Crysis Test
PC Test par Tom Bramwell
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Cela faisait à peu près deux heures que je jouais à Crysis quand j’ai réalisé à quel point c’était fort. Jusque-là, rien de bien remarquable pour un FPS : les scènes de transition habituelles, un niveau d’intro linéaire, des trucs censés flanquer les jetons, un déploiement militaire US, la routine, quoi. J’avais regardé le soleil se lever sur l’île, et vu quelques scènes façon Far Cry auxquelles tout le monde s’attendait. J’avais même visité le premier des villages et utilisé certains des pouvoirs de la combi qui équipe le trouffion du futur que l’on incarne pour flinguer deux ou trois ennemis. Mais c’est seulement un peu plus tard que j’ai pris du recul pour admirer.
C’est sûr, Crysis est bien plus qu’un jeu doté d’un moteur graphique dernier cri, mais abordons quand même cet aspect quelques instants. Quand il tourne sur un PC de course (car pour Crysis, mieux vaut un Quad Core avec carte DirectX10), il en jette tellement qu’on en vient à négliger l’immensité d’informations visuelles proposées. L’environnement est si proche de la réalité qu’on se prend à penser : «évidemment, c’est à ça qu’un jeu est censé ressembler». Il faut faire l’effort de prendre un peu de recul et de regarder. Je me trouvais alors dans une vallée boisée. Le soleil faisait luire les rochers, réfléchissant la lumière avec cette lueur minérale si particulière aux vielles pierres. Ces mêmes rayons de soleil dardaient à travers la canopée, projetant des ombres sur un sol végétal aux détails exquis. Voilà la HDR dans toute sa splendeur : capable de rendre ce léger flou propre à la jungle, cette lumière jaune s’insinuant entre les branches hautes. La jungle était vivante. Au-dessus de moi, la végétation se met à bouger : les ennemis approchent…

Ce gars-là vous accompagne à certains moments du jeu. Il ne boit pas, il ne fume pas, il ne mange pas.
C’est à ce moment que j’ai levé les sourcils en murmurant quelque obscénité ; j’étais en train de jouer à un jeu où la végétation bouge quand on la traverse. Les palmiers bruissent et s’agitent bien avant qu’on puisse réellement discerner le soldat qui approche. Dans le combat qui a suivi, la végétation a passablement souffert des tirs et autres lancers de grenade. Des branches sont tombées, des jeunes pousses ont été arrachées ; j’étais tout bêtement en train de rejouer ma version perso de la scène de déforestation à la mitrailleuse de Predator. Encore mieux : grâce au camouflage intégré de ma combi, je me suis glissé dans la peau du Predator, au lieu d’être Schwarzy, pendant une dizaine de secondes. J’ai ainsi pu attraper un soldat par la gorge. J’ai alors eu tout loisir de détailler son visage horrifié de mourant, avant de le balancer dans les buissons.
Il convient maintenant de préciser en quoi consiste la fiction proposée par Crysis. On incarne un super soldat envoyé sur une île du Pacifique, pour enquêter sur une affaire louche perpétrée par l’armée nord coréenne. L’armure hi-tech que porte le héros peut être configurée selon divers modes, qui permettent d’affronter tout type de situation ou presque. Même à court de munitions, on peut s’en sortir en passant au nez et à la barbe des ennemis. Cette nano combi dispose d’une énergie qui se recharge constamment, ce qui signifie qu’on peut utiliser n’importe quel pouvoir avant de devoir la laisser reposer quelques secondes. Par défaut, la combi fait office d’armure, ce qui permet d’encaisser une partie des dégâts et de se soigner rapidement. Si le camouflage saute, la combi repasse automatiquement en mode armure. Il existe aussi un mode force, qui réduit les défenses mais permet de donner des coups fatals, même à un véhicule (mais je n’ai jamais réussi à retourner une bagnole comme dans la bande annonce), ou encore de sauter sur le toit d’un bâtiment comme un super héros. Le mode vitesse est visiblement le moins utile ; il permet de sprinter à une vitesse stupéfiante. Mais le mieux, c’est le mode camouflé. Il sert à parcourir une courte distance en étant invisible, voire de disparaître aux yeux d’un poursuivant, ou encore d’approcher en douceur pour une courte phase de violence au corps à corps. Ce n’est pas la première fois qu’un jeu permet ça, c’était déjà le cas dans Halo 2, mais dans Crysis, les possibilités offertes sont hautement satisfaisantes.
Mais revenons à notre allée boisée. Quand les échanges de tirs ont cessé, j’ai réalisé qu’une deuxième patrouille ennemie approchait. Ils étaient en train de franchir la rivière proche pour me fondre dessus. Me baissant, j’en ai tué deux ou trois de loin (rien de tel qu’un tir pleine tête), mais fus bien vite à court de balles de fusil. Damned, mon chargeur est vide… C’est là que l’IA de groupe de Crysis a pris le relais : les soldats se sont dispersés dans la jungle pour tenter de m’encercler. Repassant en mode furtif, je me suis enfoncé plus loin dans la jungle. J’avais repéré des snipers cachés plus loin dans des formations rocheuses, et souhaitais les contourner plutôt que devoir affronter la patrouille à courte distance. Recourant au mode force, je sautai par-dessus une cascade qui me barrait le chemin, puis, après une pause pour recharger la batterie, repassai en mode furtif pour approcher les snipers. Je disposai d’eux au fusil à pompe, avant de m’emparer de leurs armes pour attaquer la patrouille de loin.
Hélas, n’ayant pas pris le temps d’inspecter plus minutieusement les environs, j’avais atterri au beau milieu d’un autre groupe. A courte portée, ils m’ont fait mal. En tuant un, je reculai puis repassai en furtif derrière un rocher, les semant provisoirement. Je bennai une grenade à leur position supposée, avant de foncer et d’en tuer deux de plus près de la rive : prenant le premier à la gorge, je le lançai sur son collègue, les deux cadavres finissant leur course dans l’eau. Je pris le temps de regarder leurs corps dériver dans le courant et les plantes aquatiques. Puis, me ressaisissant, j’allai m’occuper du dernier soldat, qui traversait vivement la rivière en sens inverse pour se mettre à couvert. Grâce aux munitions trouvées sur les snipers, il piqua rapidement une dernière tête dans l’eau. La sérénité revenue dans la vallée, j’admirai la lumière jouant dans les arbres, avant de progresser vers l’objectif suivant.
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