Test - Cursed Mountain

La Wii jette un froid

Les jeux horrifiques ne sont pas légion sur la console de salon de Nintendo. Alors que la version Wii de Project Zero, pourtant disponible au Japon, n’apparait plus sur les plannings européens, le joueur féru de sueurs froides vidéoludiques pourrait présenter des symptômes de manque sur une console où les éditeurs privilégient à l’évidence les productions très grand public. Le salut pourrait venir du studio Deep Silver de Vienne, qui publie aujourd’hui un nouveau survival horror exclusif à la Wii prenant place dans le décor encore peu exploité par le genre des montagnes d’Himalaya. Enfin un jeu qui fait peur dans le noir sur Wii ?

Eric Simmons a tout pour être heureux dans la vie. Alpiniste de renom, l’homme excelle dans son domaine et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes… s’il ne devait composer avec un jeune frère dont la seule ambition est de se faire remarquer. Dernier exploit en date : se perdre dans une région reculée de l’Himalaya alors qu’il y cherchait d’anciennes reliques. Pas le choix, l’ainé se lance à la recherche de son frère et va devoir affronter l’univers mystérieux et empli de mysticisme d’une région du monde assez peu courue par le tourisme. L’action a lieu dans les années 80, donc pas de GPS ou de portable au programme !

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Plus on avance dans le jeu, plus les assauts de revenants se font nombreux et agressifs. Attention, les sauvegardes automatiques se font uniquement aux endroits prévus par les développeurs.

Cursed Mountain se place dans la grande tradition du survival horror, projetant le personnage principal esseulé dans un environnement hostile où la survie (la vie se récupère en brûlant des bâtons d’encens !) est le maître mot. En guise de zombies, élément incontournable du genre, il s’agira ici de faire face aux revenants prisonniers du lieu à cause d’une malédiction. Vue à la troisième personne, exploitation d’artefacts pour se défendre contre les fantômes et rencontres régulières avec des Boss : le décor est posé et remplit tous les critères de la charte inhérente au genre.

Depuis quelques mois, je me suis mis en tête de lire l’intégralité de H.P. Lovecraft, histoire d’égayer les longues soirées d’hiver qui se préparent. Le hasard a voulu que je me lance dans l’aventure Cursed Mountain au moment où je terminais Les Montagnes Hallucinées (dans le recueil Dans L’abîme du Temps chez Folio SF), à mon sens l’une des plus remarquables et terrifiantes nouvelles du maître. Autant dire que côté ambiance malsaine en haute altitude, la barre est placée assez haute avec cette fiction. S’il use et abuse d’effets clichés et de mouvements de caméras sensés effrayer mais déjà vus des millions de fois dans la plupart des films ou jeux vidéo horrifiques de série B, Cursed Mountain parvient tout de même à diffuser une atmosphère assez angoissante. Mais pas de quoi inquiéter Lovecraft non plus.

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Dans quelques instants, Eric va faire connaissance avec le premier Boss du jeu. Pas de panique, il n’est pas très dur à éliminer mais il reviendra plus tard à la charge.

Au fil de son exploration de la montagne, le joueur doit composer avec des apparitions fantomatiques de plus en plus nombreuses et agressives. Chaque apparition est ponctuée de petits effets de caméra et autres bruitages bien sinistres pour créer la tension. Des flashs des événements arrivés à Frank, le jeune frère, sont régulièrement projetés à l’écran, sans parler d’images furtives de fantômes qui pourront faire sursauter les plus fébriles. Les cinématiques, trop sombres mais habillement composées d’images en suspens, contribuent à développer l’atmosphère étouffante du jeu, soutenue par un doublage français d’assez bonne qualité. Plus que par ses graphismes moyens, c’est avant tout grâce à son environnement sonore que Cursed Mountain parvient à créer une ambiance angoissante. Mais bon, pas de quoi souiller non plus son canapé, d’autant plus que le déroulement du jeu use et abuse des mêmes effets qui finissent par perdre de leur impact.

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