Test - Dante's Inferno

L'enfer du jeu

Baser un jeu sur un poème du XIVe siècle se déroulant en Enfer a certains avantages. Pour commencer, avec Dante's Inferno, vous n'avez pas à payer de droits d'auteur ni à vous inquiéter que Dante Alighieri envoie ses avocats pour se plaindre que vous avez dénaturé son travail. En fait, vous n'avez pas à redouter que quiconque vienne se plaindre dans la mesure où seulement 27 personnes au monde ont pris la peine de lire ce livre écrit en vers hendécasyllabiques, et la moitié d'entre elles mentent.

Malgré tout, il y a aussi des risques. Vous ne pouvez pas employer la plupart des éléments incontournables des jeux d'action/aventures les plus populaires comme les armes, les voitures, les extraterrestres, les zombies, le compagnon d'équipée à l'humour vaseux et les héroïnes féminines avec des fesses ressemblant à deux ballons de basket dans des taies d'oreiller. Vous êtes limités dans le type d'ennemis que vous pouvez créer et dans les environnements qu'ils peuvent habiter. Par ailleurs, comme c'est le cas avec n'importe quel jeu se déroulant en Enfer, vous risquez fort de finir par avoir recours à un grand niveau avec de la lave.

Par conséquent, que va faire le développeur ? Pourquoi ne pas trouver un autre jeu sans armes, ni voitures ou extraterrestres et se contenter de copier dessus ? On a à peu près l'impression que c'est le cas avec Dante's Inferno. En fait, ce jeu a tellement de similitudes avec une autre série bien connue qu'il est difficile de croire qu'il n'ait pas été à l'origine appelé Dante's Inferno War.

C'est vrai que vous n'incarnez pas un type musculeux vêtu d'un pagne avec deux épées énormes et des tatouages rouges ondulants. Vous incarnez à un type musculeux en armure de chaînes avec une seule épée et un costume orné d'une croix rouge. C'est pas pareil. Vous pouvez sauter et appuyer sur les autres boutons en façade pour effectuer des attaques légères et lourdes. Il y a divers combos à apprendre et d'autres à développer au fur et à mesure de la progression du jeu, ainsi que des attaques magiques. Les niveaux consistent principalement à hacher menu les serviteurs de l'Enfer, mais ils sont ponctués de séquences scénarisées, d'énigmes simples, de bataille de boss et de QTE .

C'est également vrai que vous n'entreprenez pas cette expédition pour venger la mort de votre famille bien-aimée ; vous êtes là pour secourir l'âme de votre bien-aimée Béatrice. C'est très différent. Elle avait parié avec le diable que Dante ne lui serait pas infidèle alors qu'il était parti pour l'une de ses croisades, et elle a perdu. Par conséquent, en tant que Dante, vous devez vous frayer un chemin à la force du poignet à travers les neuf cercles de l'Enfer – la concupiscence, l'avidité, l'hérésie, aller chez Ikea un jour férié, etc. – pour tenter de la ramener.

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A ne pas confondre avec Kanye's Inferno, dans lequel le rapper au verbe haut s'endort avec une cigarette allumée à la main.

Le poète Virgile est là pour vous guider dans cette expédition et il utilise la même technologie que la Princess Leia pour apparaître sous la forme d'un hologramme bleu tremblotant. Il intervient à intervalles réguliers pour faire un état sommaire de la situation et, si vous voulez en savoir plus sur ce qui se passe, appuyer sur R1 l'encourage à développer ses explications. Les déclarations de Virgile sont suffisamment sentencieuses pour donner l'impression d'avoir été écrites au XIVe siècle. C'est d'ailleurs le cas ; le texte de ses dialogue a été repris directement du poème éponyme.

Malheureusement, ce n'est pas le cas du reste du script. Il est bourré de clichés et d'expressions familières, et la plupart des doublages sont si ringards que même les répliques correctes ont l'air médiocres. Prenons la scène d'ouverture du jeu, dans laquelle vous devez combattre la Mort elle-même. C'est moins excitant que ça n'y paraît, en partie parce que la Mort combat avec la vitesse et la puissance d'un chaton assoupi, mais aussi parce qu'elle balance des répliques comme « comment oses-tu me défier mortel?» avec un accent américain.

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Ou Dante's Cove, le sit-com d'horreur gay avec en vedette Tracy Scoggins de Babylon 5. C'est l'exacte vérité.

Alors que vous vous préparez à lui clouer définitivement le bec, elle confirme qu'elle est une véritable mauviette en suppliant « non, attend – de grâce ! » On n'a pas tant l'impression de vaincre le spectre terrifiant de la sinistre mort qu'un des méchants de Sheriff, fait moi peur.

Cela dit, les boss deviennent bien de plus en plus difficiles à vaincre au fur et à mesure que le jeu progresse, mais pas de beaucoup, et leurs répliques ne s'améliorent pas. Quelques niveaux après l'épisode de la Mort, vous vous retrouvez à combattre une femme bleue géante. On a l'impression que son texte est plus un copier/coller d'un passage du «Grand Livre des Clichés du Jeu Vidéo» que du poème épique de Dante. Entre autres bons moments : « tu as abandonné les clés du royaume – et pourquoi ? Les seins d'une esclave ! »

Des seins, il y en a tout plein dans Dante's Inferno, et pas seulement dans le script. La géante bleue a une énorme poitrine bleue et chaque sein est animé séparément. À un moment donné, les seins éclatent et il en sort une armée de bébés démons armés de faux. Ils grouillent sur la poitrine de la femme et elle utilise sa main géante bleue pour les balancer sur Dante. Freud y aurait encore plus trouvé son bonheur que dans un festival de Techno en plein air sponsorisé par une marque de vodka

Commentaires (4) Latest comment il y a 2 années

Fermés

  • Arikado #1 il y a 2 années

    "Croyez-moi, une fois que vous avez descendu en rappel un mur de rectums suppurants crachant le feu, vous les avez tous descendus."

    J'avoue que cette phrase m'a fait étirer mes zygomatiques assez savamment ^^. Cela dit, on sent bien que le jeu a du être une épreuve assez pesante pour notre chère testeuse. J'avoue que je n'attendais pas spécialement le titre, au vu du nombre assez conséquent de "hack'n slash" et autre pistolero-sorcière d'une qualité vraiment hors norme, il paraissait assez difficile à Dante de venir truster une place dans le haut du tableau.

    Quoi qu'il en soit, j'imagine que si l'on attend un jeu bourrin dans un univers diabolique on devrait trouver son "bonheur". Personnellement j'ai déjà Bayonetta et Darksiders qui attendent bien sagement que je finisse mon Mass effect 2 (ça risque de prendre un moment), donc je ferai l'impasse sur celui-ci.

    Pour ce qui est de God of war, j'imagine que techniquement il sera très bon, mais reste à voir s'il ne sera finalement pas qu'une pâle copie HD de ses prédécesseurs... (ce qui serait déjà pas si mal avouons le ^^).

    Sinon Ellie, un pti Mario pour oublier tous ces saints... oups seins ^^
  • Moulinex #2 il y a 2 années

    Oui Ellie était très en forme sur ce test de Dante.
  • Cyremia #3 il y a 2 années

    Ce test est une grosse marade, franchement hilarant!!!

    Dommage pour le jeu, y avait de la matière pourtant, ils sont sans doute passés à côte de quelque chose. Ca va me permettre d'élager ma liste de jeu à acheter pour 2010 au moins.
  • Crafton #4 il y a 2 années

    Culte, ce test, tout simplement !