Test - de Blob

Révolution multicolore.

L’une des façons les plus éculées pour faire un test, c’est d’utiliser ce que nos confrères d’outre Manche appellent le bon vieux “cut and shut”. Il s’agit dans le but de résumer rapidement les mérites d’un produit particulier de s’en sortir à moindre frais en le comparant à un autre. “Ce jeu A ressemble à ce jeu B”. Parfois, c’est même la seule solution qui s’offre à nous. D’autres fois, c’est carrément impossible, et si un jeu se retrouve bien dans ce cas là, c’est de Blob. D’ailleurs, si jamais l’un d’entre vous parvenait à trouver quelques chose de ce genre, je pense que vous pourriez envoyer votre idée à THQ, cela pourrait probablement leur être utile pour vendre leur jeu.

On pourrait imaginer de Blob sorti d’une boîte de Happy Meal de chez McDonald tant ce jeu est un OVNI coloré. Avec THQ comme éditeur, vous pourriez vous dire qu’il s’agit d’une sorte de Mercury Meltdown - mais cela ne rend pas du tout justice au jeu. Malgré son look fluo déjanté, c’est tout sauf un titre pour enfant, pas plus qu’il ne s’agit d’un énième puzzle où il faut pousser une bille. C’est quelque chose d’autre. Quelque chose de vraiment original, incroyablement plaisant et par moment extrêmement excitant. Dans ses niveaux les plus simples, c’est un jeu hybride, intrigant, mêlant puzzle et plate-forme, dans lequel vous devez redonner de la couleur à une ville devenue toute grise (et non ce n’est pas un jeu de paintball !). En fait, il vaut mieux penser à de Blob comme à un gigantesque terrain de jeu interactif à colorer… mais plutôt réservé aux grands.

Le début de Blob est totalement génialement déjanté et de superbes séquences animées permettent de mettre le décor en place d’une manière qui fait indéniablement penser à Day of the Tentacle, le titre légendaire de LucasArts. Pour des raisons que seule doit vraiment connaître la terrible entreprise ENKR, la couleur a été rendue illégale et a disparu de chaque immeuble, plante, panneau et statue de Chroma City, les transformant en objets neutres et monochromes. Inutile de vous préciser donc que c’est ici que Blob entre en jeu, revêtant le costume de héros solitaire investit de la mission révolutionnaire qui consiste à redonner de la couleur et du swing à tout cet environnement moribond. Non mais !

Comme le titre du jeu le suggère, on se retrouve donc dans cet environnement monochrome aux commandes de Blob, un personnage improbable qui ressemble à une sorte de sauterelle hilare et gélatineuse venue de l’espace. On le déplace de-ci de-là à l’aide du stick analogique du Nunchuk et on le fait sauter en effectuant des mouvements de bas en haut avec la Wiimote. Il y a des Chromabot, des pots de peinture qui se dandinent un peu partout dans le décor terne gris et blanc de Chroma City, et il suffit de plonger dedans pour changer la couleur de Blob. Une fois imprégné de pigments, on peut alors transformer l’environnement, il suffit pour cela de rouler ou de se jeter sur l’immeuble le plus proche ou sur n’importe quel autre élément constituant du décor.

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Il faut porter des lunettes pour ne pas être éblouis par tant de couleurs après le passage de de Blob…

Chaque quartier de la ville est limité par un certain nombre de portes closes, et pour parvenir à ouvrir chacune d’elle afin de découvrir une nouvelle zone à laquelle redonner de la couleur, il faut accumuler un certain nombre de points, que l’on amasse en faisant rouler et rebondir le petit personnage gélatineux sur tout ce qui se trouve autours de lui et en colorant tout d’une façon obsessionnelle et compulsive.

Un fois que chaque pâté de maison qui se trouve dans votre voisinage est totalement rempli de couleur, cela libère ses habitants de l’esclavage dans lequel ils étaient maintenus. Mais attention, arriver à ce résultat demande une certaine dextérité pour le jeu de plate-forme. Sauter d’un immeuble à un autre afin d’atteindre les points les plus élevés qu’il faudra colorer pour terminer le niveau n’est pas toujours une mince affaire. La récompense est cependant à la hauteur de vos performances, lorsque vous rendez ses couleurs à un quartier, sa population vous accueille alors avec un choeur de ‘woo-hoo !’ exubérants. De Blob vaut la peine d’être joué rien que pour entendre ces chorales joyeuses improvisées. Secourir des bestioles de ce genre n’a jamais été aussi amusant depuis LocoRoco.

Cependant la meilleure façon (pour ne pas dire essentielle) de profiter pleinement de ces récompenses et de progresser dans le jeu passe par une foule de mini-jeux qui se trouvent éparpillés dans toute la ville. Ce sont des épreuves contre la montre où l’on vous demande par exemple de repeindre un quartier donné avec une couleur spécifique, ou d’amasser une certaine quantité de peinture de couleur rouge, par exemple, et de se rendre dans un endroit spécifique pour alors secouer la Wiimote et tout repeindre comme si l’on se servait d’une bombe de peinture.

A chaque nouvelle étape de votre progression dans le jeu (comme lorsque vous atteignez 25, 50 ou 75% d’un niveau), lorsque vous repeignez des arbres, réussissez quatre types de challenges différents et que vous accomplissez d’autres micro tâches, de Blob enregistre votre progression via un écran de statistiques exhaustif, qui vous indique entre autre ce qu’il vous reste à faire pour compléter chacun des dix niveaux. Vous réaliserez ainsi très vite qu’atteindre la sortie n’est qu’une petite partie de cette oeuvre picturale – fouiller chaque niveau de fond en comble pour en découvrir tous ses secrets et challenges est un boulot monstre et donne au jeu une rejouabilité inattendue.

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