Clive Barker's Jericho

Plongée dans les entrailles du Mal

Dès la première démonstration, nous étions prévenus. Clive Barker’s Jericho n’est pas un jeu pour les âmes sensibles ou les estomacs fragiles. Et la prise en main le confirme. Pourtant, une fois entré dans l’univers du jeu, il est difficile d’en sortir avant d’en voir le bout. Les monstres d’Al Khali - et dans mon cas plus particulièrement les enfants chevaliers – viendront vous persécuter jusque dans vos rêves pour poursuivre la quête. Et le pire, c’est que vous en redemanderez…

Depuis ma première expérience avec Resident Evil, c’est une évidence. Les jeux de «survival horror» se dégustent comme les films du même genre, dans le noir absolu et passé minuit. Pour celui-ci, la règle s’impose évidemment, mais prévoyez tout de même deux ustensiles : un réveil puissant pour interrompre votre partie si vous souhaitez dormir au moins deux heures avant d’entamer une journée de travail le lendemain. Et pour la première demi-heure, un peu d’alcool de menthe. En effet, le jeu est tellement fluide qu’il faut un temps d’adaptation pour se retrouver. Et l’un des premiers obstacles consiste à sortir son personnage d’un gouffre en suivant les indications des flèches à l’écran. Sauf que ces indications sont mal synchronisées et qu’il faut en pratique agir une seconde avant l’apparition. Quelques plongées dans l’abîme et un mal de coeur plus tard, l’action a réellement commencée.

Un pour tous…

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Passé cette mise en jambe plutôt laborieuse, le jeu devient très simple à manipuler, un vrai plaisir qui permet de se concentrer uniquement sur le gameplay et l’univers. A partir de là, il n’y a plus de comparaison possible avec un Resident Evil. Tout d’abord, vous n’incarnez pas une personne seule, mais une équipe de soldats aguerris et dôtés de pouvoirs surnaturels. Ou plus exactement leur chef d’équipe mort qui s’incarne de l’un à l’autre au fil de la progression – et au gré du joueur – sans perdre son propre talent de guérisseur. Le mélange de tir à la première personne et d’utilisations de sortilèges rend le jeu plus fluide. Mais il rend également la progression très inégale. Certains passages deviennent assez évidents, car l’intelligence artificielle sait bien faire fonctionner les talents des personnages non utilisés. Il suffit parfois simplement de se mettre en retrait et de soigner les blessés.

Dans d’autres au contraire, l’action est tellement prenante que l’équipe passe au second plan. Hormis pour choisir les bonnes combinaisons de pouvoirs. La deuxième différence avec les autres «survival horror» est ici. Même si les niveaux sont sombres et truffés de recoins, les adversaires s’avèrent assez loyaux et n’attaquent que rarement par derrière.

La patte de Clive Barker

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Comme dans les films et les livres de Clive Barker, l’intérêt du jeu tient moins aux effets de surprise éventuels qu’à l’atmosphère générale et aux différents tours et détours de l’intrigue. Sans oublier la touche personnelle de l’écrivain qui aboutit à doter chaque membre de l’équipe Jericho d’une personnalité unique et d’une histoire qui lui est propre. Rendant certains soldats – comme Delgado ou le père Rawlings – particulièrement attachants.

Malgré un niveau de difficulté inégal, et certains paysages répétitifs (normal me direz-vous : on sillonne la même ville à des époques différentes), ce jeu rafraîchit agréablement le genre du «survival horror» à la sauce musclée. Et comme un bon livre, après l’avoir terminé une première fois, vous risquez fort de recommencer la partie pour en apprécier toutes les subtilités. D’ailleurs, une fois la campagne principale achevée (comptez entre 15 à 20 heures de jeu environ), il est possible de revenir à loisir à son chapitre – ou époque – préféré.

8 / 10

Galerie d'images Clive Barker’s Jericho.

Comment nous attribuons nos notes Clive Barker's Jericho Stéphanie Chaptal Plongée dans les entrailles du Mal 2007-10-23T12:34:00+02:00 8 10

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