L'épopée Playstation DOSSIER

Back to the roots !

DOSSIER

Aujourd'hui, on a décidé de vous proposer une rétrospective de la Playstation. Comme ça, parce que ça nous plaît. Et si par un curieux hasard la quatrième version de cette machine était annoncée ce soir, vous pourriez vous réjouir d'une telle coïncidence.


L'histoire de la Playstation commence bien avant sa sortie. Un petit état des lieux s'impose ; à l'époque, ce ne sont pas les trois grands constructeurs que l'on connaît aujourd'hui qui se partagent le marché du jeu vidéo consoles, mais SEGA et Nintendo. La genèse de la Play est étroitement liée à Big N. Pour faire court, Nintendo propose des jeux sur cartouche et sent bien qu'il est temps de tourner la page. Dans un premier temps, les disquettes sont envisagées. Mais ceux qui ont connu ce support le savent bien : on a vu mieux au niveau de la fiabilité et de la capacité. Les regards de Nintendo se tournent alors vers le CD. Et donc vers Sony. C'était le projet de la SNES-CD.

En parallèle, Sony commençait à penser à sa propre console. Cerise sur le gâteau, celle-ci était censée émuler les jeux Super Nintendo. À l'heure actuelle, un tel accord serait impensable. Imaginez que Sony propose d'équiper un lecteur d'une console concurrente et rende le software du concurrent compatible ! Un doux rêve rempli de bisounours. Sauf que Sony est allé un peu loin. C'est en effet lui qui a rédigé le contrat et une clause évoquait, sans ciller, que les jeux Nintendo devenaient la propriété de Sony s'ils fonctionnaient sur sa prochaine console. Grosse colère de Nintendo qui se tourne alors vers Philips ! Cela nous paraît assez anodin aujourd'hui, mais qu'un constructeur japonais se tourne vers un constructeur européen était tout bonnement surréaliste.

Voici donc l'ambiance entre Sony et Nintendo. Nous sommes en 1989. Très, très loin de la sortie de la Playstation donc. Le projet fut longtemps en gestation. Le but était de véritablement passer à la génération de consoles la plus révolutionnaire possible.

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Un personnage est sorti de cette histoire, au niveau de la notoriété : il s'agit de Ken Kutaragi. Il est considéré comme le papa de la Playstation. Il avait compris bien avant tous les dirigeants de Sony le potentiel du jeu vidéo, alors que la firme qui l'employait pensait au contraire que la rentabilité serait difficile. En fait, on peut donner tort ou raison à Kutaragi ou aux anciens dirigeants de Sony ; tout dépend de la période dont on parle. Une chose est sûre : sur le long terme, c'est du rentable. Mais la console a toujours connu des débuts poussifs.

Quelques anecdotes… Allez. Lorsque la Playstation sort, je travaille à Joystick, avec Cyrille. L'un de nos collègues a tellement apprécié les tests de nos confrères de Joypad, dans le bureau d'à côté, qu'il a acheté la machine. À sa sortie, elle devait coûter dans les 2000 francs. Évidemment, sans jeu, la machine ne servait à rien. Il a opté pour deux ou trois imports japonais, des trucs qui envoyaient du lourd au niveau visuel. 1000 francs pièce. Deux ou trois heures plus tard, il avait terminé tous les jeux. Je l'ai toujours regardé d'un oeil bizarre par la suite.

À cette époque, dans les rédactions, il fallait aussi parfois se débrouiller avec les moyens du bord pour lire les disques envoyés par les éditeurs. Et le plus bel accessoire pour les lancer, c'était… la touillette pour mélanger son sucre dans le café ! La lecture de ces disques pour la presse exigeait en effet de garder le capot de la console ouvert. Je crois d'ailleurs que ce n'était pas loin des procédés utilisés par les pirates pour lire les jeux copiés. La touillette -on avait l'impression que cet objet avait été avant tout créé pour maintenir le capot ouvert plus qu'à mélanger le sucre-, n'avait pas besoin d'être solide, le capot étant très léger.

Les jeux de la console ont été incroyablement piratés, car c'était très simple.

Parmi les jeux les plus marquants de la console, on se souvient de Final Fantasy VII, Gran Turismo, Metal Gear Solid, Silent Hill, Tekken, Resident Evil, WipEout, des noms qui ne sont pas tout à fait tombés dans l'oubli, c'est le moins que l'on puisse dire.

La console a été vendue à 100 millions d'exemplaires.

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