Bionic Commando

Un héros au bras long.

En 1988, j’avais un Amstrad 6128 et, si on sentait bien que le vent de la marée 16 bit n’allait pas tarder à tout chambouler, on s’amusait bien sur nos petits micros parfaitement maîtrisés par les développeurs. On était fortement attaché à ces machines à l’espérance de vie déjà bien entamée et on ne pardonnait pas quand un éditeur publiait un jeu n’en exploitant pas toute la quintessence technique. Je me rappelle faire à l’époque systématiquement l’impasse sur toute cette vague de jeux adaptés à la va-vite sur ma bécane favorite, reprenant honteusement les codes de la version Spectrum, un micro bien moins puissant. Bionic Commando était l’un de ces jeux piteusement adaptés sur Amstrad, affichant à peine quatre couleurs à l’écran.

Malgré cela, la jouabilité finement addictive qui avait miraculeusement survécue à cette médiocre adaptation en provenance de la borne d’arcade avait réussi à me scotcher à mon Amstrad une bonne partie de l’été 1988. Le nouveau Bionic Commando saura-t-il se montrer à la hauteur de ces sympathiques mais lointains souvenirs ?

Le principe de ce jeu d’action est d’incarner un soldat doté d’un bras artificiel lui conférant plusieurs pouvoirs comme celui de s’agripper à des plates-formes ou encore de saisir ses ennemis à distance. Apparu en arcades dans les années 80, Bionic Commando fait vraiment partie des plus anciennes licences de Capcom, qui était d’ailleurs restée en sommeil jusqu’à l’année dernière avec une agréable reprise téléchargeable sur XBLA et PSN présentant une action en 2D fidèle au jeu original. Un bon moyen de réjouir les joueurs vétérans comme votre serviteur mais aussi de convertir une nouvelle génération au concept Bionic Commando, qui, bien qu’en provenance directe du milieu des années 80, n’en reste pas moins très efficace.

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En cliquant sur le stick analogique droit, on passe en vue derrière l’épaule, ce qui permet plus de précision lors des séquences de tir.

Avec ce nouveau titre, Capcom entend projeter ce qu’il convient désormais d’appeler une série dans l’ère de la 3D. On y dirige en effet le personnage de Nathan Spencer en vue à la troisième personne, de dos. Autant dire que cela change profondément la manière d’appréhender l’action.

Cinq ans après avoir sauvé la population des terribles Impériaux, Spencer croupit dans une prison en attendant le jour de son exécution. Bien qu’il ait fidèlement exécuté les ordres de ses supérieurs, le héros déchu a été trahi par son propre camp. Les hommes dotés d’implants comme lui ont été mis au ban de la société. Le hasard va pourtant lui sauver la peau puisque le jour de son exécution, un groupe de terroristes a la bonne idée de faire exploser une bombe très puissante en pleine ville qui provoque un tremblement de terre et la réduit littéralement en ruines. Alors que les motivations du groupe restent obscures, le gouvernement décide de réarmer Spencer et de l’envoyer derrière les lignes ennemies pour mettre fin à la menace. Il sera, au cours de sa mission, épaulé à distance par son ancien supérieur, un vrai-faux gentil comme on en rencontre tellement dans les films de série B.

Avec son scénario à mi-chemin entre Rambo 2 et New-York 1997, Bionic Commando ne donne pas dans l’originalité et lorgne même parfois vers le nanar assumé mais le tout se fait avec assez de rythme et de fluidité pour que l’on ait envie de connaître la suite des aventures de Spencer. A noter qu’au fil de sa progression, le personnage principal va progressivement retrouver tous ses pouvoirs, ce qui va laisser le loisir au joueur de s’acclimater à ces diverses facultés.

Côté jouabilité, le Bionic Commando nouveau demande un certain temps d’adaptation pour se faire à la prise en main. On dirige donc Spencer en vue de dos et une gâchette permet de lancer le bras en direction d’un objet ou d’une plate-forme visée pour l’agripper. Combinée aux séances de tir et de combats omniprésents, la chose peu devenir difficile à gérer, d’autant que les séances de plate-forme ne sont pas forcément évidentes.

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Il faut parfois savoir se jeter dans le vide pour mieux rebondir. En gardant la gâchette enfoncée, Spencer détectera automatiquement un point d’ancrage pour son bras bionique.

Le détour par le tutorial est un passage obligé si l’on veut s’en sortir. Dans ce nouveau Bionic Commando, on se retrouve la plupart du temps dans les airs au point que cela prend parfois des allures de l’un des jeux Spider-Man de Treyarch. A la nuance près que si la gestion de sauts et du jet de toile pour s’agripper aux buildings du tisseur étaient plus ou moins automatiques, il faut y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans le vide avec Spencer. C’est finalement assez réaliste dans le sens où notre héros aux dreadlocks ne possède pas de supers pouvoirs et doit compter sur sa bonne appréhension pour espérer ne pas s’écraser lamentablement au sol suite à un saut hasardeux. Le curseur de visée comporte heureusement un indicateur pour savoir si la surface visée est accessible. De même, en cas de chute dans le vide, le personnage pourra se raccrocher in extremis.

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