Devil May Cry 4

Né sous le signe de la console, élevé sur PC.

Devil May Cry. Voilà typiquement le genre de titre auquel j'étais complètement étranger il y a quelques semaines. Mais, après une formation accélérée – merci Wiki – j'ai à peu près tout compris de cette mythologie qui a su merveilleusement concilier l'inconciliable (l'Enfer de Dante pour le fond et les beat them all japonais pour la forme).

Nous avons bien entendu déjà testé Devil May Cry 4 sur les consoles. Ce test sera donc l'occasion de revenir sur les qualités et défauts de ce jeu mais surtout sous l'angle du PC. Quelle est donc l'intérêt d'un Devil May Cry sur PC et surtout, sa légitimité. C'est toujours intéressant que les consoles fassent des incursions sur nos bécanes mais n'est-ce pas trop contre-nature que de voir un jeu trop estampillé PlayStation ou 360 débarquer sur PC ? En tout cas, c'est toujours moins déstabilisant de jouer à un beat them all de plate-forme sur PC qu'à un jeu de stratégies temps réel sur consoles qui, sur une échelle du bizarre avoisine la soirée passée avec cette superbe créature dont le seul défaut physique est une pomme d'Adam proéminente ou une manifestation du premier mai 2002 quand on se retrouve entre les jeunesses socialistes et les jeunesses UDF. Si, si, ça, je vous assure, c'est du bizarre.

Bizarre, Devil May Cry 4 l'est aussi. Le fond ne brille pas par son originalité, c'est assez classique. C'est l'éternel combat entre les démons et les forces du bien comme on le connait à travers des centaines de jeux. Rien d'extraordinaire.

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Néro porte bien son nom, c’est une copie de Dante…

Le scénario est cependant assez tordu. Je vous avouerai que je n'ai pas tout compris. On incarne un certain Néro, pour la première fois. Dans les précédents opus, c'était Dante. Parce qu'il n'a pas vraiment su discerner les méchants des gentils, Néro est ennemi de Dante au début de l'aventure. Et puis les traitres se dévoilent et les alliances changent. Ce que je n'ai pas réussi à m'expliquer, c'est, par exemple, le choix de la ressemblance entre Dante et Néro. La présence de certains personnages : que viennent-ils faire là ? Et, c'est d'une manière générale ce que l'on peut reprocher à la forme : faire preuve d'une trop grande originalité. On passe du coq à l'âne, sans cesse. Il existe une vingtaine de niveaux mais beaucoup moins d'environnements. Néro est même surpris de passer d'une cathédrale enneigée à la jungle la plus luxuriante après un couloir. Certains mécanismes à déclencher (je pense aux vibro-lames) sortent de je ne sais quelle planète.

Surjoué et ringard pour un PCiste

Bien sur, tout est conçu pour immerger le joueur dans une ambiance un peu gothique mais on tombe dans cet univers comme si on prenait la quatrième saison de Lost en cours. C'est déjà bien le bazar quand on a tout vu. Ici, c'est pareil : même en cherchant à faire tous les niveaux bonus, en ne loupant rien, certaines choses restent obscures. Rien n'est fait pour simplifier la compréhension. Par moment, c'est sympa. David Chase disait à propos des Sopranos (dans les bonus de je ne sais plus quelle saison) que ce qui faisait le charme de la série, c'était également le fait que l'on ne saisisse pas tout et que ça rendait les dialogues bien plus crédibles. Cela arrive souvent dans les conversations entre gangsters, on peut glisser sur une ou deux réparties. Mais on revient rapidement sur les histoires de familles pour reprendre le fil du scénario.

Dans Devil May Cry 4, ce n'est pas le cas. Je peux vous assurer que je n'ai absolument rien compris à l'univers des niveaux 3, 4 et 5, ceux qui se déroulent dans la cathédrale. J'ai réussi à les passer parce que c'est assez linéaire, un peu comme un enfant en bas âge réussirait à insérer un objet triangulaire dans la forme triangle, un objet circulaire dans le rond, etc. C'était tout aussi abstrait de me déplacer avec les vibro-lames dans les niveaux que de faire ce genre d'activité d'éveil.

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Les coups bien synchronisés sont récompensés d'effets somptueux.

Malgré tout, c'est précisément pour ce que je viens de reprocher à Devil May Cry qu'il apparait comme un titre très rafraichissant sur PC. OK, on ne comprend pas vraiment tout mais c'est plutôt original et surtout, ça nous permet plus ou moins de découvrir à la fois le beat them all et le jeu de plates-formes autrement qu'en accompagnant Lara Croft.

Le seul défaut que l'on puisse trouver à DMC sur PC, c'est toute la mise en scène, décidément trop consoles. Cela reste de la caricature de réalisation japonaise. Si c'était un film, on dirait que les acteurs surjouent, qu'ils en font des tonnes. C'est insupportable. La stupéfaction n'est pas un sourcil qui se lève, comme Steven Seagal (mauvais exemple en fait, le sourcil de Steven Seagal lui permet de jouer également la colère, l'amusement, la peur, le froid, le chaud, la sexualité, un rhume…) mais un type qui ouvre une bouche d'un kilomètre en ouvrant grand les yeux.

Enfin bon, je ne vais pas vous détailler cette mise en scène que vous avez tous en tête si vous avez déjà regardé des mangas. Il est bien évident que les développeurs n'allaient pas reprogrammer la mise en scène pour ne pas heurter les joueurs PC mais au final, on a vraiment l'impression d'être dans un jeu destiné aux gamins. Et la bande son n'est pas faite pour arranger les choses (un air d'opéra est quand même présent au début du jeu, c'est magnifique mais c'est du one-shoot). Pourtant, nous sommes sur un PEGI 16+.

Pour résumer, je me sens un peu ado attardé d'avoir été au bout du jeu. Je ne regrette absolument pas mais j'ai souvent regretté la sobriété des cinématiques habituelles du PC. Oui, oui, les bombes atomiques, les headshots, tout ça, c'est sobre à côté du jeu d'acteur de Devil May Cry 4 !

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