Test - Blood Bowl

Un peu de brutalité dans un monde de tendres

Il y a environ une vingtaine d’années, Games Workshop lançait un jeu de plateau loufoque, Blood Bowl, transposition du football américain dans le monde de l’héroic-fantasy, qui allait connaître un succès immédiat, notamment auprès des rôlistes sur table. Avec le temps, il semblait que l’intérêt initial se fût dilué et que Blood Bowl avait rejoint dans la poussière des placards d’autres bizarreries comme Zargo’s Lord et consorts. Impression trompeuse, car loin de l’agitation médiatique, la communauté de fans a toujours été active, organisant des ligues sur Internet et collaborant avec l’éditeur à l’évolution des règles, ce qui fait que le jeu a en quelque sorte atteint le statut de jeu underground culte. Quand on adapte ce genre de licence, on est fatalement attendu au tournant et, même si le studio Cyanide possède un indéniable savoir-faire en matière de gestion/simulation, il savait qu’il n’avait pas le droit à l’erreur. Alors, touchdown ou sack ?

Nous n’allons pas vous faire languir plus longtemps, Blood Bowl est une indéniable réussite, qui a tout pour satisfaire les fans et même ceux qui découvriront cet univers. La première chose qui surprend est la qualité des graphismes et, même s’ils ne boxent pas dans la même catégorie que les blockbusters FPS, ils s’adaptent merveilleusement bien à l’univers de Blood Bowl pour en traduire tout le côté déjanté et humoristique. Des pompoms girls aux supporters battant le tambour en bord de touche aux arènes des grands matchs, en passant par les champs de patates, qui font office de stades en début de campagne, l’écran regorge de petits détails amusants qui vous plongent immédiatement dans l’ambiance. On n’en demande pas plus. Par ailleurs, cerise sur le gâteau, il n’y a pas besoin d’avoir une machine de compétition pour que le jeu tourne avec fluidité à la résolution la plus élevée.

Au lancement, on vous propose un tutoriel pour le moins succinct, peu utile malheureusement, à tel point que les novices feront mieux de se faire la main en jouant un match indépendant avec des équipes toutes faites pour se préparer au gros morceau du jeu, le mode campagne. Dans celui-ci, vous devez emmener une équipe de l’anonymat des championnats de seconde zone aux projecteurs des matchs prestigieux. Vous avez au début le choix entre huit races, soit nettement moins que dans le jeu sur plateau (on imagine que le développeur a gardé des atouts dans sa manche pour de futures extensions), mais amplement suffisant pour induire des tactiques aussi diverses que variées, chaque race ayant ses forces et faiblesses propres.

Les Humains sont les plus polyvalents, capables aussi bien de bloquer, de courir que de passer, mais sans exceller dans un domaine particulier. Les Nains sont de redoutables « déblayeurs », mais ils sont relativement lents et leur jeu de passes est passablement indigent. Les Hommes-Lézards ne rechignent pas non plus à la castagne, mais leurs coureurs plus petits savent merveilleusement profiter des espaces créés par les unités lourdes. C’est également le cas des Orques, qui ne sont pas uniquement des cogneurs, tandis que pour les joueurs du Chaos, le ballon semble parfaitement accessoire (ils sont aussi habiles avec lui qu’un boxeur avec un dé et une aiguille) et leur préoccupation première est de laminer tout ce qui bouge et même ce qui ne bouge pas. Les Skavens, de gros rats également appelés « coureurs d’égouts », et les Elfes Sylvains misent par contre tout sur la vitesse et la précision des passes, tandis que les Gobelins compensent leur handicap de taille et une certaine fragilité par le recours à des coups particulièrement tordus.

Une fois la race choisie, et par conséquent la tonalité de vos futures stratégies, vient le moment de se constituer une équipe. Vous disposez d’un budget de 1 000 000 points vous permettant d’acquérir les onze joueurs de différents types qui formeront votre équipe de départ. La plupart des races comportent cinq types de joueurs, mais le Chaos et les Hommes-Lézards en ont trois et les Orques six. Chaque joueur diffère de par ses caractéristiques de base notées de 1 à 9 : le Mouvement, la Force, l’Agilité et l’Armure, mais surtout au niveau des compétences spéciales qui accordent des avantages spécifiques à chacun d’eux. La compétence « Saut », par exemple, permet à un joueur de sauter par dessus un autre à condition de réduire un jet d’agilité, tandis que « Passe » permet de tenter à nouveau sa chance en cas de passe ratée. Celles-ci sont absolument primordiales dans l’évolution particulière de chaque joueur dès lors qu’il en obtient une à chaque changement de niveau et que d’un choix judicieux dépendra son efficacité globale. Pour vous donner un exemple ex absurdo, il serait parfaitement inutile de donner la compétence saut à un Kroxinor, car il ne réussira jamais son jet d’agilité et que de toute façon il n’est pas là pour ça, mais pour écrabouiller l’adversaire.

Commentaires (4) Latest comment il y a 3 années

Fermés

  • Lokkee #1 il y a 3 années

    Il est bien ce jeu
    J'ai pas suffisamment essayé le mode Blitz, mais le tour par tour rend justice au jeu de plateau.
    Il faut un peu de temps pour en apprécier la profondeur, mais ça vaut la peine de s'accrocher.
    On oublie parfois qu'un jeu tour par tour peu générer autant d'adrénaline que du temps réel.
  • mouize #2 il y a 3 années

    J'y avais joué durant la béta, et ce jeu est une tuerie.

    Il respecte effectivement le jeu de plateau, il y a de nombreuses races, et le gameplay change selon ces dernières. Une partie dure a peu près 45 minutes, et on ne sent même pas le temps passé, pour vous dire!

    On prend un malin plaisir à dégommer les autres joueurs quand on en a l'occasion, a faire du lancer de gobelin, etc etc ...

    Que du bonheur !
  • benoit #3 il y a 3 années

    c'est possible de faire des équipes mixtes ? Nains/humains par exemple ? Le jeu de plateau jouait sur ce registre en faisant intervenir l'animosités des nains envers les elfes et vice-versa. Confere le seigneur des anneaux par exemple.
  • mouize #4 il y a 3 années

    Malheureusement, non, pas de mixage dans les équipes. En tout cas, pas que je sache.