre téléviseur implose.
Beloved est un géant céleste avec le visage d'un chérubin de trois ans et le corps d'un énorme Bouddha, qui tombe du ciel sur le pavé avec un bruit d'écrasement sec. À seulement 6 mètres de cette révélation divine, Bayonetta adresse un sourire sarcastique au cameraman, qui cadre la scène en contre-plongée pour mettre parfaitement en valeur le physique à la Barbie et la tenue vestimentaire, à mi-chemin entre la secrétaire et la pute de luxe, de l'anti-héroïne ninja qui donne son titre au jeu.
Vous tournez le stick analogique gauche et vous frappez le bouton X en réponse à un signal à l'écran, et Bayonetta fait une roulade pour se retrouver à la verticale sur les mains, puis tire des deux pistolets collés aux talons hauts dans les bourrelets de graisse de Beloved en frappant rapidement ses talons l'un contre l'autre. Vous abrégez la séquence avec un triple saut dans l'air, ses ailes violettes se déployant momentanément dans son dos, avant d'atterrir sur les épaules de Beloved. La caméra tournoie et plonge sous tous les angles exécutant des mouvements aussi étonnants que ceux utilisés par Bayonetta dans son assaut.
La phrase « finish him » s'affiche à l'écran, vous invitant à exécuter une Climax Attack sur votre adversaire angélique épuisé. Quand vous validez la commande, Bayonetta se plante les deux pieds au sol. Son costume en latex noir est absorbé par sa peau, allongeant inexplicablement ses mèches de cheveux tandis qu'il reflue dans son corps.

Entre les niveaux, vous jouez un mini-jeu d'arcade à l'arme légère, dans lequel on vous donne un nombre limité de balles d'or avec lesquelles descendre des créatures angéliques. Les points peuvent être convertis en argent ou en sucettes qui améliorent les performances.
Cachant pudiquement ses parties intimes avec ses bras, Bayonetta rejette la tête en arrière et ses cheveux mesurant désormais près de 2 mètres prennent la forme d'un dragon noir : une forme diffuse et ondoyante. Il dévoile des dents de formes imprécises avant de s'avancer lourdement et de les plonger dans le torse du chérubin. Vous tapez comme un fou sur X pour remplir un compteur de points de bonus Megaton, chaque pression sur le bouton encourageant la bête à serrer les mâchoires plus fort. Ensuite, dans le moment paroxystique final, elle déchire le torse de Beloved en deux, déversant une chute rouge sombre sur les pavés.
Les cheveux de Bayonetta se rétractent d'eux-mêmes dans son crâne. Ses vêtements recouvrent à nouveau son corps. Elle glisse une sucette dans sa bouche et la suce deux fois. Lara Croft tremble. Au diable les niveaux avec des massacres dans des aéroports. Bayonetta mange les anges avec sa coiffure. Je vous propose de discuter de cela dans le programme du jour.
Pour le directeur Hideki Kamiya, Bayonetta est le point d'arrivée d'une exploration créatrice flamboyante entreprise il y a huit ans. Avec Devil May Cry, Kamiya avait inventé son propre sous-genre : un beat-'em-up déroulant qui combinait les acrobaties du combat de kung-fu à des enchaînements de combos infinis, le tout enveloppé d'une esthétique gothique très kitsch. Plutôt que simplement essayer de rééditer le succès de Devil May Cry avec Bayonetta, Kamiya a courageusement éliminé tous les poids morts de son modèle initial, en édulcorant férocement sa forme et ses fonctions pour aboutir à quelque chose d'à la fois nouveau et familier. C'est par ailleurs indiscutablement le meilleur jeu qui ait jamais vu le jour jusqu'à maintenant dans ce sous-genre spécifique.
L'influence du développeur Platinum Games est palpable de bout en bout. Bayonetta abandonne l'atmosphère sombre et austère du modèle créé par Kamiya pour une tonalité plus enjouée et irrévérencieuse. L'histoire est racontée par petits fragments, de brèves séquences cinématiques à la mise en scène stylisée efficace, quoique légèrement erratique, et aux dialogues affectés qui ne tardent pas à vous conquérir. Cette approche correspond bien au style du jeu, en permettant d'entrecouper l'action de mots d'esprit plein d'humour et de gags visuels décalés, ce qui exacerbe le côté déjanté du scénario comme Devil May Cry n'avait jamais tout à fait osé le faire.
Bien que la représentation visuelle ait tendance à donner dans le cliché machiste de la femme-objet, avec une caméra qui s'attarde longuement sur des femmes aux formes exagérément rebondies, l'expression des personnages contrebalance efficacement cette tonalité sexiste, et Bayonetta se pose comme l'une des héroïnes japonaises les plus importantes de ces dernières années. Délaissant une bande-son gothique pompeuse, le jeu opte au contraire pour un mélange de J-pop et de jazz incongru, mais irrésistible. Massacrer des créatures célestes au son d'une version disco carrément foutraque de "Fly Me To the Moon" procure un frisson inoubliable.
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Commentaires
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Commentaires: 1-4 de 4
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salamandar
27/11/09 @ 16:35
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Sunabozu
09/01/10 @ 14:07
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Cnl_Angus
10/01/10 @ 10:19
#3
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Tetar117
11/01/10 @ 23:29
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