BioShock

Un amour infini ?

Il semble un peu étrange de consacrer un article à BioShock presque exactement un an après que tout le monde en a parlé. Avant même son lancement sur la 360 et le PC, cela avait été un des jeux de 2007 parmi les plus largement et le plus complètement disséqués. Il a suscité un engouement démesuré et des controverses violentes, déclenchant une avalanche de louanges, et des débats enfiévrés entre ses détracteurs et ses défenseurs passionnés.

En d'autres termes, il a été tellement dit et écrit sur BioShock que je crains qu’il n'y ait pas grand-chose à dire sur cette version PS3 attendue depuis longtemps qui n'ait pas un arrière-goût de réchauffé. Malgré tout, quand on revient dans Rapture, BioShock est toujours un jeu parfaitement capable d'inspirer des torrents de pensées et d'idées.

Il y a l'histoire, l'une des plus encensées dans l'histoire récente du jeu, mais la plupart des choses dont j'aimerais discuter sont précisément celles que les patients joueurs sur PS3 ne veulent sans doute pas qu'on leur déflore. Cela m'aurait personnellement gâché le plaisir si j'avais appris, avant de commencer à y jouer l'année dernière, que le personnage est en fait une cyborg sexy avec le cerveau d'Hitler. Oups...

Ce que l'on peut dévoiler sans crainte est que vous incarnez un homme mystérieux, barbotant dans l'océan après un accident d'avion en 1960. Vous nagez vers une structure mystérieuse pour vous mettre en sécurité et vous découvrez l'entrée de Rapture, une ville sous-marine utopiste secrète construite par le démagogue objectiviste Andrew Ryan 14 ans plus tôt. En descendant dans les ruines qui s'effondrent de cette expérimentation sociale ratée, affrontant au long de votre route les habitants devenus déments, vous découvrez petit à petit la vérité qui se cache derrière la chute de Rapture. C'est un monde à l'esthétique glamour déliquescente où le rêve d'Ayn Rand d'une pureté brillante libérée des concepts de morale et de charité a viré au désastre, pourri par la nature humaine et rongé par la mer. C'est un cauchemar où les jeunes filles moissonnent les cadavres, protégées dans leur travail par des créatures géantes au pas pesant vêtues de scaphandres ; un monde où les docteurs mutilent leurs patients pour les remodeler à l'encontre de tous les critères esthétiques acceptés, un monde où les poètes tuent sauvagement pour trouver l'inspiration.

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Les Splicers, des déments accros aux gènes, vêtus de costumes de soirée sinistres, comptent parmi les méchants les plus originaux et les plus réussis de ces derniers temps.

En dire plus serait parfaitement désagréable pour ceux qui ont réussi à éviter d'en savoir trop pendant une année entière pour ne pas se gâcher le plaisir. Une grande partie de ce qui faisait – et qui fait toujours – de BioShock une expérience d'un attrait original est un excitant sentiment de découverte au fur et à mesure que l'on progresse à grand-peine dans les différents environnements. À une époque où tant de designers semblent entichés de tunnels gris et obscurs, c'est un régal de revenir à un jeu avec une architecture audacieuse, en référence à une époque, et qui donne comme rarement l'impression d'être dans un lieu bien spécifique et original. On peut dire la même chose de vos ennemis. Trouvez une place où vous cacher et écoutez les se parler mécaniquement à eux-mêmes tandis qu'ils vous pourchassent. Je me souviens notamment d'un moment où, ayant été maîtrisé par un Splicer, je gisais sur le sol ; j'ai alors eu la surprise de les voir marcher vers moi et s'excuser, à leur façon totalement dingue, d'avoir à me tuer.

L'histoire est donc toujours aussi géniale et mérite toujours que l'on s'y lance. Je pourrais, bien sûr, parler des différences techniques entre la PS3 et la 360... si ce n'est qu'il n'y en a pas vraiment ; tout du moins aucune que mes yeux humains aient pu détecter. Je suis persuadé qu'un futur comparatif disséquera tout cela pour établir précisément comment se comporte le programme de la PS3 par rapport à celui de la 360, mais pour la grande majorité des joueurs c'est un débat sans objet. Le jeu tourne avec un débit solide de 30 images par seconde, sans aucune déchirure d'écran à ce que j'ai pu en voir. Si des problèmes désagréables de ce genre apparaissaient avec la version sous boîte du commerce, il y a dans les options du menu des paramétrages vidéo qui devraient remédier à cela.

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La descente initiale dans Rapture est certainement l'introduction la plus évocatrice et la plus brillamment construite à un monde de jeu depuis le premier Half-Life.

Comme auparavant, le moteur Unreal est employé au mieux, créant sans la moindre peine des complexes médicaux macabres utilisés à des fins détournées, des zones industrielles décrépites et l'architecture capricieuse et tarabiscotée de Fort Frolic.

BioShock est un jeu visuellement magnifique, de par l'imagination dont il fait montre et de par ses détails techniques ; et la version PS3 s'avère en cette occasion aussi réussie que celle de la 360. Elle est peut-être même encore meilleure, dès lors qu'elle est débarrassée du bug désagréable au niveau du cache – même si celui-ci a été ensuite résolu par un patch – qui faisait hoqueter la version 360 dans les derniers niveaux. Par contre, c'est encore un jeu PS3 qui nécessite une installation obligatoire sur disque dur prenant plus de 10 minutes et occupant 5 Go d'espace disque.

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