Grand Theft Auto : Chinatown Wars

Rockstar excelle aussi sur DS.

Un GTA, c'est forcément attendu au tournant surtout quand c'est sur une console nextgen. On voulait néanmoins voir ce que ferait Rockstar avec la «console des gamins». Le résultat dépasse toutes nos espérances. Le développeur nous propose d'une part un excellent titre. Oserais-je dire le meilleur de la DS ? Je ne suis pas loin de le penser mais je suis en plein dedans, je n'ai pas encore le recul nécessaire. Je reste néanmoins persuadé qu'il figure dans le Top 5 de toute l’histoire de le console portable de Nintendo.

Mais en plus de faire son boulot, Rockstar nous a proposé des mini-jeux. Et ça, c'est un second degré exceptionnel. Parce que Rockstar revisite le concept de ces activités débiles en se réappropriant ce concept flou, pourri, qui évite à d'autres développeurs de penser à des jeux ambitieux.

Les types de Rockstar nous proposent ici une pure connivence entre eux et les joueurs. Je n'aurais pas de mots assez forts pour vous faire comprendre à quel point ces types ont tout compris de ce que nous attendions d'eux, surtout sur une console où on nous propose de bichonner son animal de compagnie préféré, de lire rapidement, de faire la cuisine, de passer facilement le cap du CE1, d'arrêter de fumer, de faire du sport, de bien respirer… Stoooooooooooooop… J'en peux plus. Je veux un jeu, un vrai !

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Les habitués de GTA IV ne seront pas dépaysés. Normal, c'est la même ville, intégralement accessible dès le début du jeu.

Tiens, ben ça tombe bien, c'est précisément ça dont on va parler aujourd'hui. Et si ma mémoire est bonne (j'ai dû faire l'impasse sur le jeu qui vous empêche de la perdre sur DS…), ça faisait longtemps que ce n'était pas arrivé.

Tout commence par un scénario un peu plus intéressant qu'à l'accoutumé. C'est l'histoire d'un type qui, comme Nico Bellic, débarque de sa lointaine contrée à Liberty City. Il ne vient cependant pas de l'ancienne Yougoslavie mais d'Asie, de Chine. Sa famille est dans la mafia et il sert plus ou moins de facteur entre sa province natale et Liberty City. Son père vient en effet de mourir et il apporte un sabre légendaire à un oncle. Ce dernier devrait voir sa réputation grandir parmi les triades avec cet objet.

Dans n'importe quel autre jeu, le sabre serait considéré comme le Saint Graal, le trésor des Templiers ou, pour faire plus actuel, un CDI. Or, il n'en est rien. Notre héros se fout complètement de cet objet et des traditions ancestrales. Il l'avoue même à un moment : ce sabre a été gagné par son père aux cartes. Son cynisme tempère énormément le code de l'honneur qui aurait pu être parsemé tout au long du jeu. Les traditions ancestrales, le respect, la circonspection due aux ainés, tout ceci vole et fait prendre du recul par rapport aux films de référence. Résultat ? C'est encore plus glauque et surprenant que ce à quoi on s'attendait.

Je ne sais pas si on peut parler de sociologie pour cet univers mais s'il fallait aborder ce thème, ça ne pourrait pas être plus bas, plus désespérant. Bellic et sa clique étaient des beaufs. C'est encore plus cynique ici où ce ne sont même plus des traditions surannées qui justifient la violence. Jamais au cinéma par exemple un univers n'avait été aussi désespéré. Taxi Driver, peut-être. Même pas sûr.

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