Fable 2

Fabluleux.

Je crois qu'on vous a déjà parlé de fable 2, plusieurs fois. Un petit détour par la fiche du jeu me le confirme : 96 images, dix vidéos, pas moins de neuf articles. Je me demande si on a déjà autant parlé d'un jeu. Conclure tout ceci avec un test rend un peu amer, c'est l'aboutissement d'un an de travail, à scruter chaque parole, disséquer chaque image. Maintenant, il faut passer aux choses sérieuses et dire si oui ou non Fable 2 est le jeu que l'on attendait. Avec toutes les présentations de Peter Molyneux, les faux espoirs que cela a pu provoquer en nous mais aussi les dernières déclarations pour le moins étranges du concepteur ("ce jeu n'est pas parfait"), l'exercice pourrait ressembler à un liste d'annonces de Peter le mytho à checker. C'est un peu plus complexe que cela et je commencerais par citer une des plus récentes affirmations de Peter, car elle date d'hier.

Elle concerne la répartition du core et du casual. Peter pense que les deux marchés doivent converger l'un vers l'autre sans quoi les jeux core auront beaucoup de mal dans un avenir proche. Avec lui, difficile de savoir si c'est du lard ou du cochon ; il ajoutait que Fable 2 représentait précisément cette convergence. En écrivant cette news, je pensais à une simple annonce de plus. En fait, c'est tout à fait vrai et c'est ce que nous avons pu capter grâce au test, cet aspect étant alors insaisissable lors des trop courtes sessions où nous avons mis la main sur le jeu. Et c'est précisément là que Fable 2 est brillant et qu'on retrouve le Molyneux qu'on a aimé, il y a une éternité.

Fable 2 n'est pas un mélange hétérogène de casual et de core, du Sims avec des séquences de hack’n’slash ou de Diablo saupoudré de l'esprit Wii play. Dans Fable 2, des mécanismes de jeux pour core gamers et ceux des jeux casuals s'imbriquent merveilleusement dans un univers qui devient ultra cohérent. Il est bien évident que certains aspects m'ont pour le moins ennuyé. Mais il y a tellement de choses à faire dans Fable 2 qu'il est tout à fait possible de remplacer une activité par une autre. C'était sans doute cela le grand danger : à force de courir deux lièvres à la fois, le core et le casual, il aurait été possible de se viander sur toute la ligne. Il n'en est rien. Même si le jeu souffre de petites imperfections, le pari est réussi : je ne vois pas à qui peut déplaire ce titre.

Une ellipse de dix ans

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Voilà comment tout a commencé, par le lâche assassinat de la soeur du héros…

Je ne sais pas pourquoi, cette histoire m'a plus emballé que n'importe quel autre jeu baignant dans un univers médiéval. Peut-être parce que votre but n'est pas l'éternel axiome "je-sauve-le-monde-et-je-me-tape-la-princesse". Loin de là. Au début de la partie le héros et sa soeur sont deux petits vermisseaux très pauvres arpentant les rues de la capitale. Ils rêvent d'un plus grand destin, comme celui d'habiter dans le château de la ville. Ils achètent alors une machine à réaliser les rêves. Ce sont les premiers pas du joueur en ville, une sorte de tutorial assez light quand même si on prend en compte la suite des événements.

Cette phase est assez inintéressante mais ce sera l'occasion de faire votre premier choix. Une des quêtes qu'ils peuvent accomplir les amène à récupérer une liste d'avis de recherche de truands. Il est possible de les donner au représentant de la loi ou au bandit qui vous les rachète. Oui, c'est comme dans la vraie vie, la corruption commence assez tôt. Exemple : "Si tu veux jouer à Fable 2, tu dois avoir au moins 17 de moyenne en latin…". Le pire, c'est que ça marche. De mon temps, je n'avais ni ordinateur, ni console et ma moyenne en latin avoisinait les 7, 8, les bonnes semaines. Mais revenons à Fable…

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Le plus fidèle ami de l'homme, du caribou et de l'abus de pouvoir.

Après ces premiers pas en ville, les enfants vont se coucher, désespérés de ne pas dormir dans un château. Au petit matin, les deux gamins sont réveillés par un garde. Il leur demande de les suivre… au château ! Un majordome les attend à l'entrée. Il s'appelle Jeeves. Les amateurs apprécieront. J'invite tous ceux qui ne connaissent pas à se procurer le premier recueil des oeuvres des livres de Wodehouse concernant Jeeves. C'est un des meilleurs trucs qui nous provient de la littérature anglo-saxonne.

Après les présentations d'usage avec le propriétaire des lieux, celui-ci demande à la soeur du héros de prendre place sur un socle. Le propriétaire est vraiment étrange. Il fait une petite expérience et parle de «héros», dit «qu’elle en fait partie» puis le châtelain sort alors un pistolet et abat froidement la soeur du héros. Il fait de même avec ce dernier qui sous le choc tombe à la renverse, traverse la fenêtre et s'écrase 50 mètres plus bas. Il s'en tire, miraculeusement, il est soigné et il faut attendre dix ans, qui s'écoulent en un petit chargement de Xbox pour reprendre la main. Vous allez revenir en ville. Vous voulez comprendre ce qui s'est passé cette nuit-là, pourquoi votre frangine a été assassinée. Et bien entendu, la venger.

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