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Dynasty Warriors 6 Test

PlayStation 3 Xbox 360 Test par Dave McCarthy

17 janvier, 2008

Honnêtement, les articles sur Dynasty Warriors s’écrivent presque d’eux-mêmes : Dynasty Warriors est encore une fois un jeu qui fait vendre un paquet de consoles. La semaine où Dynasty Warriors 6 (ou Shin Sangokumusou 5 pour lui donner son nom nippon) est sorti au Japon, les ventes de la PS3 ont dépassé celle la Wii. Gundam Musou et Dynasty Warriors 2 avaient déclenché des pics de vente similaires lors de leur sortie aux premiers temps de la PS2. Pourtant – comme je le souligne à chaque article sur Dynasty Warriors – les joueurs européens restent résolument imperméables au charme unique de la stratégie de combat, de l’action, des dialogues horribles et des barbichettes de Koei. Dès lors, je me pose la même question qu’au début de tous mes articles sur cette série: en ira-t-il différemment avec celui-là ?

J’ai bien peur de ne pas pouvoir répondre à cette question, parce que je n’ai pas de boule de cristal et parce que le public du jeu vidéo (à en juger par les chiffres de vente dans le monde) a à peu près autant de jugeote qu’un écureuil cinglé. Tout ce que je peux dire, c’est que pour un regard non averti, Dynasty Warriors 6 reste largement identique aux opus précédents : on choisit un des innombrables guerriers disponibles et l’on taille sa route au travers d’un champ de bataille grouillant de soldats ennemis, en combattant de façon théâtralisée dans l’univers de la «Romance des trois Royaumes» (si vous ne savez pas ce que c’est, on se demande ce que vous faisiez quand les précédents jeux sont sortis)…

Le différence la plus notable se situe au niveau de la qualité visuelle. Maintenant que le jeu est en haute définition, une série d’effets de tourbillon de la caméra et de superbes nouvelles animations apportent plus que jamais une impression de vie. Lors des duels avec les officiers ennemis, les troupes environnantes se fondent au flou de l’arrière-plan, les attaques de Musou s’accompagnent d’une symphonie de couleurs façon kaléidoscope, et les animations des personnages sont modélisées à partir de la capture des mouvements de champions des arts martiaux, ce qui les rend plus convaincantes, plus acrobatiques, et en général juste plus démentielles. Le reproche le plus souvent fait à la série – à savoir les méchants qui sortent du brouillard – est toujours à l’ordre du jour dans une certaine mesure, excepté qu’il n’y a pas de brouillard, mais c’est parce que les méchants sont plus nombreux (trois ou quatre fois apparemment) et qu’ils se comportent plus intelligemment que dans les précédents jeux (quoique pas aussi intelligemment qu’avec les IA pointues que l’on trouve dans les derniers beat'em’up de combat en un contre un), nul doute que les critiques a côté de la plaque vont sans doute toujours se plaindre de ça).

Pour le regard expert des habitués de Dynasty Warriors, les choses sont cependant très différentes. Il y a toute sorte d’améliorations et de nouvelles fonctions qui n’auront de l’importance que pour ceux qui se sont immergés dans la série. Désormais, il est possible de grimper des échelles, de traverser une étendue d’eau à la nage, de naviguer en bateau et de défoncer des barrières pour atteindre des places fortes qui jouent un rôle légèrement plus important qu’auparavant (et peuvent être capturées après élimination de tous les officiers présents). Certains champs de bataille sont peuplés d’animaux effrayants et certains personnages sont équipés d’armes différentes. Par ailleurs, le personnage peut changer de niveau au milieu d’une bataille, même si ce n’est qu’à la fin que l’on peut répartir ses points de façon à progresser dans son arbre de compétences.

La plupart des gens qui liront cela n’accueilleront probablement ces différences qu’avec un haussement d’épaules qui veut tout dire et un «de quelles différences parlez-vous ?» légèrement contrit et interloqué, mais la grande amélioration apportée par toutes ces nouveautés et ces perfectionnements mineurs, c’est que les champs de bataille s’ouvrent maintenant plus largement que jamais, ce qui donne une plus grande liberté tactique et permet d’approcher les missions d’une multitude de façons différentes. La première fois que l’on nage vers un point de la carte qui aurait été impossible à atteindre précédemment, que l’on plonge au milieu d’un essaim de troupes qui ne s’y attendent pas ou que l’on escalade des remparts sont des moments particulièrement jouissifs.

La différence – et l’amélioration – la plus importante est cependant le nouveau système Renbu. A la base, réussir à enchaîner des combos sans être descendu fait augmenter votre Renbu, ce qui vous permet ensuite d’accéder à plus grand éventail de mouvements, de débloquer les effets spéciaux des armes et, enfin, d’enchaîner sans fin les combos. Le résultat est un système de combat qui ressemble plus à Gundam Musou qu’aux précédents Dynasty Warriors, en terme de vitesse et de fluidité, et plus à un beat'em’up classique de par la diversité des mouvements possibles. En fait, si l’on combine cela avec les tournoiements de bâton, les sauts carpés et les saltos des combats d’arts martiaux, même si l’on n’est pas tout à fait au niveau de Devil May Cry on s’en approche véritablement en terme d’action stylisée et de verve acrobatique. Par conséquent, même si le jeu conserve toute l’étendue de sa dimension stratégique et de son défi tactique, il ressemble néanmoins plus à un jeu d’action pur et dur que tous les précédents épisodes la série.

Les autres choses méritant d’être mentionnées sont le retour des séquences cinématiques toujours somptueuses de Koei ; la base de données renfermant tous les détails les plus infimes sur la Romance des trois royaumes ; un mode défi contenant une succession de missions rapides ou en temps imparti ; et un camp de base où l’on peut avoir une vue d’ensemble des progrès faits par ses personnages, armes, et chevaux débloqués. Le jeu comporte 19 niveaux différents mais on est limité à un peu moins de personnages que dans le dernier jeu de la série, avec seulement 17 combattants (et, par conséquent, il doit sans doute falloir un peu moins de temps pour déverrouiller complètement le jeu).

Rien de tout cela ne va compter, bien sûr, pour ceux qui ne sont pas conquis par la série des Dynasty Warrior. Si vous faîtes parti de ceux-là, qu’il vous suffise de savoir que Dynasty Warriors 6 est absolument au niveau et dépasse même les meilleurs titres de la série. Ce jeu est comme toujours excellent et c’est le moment ou jamais de l’essayer. Si malgré tout, il ne vous plait toujours pas, c’est qu’il n’est vraiment pas fait pour vous, mais au moins vous aurez essayé… Si vous faîtes parti du public de Dynasty Warrior, vous allez l’acheter et l’adorer. Koei a donc raison de persévérer…

8/10

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