Test - Chessmaster : Entraînez-vous aux Echecs

Coup de maître.

Les tests de jeux d'échecs sont toujours des véritables pièges pour les rédactions. Jouons carte sur table. Les testeurs de jeux vidéo sont de véritables burnes aux échecs. Certains arriveront à faire des double headshots à 800 mètres, d'autres trouveront les 50 sauts et les 200 pigeons de GTA IV. Il y en a qui termineront Call of Duty en moins de quatre heures (oui bon, tout le monde en fait). Bon, il y a des niveaux dans la nullité. Une chose est sûre. Aucun d'entre nous n'est grand maître et le cinquième boss est une véritable terreur. Face à lui, j’ai cherché en vain le bouton "Nuke (à n'utiliser qu'avec une bonne raison)" mais cela ne fait pas partie des options…

C'est dans cet esprit qu'un jour dans une autre vie, lorsque j’étais à PC Soluces, j’avais décidé d'être honnête avec les lecteurs et leur expliquer que j’étais incapables de vérifier ce qui était dit dans un communiqué de presse. C'était un Chessmaster aussi. Je me rappelle avoir apprécié une très jolie interface et une base de données monumentale. Qu'est-ce que je n’avais pas fait là ! La rédaction a reçu un courrier énorme (entre 10 et 15.000 lettres*). Les lecteurs furieux voulaient un vrai test que nous étions incapables de réaliser. Depuis ce temps, je garde donc une extrême méfiance des tests de jeux d'échecs. Et ceux d'Alexandra Ledermann aussi, c’est le seul truc capable de transformer une gentille petite fille en harpie furieuse si jamais vous égratignez son jeu de cheval préféré.

Penser comme une pièce

Mais en fait, le test d’aujourd’hui, sur PSP n’a rien à voir avec celui d’autrefois sur PC. Ce Chessmaster là affiche un sous-titre : Entrainez-vous aux Echecs. Ici, il ne s’agit pas d’un jeu d'échecs dont l'invincibilité du plus haut niveau reste à prouver mais à un excellent tutorial accompagné d'exercices un peu étranges dans un premier temps mais qui vous permettront de "penser" comme chacune des pièces de l'échiquier. Cela va être extrêmement difficile à expliquer mais je vais essayer.

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Il y a des défis qui vous obligent à faire un certain nombre de points en un certain nombre de déplacements. Vous gagnez des points en capturant des pièces. Les pièces ne sont pas des pions ou des tours mais des fruits. Au début, il n'y a qu'une sorte de fruits. Si vous vous entrainez avec la tour, que vous la déplacez sur une ligne où l'on trouve deux fruits, les deux seront mangés puisque la tour aura mis en échec les deux fruits. Deux autres réapparaitront à un autre endroit de l'échiquier. Pour l'instant, c'est simple. Il faut comprendre que c'est la mise en échec de deux pièces ou plus qui valide les coups. Mais ce n'est que le début, c'est assez facile avec des tours. Après, ça se complique : deux types de fruits apparaissent. On comprend alors que les fruits s'éliminent par paires (ou par trois, quatre, etc.), toujours avec un système de mise en échec. Une nouvelle règle apparait cependant. Reprenons notre tour pour l’expliquer : admettons qu'elle se déplace sur une colonne pour être entourée de deux citrons. Ceux-ci disparaissent. Mais si derrière, il y a la possibilité de prendre deux oranges par exemple, les points seront bien plus intéressants. Au début, c'est plutôt amusant et la double prise est optionnelle. Dans des niveaux plus avancés, il est obligatoire de penser ainsi afin d'atteindre le niveau supérieur.

Tout ceci peut sembler enfantin, naïf. C'est vrai que lorsque l'on voit ça, on est assez surpris. Mais au bout de quelques heures, après être passé des tours aux fous, mais également aux cavaliers (vraiment pas simple), je ne sais pas ce qui se passe, on "sent" beaucoup mieux chacune des pièces. Le fou n'est plus fou mais la machine à diagonales, la reine va trouver les positions les plus improbables pour menacer le plus grand nombre de pièces. Tout ceci grâce à ces formidables exercices sur chacune des pièces, des heures entières à penser diagonales, lignes, colonnes. Je pense que c'est le jeu d'échecs le plus indispensable jamais édité. Avec lui, vous ne jouez pas simplement aux échecs, vous les comprenez. J'ai plus appris sur les échecs en quelques heures grâce à ce titre qu'avec le pavé de la collection Bouquins de 1600 pages. C'est typiquement la différence entre la théorie et la pratique.

*12 en fait

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