Test - Darkness Within : A la poursuite de Loath Nolder
Cthulhu’s back !
S'il est bien un éditeur qui n'en finit pas d'étonner, c'est Micro Application. C'est en effet très régulièrement qu’il nous propose des jeux d'aventure extrêmement variés n'ayant qu'un point commun : ils sortent tous de l'ordinaire grâce à des mécanismes de inédits, pas toujours les bienvenus mais qui ont le mérite de surprendre, et des scénarios en béton armé. De L'île noyée à l'eXpérience 112, l'éditeur a dû partir à la recherche de tout un lot de jeux d'aventure véritablement extraordinaires. Il y a quelques années, lorsque le premier Runaway est arrivé, on a parlé de la résurrection du genre. Ce n'était pas tout à fait faux, tout s'est très bien vendu. Mais il s'agissait de jeux d'aventure à la papa, tranquillous, sans de nouveaux mécanismes. La série dont je parle ici, malgré des développements tout à fait indépendants, bénéficie également d'une énorme créativité. Alors même si tous ces jeux ne sont pas parfaits, ils ont le mérite d'être plus originaux que les innombrables suites/adaptations/copies conformes que l'on voit toute l'année. Pour un genre qui était mort, c'est plutôt pas mal.
Malgré des mécanismes originaux dont nous verrons plus tard l'intérêt (ou l'échec, histoire de ménager un peu le suspense), l'atmosphère a déjà été vu dans de nombreux jeux/films et surtout livres. Inutile de ménager le suspense, nous sommes en plein Lovecraft. L'action se déroule en 2015 à peu près mais quand on déambule dans les différents lieux de l’histoire, les décors semblent sortis des années 20 ! Typique chtulhien si vous me permettez ce néologisme. D'un autre côté, il est assez difficile de se lasser de ce genre d'ambiance. L'histoire également sent l'auteur américain à plein nez (les développeurs ne s’en cachent d’ailleurs pas). Vous incarnez un flic. Ce sont souvent les forces de police qui se retrouvent embringués dans les histoires de démon, plutôt que des grands manitous, de puissants invocateurs, enfin, des types qui cherchent un peu.
C'est l'histoire d'un gars qui a disparu pendant 5 ans à travers le monde entier et qui est revenu pour le moins dérangé. L'allumé disparait encore une fois et vous, flic de votre état, partez à sa recherche après qu'il ait commis un meurtre. Sur ses traces, vous découvrirez le cheminement qui l'a conduit à devenir un peu zinzin. Vous lirez une multitude de notes, de cahiers. Vous comprendrez que c'est une maison qui a commencé à l'obséder pour le détruire psychologiquement. Le puits qu'il a découvert à la cave doit y être pour quelque chose…
Une vraie enquête, pas une aventure déguisée
Première originalité de ce jeu, il joue à fond le thème de l'enquête policière. On a qualifié certains jeux d'enquêtes policières à mauvais escient, alors qu'ils n'étaient que des jeux d'aventure où avaient lieux des meurtres ou des vols. Une véritable enquêtes consiste à comparer des preuves, confronter des personnages, remarquer des différences, répondre à des interrogations, mettre en exergue des petits détails. Il est possible de faire tout ceci dans Darkness Within. Et là, ce ne sont pas une ou deux séquences de jeu qui serviront avec parcimonie, c'est réellement très régulier et cela dépoussière un peu le genre.
Exemple. En lisant la lettre du type que vous poursuivez, vous devez y relever les éléments importants. Il faut donc souligner les passages qui permettront à votre aventure de progresser. Cela peut être une adresse, un nom, une affirmation… Il faut vraiment se remettre dans la peau de l'étudiant de première que vous étiez pour les sujets de type 1 au bac français, les résumés. Garder l'essentiel, jeter le reste. Ce n'est pas non plus insurmontable. L'interface permet elle aussi de comparer plusieurs choses. Assez rapidement dans l'aventure, vous vous retrouverez dans le bureau du type que vous poursuivez. Vous avez les photos prises par la police lors de la première perquisition. Dans l'interface, vous pouvez comparer les photos au décor qui s'offre à vous. Vous comprendrez alors que quelqu'un est passé après la police. Dans le même ordre d'idée, on peut comparer des indices glanés ça et là et les opposer à d'autres faits ou des déclarations pour déclencher les événements et progresser.
On ne reste jamais bloqué très longtemps dans Darkness Within. Enfin, tout dépend du mode de difficulté. Si vous optez pour le côté difficile, vous vivrez une aventure véritablement intéressante. En mode facile, on vous suggérera habilement quelques bricoles lorsque vous passez trop de temps au même endroit. En fait, j'ai trouvé que la difficulté ne venait pas du jeu en lui-même mais de l'interface sur laquelle je reviendrais tout à l'heure. Bien que les péripéties du joueur se passent à différents endroits possibles, on a toujours un peu l'impression que la route est vraiment tracée. La réelle difficulté consiste à déterminer à quel moment utiliser tel objet dans quel mécanisme complexe de l'interface. Mais j'ai du mal à croire que le joueur expérimenté en aura pour plus de 12 heures de jeu.
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Commentaires (1) Latest comment il y a 4 années
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