Test - Dracula Origin

Le jeu dont vous n'êtes pas le héros.

J'avoue que j'ai un problème avec Dracula Origin. Je suis partagé entre l'enthousiasme de la découverte d'une superbe histoire et des énigmes plutôt sympas et la lassitude de l'impression d'avoir joué à ce titre plusieurs dizaines de fois depuis que j'ai démarré les jeux vidéo, ce qui ne nous rajeunit pas non plus. Comprenons-nous, je ne suis pas partisan de dire que les "Point & Clic are dead", comme le martelait Charles Cecil (réalisateur des Broken Sword) quand il s'agissait de mieux vendre son premier jeu 3D. Mais là, il y a un je ne sais quoi de déjà-vu, de mille fois vu, en réalité.

Tout commence par une lettre que reçoit le professeur Helsing. Son apprenti chasseur de vampires, Harker, a trouvé le moyen de s'infiltrer à la source du mal, dans le château de Dracula lui-même. Il a néanmoins besoin de soutien. Londres ne semble pourtant pas sûr ces temps-ci. A travers les innombrables coupures de journaux que l'ennemi juré des vampires va découvrir, il ne tardera pas à comprendre que le malfaisant des Carpates a fait un voyage. Grâce au recoupement des informations sur une carte de Londres, Van Helsing arrivera à déterminer le repaire du suceur de sang. La demeure londonienne de Dracula jouxte un cimetière. Dans un premier temps, le héros devra trouver un passage secret lui permettant d'entrer dans la maison en passant par une tombe. Puis, plus difficile, il faudra comprendre les intentions du comte.

Dracula touriste

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Et c'est là que se pose le premier problème. Je vous avouerai que je n'ai pas lu le livre de Bram Stocker, je viens de le commander sur le Net, je ne sais donc pas si entre le livre et le jeu, nous sommes avec deux visions très éloignées l'une de l'autre. Vous apprenez en effet que Dracula cherche à faire revivre une femme qu'il a aimé bien des siècles auparavant. Celle-ci s'est suicidée en voyant la cruauté de Vlad. Or, les suicidés vivent entre deux mondes et avec quelques incantations égyptiennes, il est possible de les faire revenir. C'est la raison de la présence de Dracula à Londres : récupérer des documents qui lui permettront de trouver des tombes de prêtres égyptiens. Voici donc la quête de Dracula : faire revivre une femme qui le détestait pourtant. Ah oui, le rite pourrait faire apparaitre des millions de démons sur terre. Je ne sais donc pas si on trouve ce genre d'histoire dans le livre de Stocker mais personnellement, ça me donne une certaine sympathie pour le comte. Et dans la foulée de son séjour londonien, il en profite pour rendre une visite à la fiancée de Harker, qui a eu le malheur de lui montrer la photo de sa promise. Il ne la retrouve que très mal en point, deux trous rouges incrustés dans le cou. La "maladie" n'a pas encore pris le dessus et Helsing fera tout pour mettre à mal les projets de Vlad.

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Et là, on se rend compte que le héros n'a aucun charisme. Dracula au moins a un but dans la vie : faire revivre son aimée puis faire ménage à trois avec la fiancée de Harker. Cela me le rend éminemment plus intéressant que Helsing, qui ne jure que par sa croix et son eau bénite. Je crois d'ailleurs que c'est le principe de tout récit vampirique : nous faire préférer les bad guys. Le vampire, avant toute chose, est un personnage qui souffre et s'il tue, c'est par obligation. Sa "naissance" commence dans la douleur, que ce soit Dracula ou un autre. Les intentions des chasseurs de vampire sont toujours plus troubles et mues par des sentiments négatifs : vengeance, plaisir de la guerre ou grenoullisme de bénitier aigu. Et puis c'est paradoxal, mais c'est humain : est-ce que vous préférez une gothique au teint blanc habillée un tantinet vulgos ou une fille tout droit sortie de la petite maison dans la prairie aux joues rouges qui récite sa prière avant d'attaquer le moindre repas ? Donc, Dracula et toute sa clique séduit et Dracula Origin ne déroge pas à la règle. Pas de chance, c'est un jeu où on se coltine un héros sans charme.

Heureusement, le chasseur de vampire suit sa proie à la trace et on découvre un intérêt total pour cette histoire. Personnellement, les jeux vidéo où l'on découvre des documents qu'il faut lire pendant des pages me gonflent au plus haut point. J'adore la lecture mais nous sommes dans un jeu vidéo et ce genre de passage peut tout de même être remplacé par une vidéo, non ? Là, on dévore chaque nouveau document qui nous en apprend plus sur les intentions du vampire. C'est juste qu'on n'est pas d'accord avec les interprétations du personnage qui est censé les lire. L'histoire est donc parfaite et suffisamment intéressante pour aller au bout de l'aventure ; le joueur n'a simplement pas le beau rôle.

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