Bladestorm : la Guerre de Cent Ans

Montjoie Saint-Denis !

Les jeux Dynasty Warriors de Koei ne se vendent pas beaucoup en dehors du Japon. La solution tombait donc sous le sens : prendre toutes les caractéristiques de la série Warriors et les transposer dans l’histoire européenne. D’où Bladestorm…

Les séquences cinématiques d’ouverture sont typiques de Koei : des volées de flèches s’abattent sur des troupes d’hommes en arme superbement modélisés qui se massacrent mutuellement, pourfendant les armures en plans très rapprochés (et très stylisés). Ces scènes ne sont pas à proprement parler très précises historiquement, mais elles sont littéralement somptueuses – de toute façon, si vous voulez de la précision historique, vous feriez probablement mieux de prendre un bon livre (comme «La Bataille» de Patrick Rambaud, par exemple). Bladestorm donne dans l’histoire fictionnelle comme tous les autres jeux de la famille Warrior, saut qu’ici on sort du folklore asiatique pour adopter un look résolument plus européen.

Cela dit la parenté de Bladestorm avec ces jeux peut prêter à confusion. Si l’on commence une partie en s’attendant à plonger dans un Dynasty Warriors européen, on risque au départ d’être désorienté : au lieu de contrôler un personnage qui parade sur le champ de bataille et influe sur le conflit par une action directe et héroïque, les personnages de Bladestorm déterminent l’issue de la bataille en s’associant avec d’autres unités et en leur disant quoi faire. C’est vrai qu’il est moins dangereux, la plupart du temps, de rester à l’arrière et de faire en sorte de ne pas se retrouver au coeur d’une mêlée confuse.

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Au cours du jeu, vous aurez à commander toutes sortes de troupes. Il faut une certaine pratique pour bien maîtriser certaines unités spécialisées, comme les chevaliers ou les archers.

Cela fonctionne de la manière suivante : on prend contrôle des unités en marchant jusqu’à elles et en appuyant sur le bouton X ou A (en fonction de la console). Une fois sous contrôle, elles vous suivent et obéissent à vos ordres : presser la gâchette R1/droite les fait attaquer, tandis que les trois autres boutons en façade servent à effectuer des mouvements spéciaux (il faut ensuite un certain délais pour les recharger). La plupart du temps vous aurez quelques jours pour vous frayer un chemin sur le champ de bataille et capturer un objectif spécifique, mais il vous faudra en permanence encadrer vos hommes plutôt que percer par vous-même les lignes ennemies en frappant de taille et d’estoc.

IL s’agit donc ici plus d’un panaché de Dynasty Warriors et de Kessen, même si cette comparaison ne rend pas justice à la nouveauté et à l’originalité de Bladestorm. Comme dans de nombreux jeux d’action sur champ de bataille de Koei, vous devrez choisir entre une approche directe à haut risque, c'est-à-dire à foncer directement sur l’objectif, ou opter pour une tactique plus sûre mais généralement plus laborieuse consistant à capturer des bases en cours de route. Il vous faudra garder un oeil sur toutes les troupes supportant l’offensive et faire attention à ne pas trop s’éloigner d’elles. Il faudra également choisir entre finir une mission au plus vite ou s’attarder un peu pour faire monter ses compétences.

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Dans la plupart des missions, vous prendrez des bases en tuant le commandant de celles-ci.

Cela dit, et c’est essentiel, tout cela à un goût totalement différent grâce à l’implémentation de cette notion de commandement. Tout d’abord, il faut faire en sorte de ne pas être coupé de son unité, car dans ce cas on est rapidement submergé sous le nombre. Deuxièmement, chaque groupe de soldats a un effet très différent au combat et il faut bien les comprendre tous. Chacun dispose également d’attaques spéciales différentes, dont quelques-unes sont plus ou moins efficaces en fonction du type d’ennemi. Il faut également tenir compte de son habileté à commander telle ou telle unité spécifique : les piquiers sont en général très efficaces contre la cavalerie, mais ce ne sera pas le cas si on ne les a jamais dirigés auparavant et que l’on affronte des chevaliers d’élite. Par conséquent, il faut veiller à trouver le bon équilibre entre la nécessité d’améliorer ses compétences avec une nouvelle unité et le confort d’utiliser les plus familières.

Pour apprendre à contrôler de nouveaux types d’unités il faut acquérir «des livres de bataille», ce qui nous amène à une autre caractéristique essentielle du combat médiéval façon Koei. Entre les missions, on glande dans une taverne, où l’on peut parler à des PNJ, répartir les points d’expérience que l’on a gagnés avec chaque type d’unité, acheter des armures et des armes, avant de voir quelles nouvelles missions sont disponibles. On peut également y recruter ses propres unités, que l’on pourra faire rentrer en jeu au cours de la bataille en appuyant sur R1, ou acheter des bannières, qui donnent des bonus temporaires, en appuyant sur L1. Ces deux éléments peuvent faire tourner irrémédiablement l’issue de la bataille en votre faveur, ce qui est bien pratique dès lors que votre but ultime, en remplissant des missions en France et en Angleterre, est d’accroître votre renommée en tant que mercenaire et de modifier le cours de l’Histoire.

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La taverne est un élément aussi important que le champ de bataille, car elle vous permet de programmer votre ascension dans la hiérarchie des mercenaires luttant pour leur renommée.

Au cours de votre effort en ce sens, vous bénéficierez d’un système de jeu qui permet de progresser sans accrocs. Ainsi, si une mission essentielle vous paraît trop difficile, il est possible de se renforcer en accomplissant des missions de moindre importance. Par ailleurs, vous vous battrez sur des champs de bataille enjolivés de toutes sortes de fioritures techniques et graphique comme des petits lapins et des cerfs, qui gambadent et jouent dans les moments d’accalmie. De plus, le jeu bénéficie d’une musique d’opéra tout à fait stimulante. C’est vrai qu’il y a quelques petits défauts, comme des dialogues d’un ridicule achevé et des accents européens bizarres, mais après tout on est dans un jeu vidéo, et japonais de surcroît. On pouvait s’attendre à pire…

C’est au final un très très bon jeu vidéo : une autre variante brillante de l’interprétation originale du genre RTS de Koei et en tout point aussi réjouissant que ses précédents titres. Ce qui lui manque en termes de rapidité et d’accessibilité par rapport à Gundam Musou, par exemple, il le compense par sa profondeur stratégique, l’ingénuité de son design et sa nouveauté conceptuelle. Reste à voir s’il se vendra mieux que les jeux Dynasty Warriors. En tout cas il le mérite absolument.

8 / 10

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Comment nous attribuons nos notes Bladestorm : la Guerre de Cent Ans Dave McCarthy Montjoie Saint-Denis ! 2007-12-24T09:00:00+01:00 8 10

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