Je suis embêté ! Je suis là devant mon ordinateur et je dois donner un avis sur Forza 3, ce qui est théoriquement plus agréable que de travailler chez France Télécom. D’autant que ce jeu est un réel espace de liberté en ces temps de radars automatiques et autres amendes parce que la plaque n’est pas assez réfléchissante sur la moto (vécu). De là à ce que l’on nous interdise de rouler à plus de 130 km/h dans les jeux pour ne pas inciter à le faire dans la vraie vie, il n’y a qu’un pas qu’un état comme le nôtre pourrait franchir sans résistance majeure, cf. Hadopi. De même, toute incitation à la vitesse doit être punie mais aucun gouvernant n’a songé à interdire la fabrication de voitures qui montent à 300. Ah, le lobbying et l’hypocrisie ! Mais ces digressions sur notre beau pays ne me permettront pas d’y échapper, il faut rendre un verdict sur ce jeu. Alors allons-y.
Forza 3 est à l’heure actuelle (soit après la sortie de Need for Speed Shift et avant celle de Gran Turismo 5) le meilleur de jeu de course automobile qui soit. C’est un fait. Et pourtant, je suis un peu déçu. C’est ce qui rend la tâche de testeur si difficile. Faut-il s’enthousiasmer au risque d’être traité de vendu à Microsoft ou faut-il au contraire insister sur ce que le jeu aurait pu être et ce qu’il n’est pas, au risque d’être traité de ronchon qui n’aime jamais rien dans les commentaires comme pour Mathieu avec son 9/10 à Uncharted 2 ? On va essayer le grand écart pour changer. S’enthousiasmer en critiquant.
Le meilleur jeu de course, oui mais…
Vu comme ça, c’est très beau !
Ce qui fait de Forza 3 un jeu génial, qui n’a pas besoin d’hésiter entre simulation et arcade, c’est sa jouabilité sans pareille qui devrait plaire à tous ceux qui s’intéressent à la course automobile virtuelle et pour qui Burnout n’est pas le top de la simulation. Attention, je ne parle pas de difficulté mais simplement d’état d’esprit. Un jeu d’arcade peut être bien plus difficile qu’une simulation. D’ailleurs, à partir du moment où l’on est réduit à dire que c’est un peu trop ceci ou un peu trop cela, c’est que ce n’est pas bon. Ainsi, je ne suis pas d’accord avec ce que j’ai lu à droite et à gauche sur Need for Speed Shift. Ce n’est pas le fait qu’EA ait hésité entre arcade et simulation qui pose problème, c’est que la conduite ne correspond pas à grand-chose. Ils n’ont pas réussi à trouver un équilibre de ce que la manette provoque à l’écran pour que ce soit un challenge plaisant. À 250 km/h en ligne droite, on a davantage l’impression d‘être à bord d’un bateau ivre que d’une voiture de sport. Et quand les développeurs ne savent plus quoi faire, on dérape de l’arrière dans le doute. N’est pas Simbin qui veut.
Inconduisible sans aides…
Forza 3, c’est tout le contraire. Quel que soit son niveau, on prend un grand plaisir quasi immédiat et en tous les cas, ce n’est pas la précision du pouce sur la manette qui est le juge de paix. Les jeux qui ne sont qu’une question de dextérité du pouce masquent au final un manque d’ambition.C’est pour cela que j’aime un brin de simulation, car c’est alors le sens de la course, de la trajectoire et du comportement qui détermine la réussite et pas le seul entraînement de son doigt combiné à la capacité de l’œil à suivre un défilement ultrarapide.
Jouable surtout
On peut débattre sans fin sur le réalisme du comportement dans Forza 3 mais cela n’a pas grand intérêt. Ce qui compte, c’est qu’un équilibre idéal ait été trouvé entre réalisme et jouabilité. Les voitures sont réellement différentes, en tous les cas suffisamment pour garantir une diversité dans les sensations. Alors certes, par rapport à un GTR sur PC, on peut dire que la Porsche GT3 ne sous-vire pas comme elle devrait car contrairement à ce que laisse penser le moteur arrière de 600 CV, dans la vraie vie c’est ce qu’elle fait avant de partir du cul. Mais peu importe, c’est cohérent et surtout plaisant. Dans Forza 3 à la manette, on peut soigner les trajectoires, maîtriser les dérapages, s’améliorer et surtout être grisé.
