Guitar Hero 2

Devenez une rockstar virtuelle !

L’année dernière à la même époque, j’ai fait près de dix bornes pour mettre la main sur une version Américaine de Guitar Hero. Malgré trois pré-commandes distinctes, il était si rare au moment de son lancement, le 8 Novembre 2005, que je manquais désespérément des guitares miniatures en plastiques fabriquées par Harmonix. J’ai dû errer de ci de là pendant une heure dans un quartier louche à la recherche d’une mystérieuse boutique d’import qui avait une unique copie non réservée en stock. Bien entendu, Guitar Hero est très répandu et j’ai trouvé sa suite les doigts dans le nez ; j’avais même mis la main sur deux copies par des canaux différents avant même que le jeu ne soit sorti. Ce n’est pas comme ça que les choses devraient se passer. Nous devrions tous avoir à déambuler pendant dix kilomètres dans un coin paumé de la banlieue Est début Novembre sans même un manteau pour éviter de se cailler les miches ; mais non, je plaisante, maintenant n’importe quel papy peut rentrer dans un magasin et acheter huit copies de Guitar Hero, grâce à son succès phénoménal et entièrement mérité.

C’est vrai que dix kilomètres, ce n’est pas vraiment une distance énorme et le fait de pouvoir acheter Guitar Hero pratiquement partout en France est une excellente chose. Je devrais sans doute arrêter de récriminer pour avoir eu à marcher un peu pour l’avoir alors que je connais quelqu’un qui est vraiment allé en Amérique pour trouver Guitar Hero et qui est rentré les mains vides pour la simple raison que les douaniers semblent avoir une peur bleue des petites guitares en plastique. Cela dit, il est important de souligner que même si Guitar Hero 2 sera relativement facile à obtenir pour les importateurs impatients, arriver à la terminer sera extrêmement difficile. Guitar Hero 2 fera beaucoup d’usage à ses fans ; il est aux petits soins pour les tout meilleurs joueurs et récompense leur dévotion par un choix de morceaux plus étendu, plus rapides et considérablement plus difficiles, ainsi que par un gameplay repensé qui semble spécifiquement conçu pour rendre ces solos d’une vitesse démentielle tout juste à la portée des possibilités humaines. L’accent est plus mis sur le matraquage pur et dur que sur les riffs mémorables, ce qui plaira à certains et moins à d’autres, mais si l’on prend en compte l’amélioration considérable du mode multi-joueurs et l’ajout d’un mode Entraînement pour compenser l’augmentation de la difficulté, il n’y a vraiment pas à se plaindre. Guitar Hero 2 a su conserver le côté réjouissant et totalement prenant de son prédécesseur et, grâce à un budget sans doute nettement plus conséquent, il habille tout cela d’un environnement infiniment meilleur.

1

Des problèmes avec « Rock and Death »?

Les changements dans le gameplay sont subtils ; la plupart d’entre eux ne sont apparents que sur les niveaux « Difficile » et « Expert ». Alors que les niveaux « Facile » et « Normal » sont à peu près aussi difficiles que dans la première version, le niveau « Difficile » est nettement plus coton ; il est juste un poil plus facile que le niveau « Expert » de l’original. Même si cela crée une cassure dans ce qui était une courbe de progression sublime, le passage de « Normal » à « Difficile » ne posera pas de gros problèmes aux joueurs acharnés et l’entraînement soulage la frustration de se voir bloquer au milieu d’une chanson. Il devient très vite évident que la seule façon de réussir les derniers morceaux du mode « Difficile » et la plupart de ceux du mode « Expert » est d’apprendre à abandonner la «barre de Strum » (elle déclenche la note, ce qui correspond au pincé de la corde sur une vraie guitare) et heureusement les « Hammering-on » et les « Pulling off » (le fait de faire sonner une corde simplement en appuyant dessus ou en la relâchant) ont été suffisamment amélioré pour qu’il soit même possible de taper sur les boutons des deux mains. Le timing est moins sévère et il n’y a plus besoin de maintenir le bouton précédent enfoncé quand on s’y essaie, ce qui signifie que Guitar Hero 2 donne encore plus l’impression d’une vraie guitare que son prédécesseur. Il est parfaitement possible de glisser entre les boutons de la barre de frettes et c’est de fait souvent la seule manière de réussir certaines transitions d’accords encore plus diaboliques du mode « Expert ». Il y a aussi les accords à trois boutons qui n’apparaissent que deux ou trois fois en mode « Difficile », mais se manifestent plus fréquemment et souvent au plus mauvais moment au milieu de séquences particulièrement cruelles en mode « Expert ».

Certaines autres différences sont plus évidentes. Au lieu d’être directement accessible, la dernière chanson de chaque groupe doit être débloquée en bissant les autres titres, ce qui fait que certains morceaux sont a priori secrets pour ceux qui ont su résister à la tentation d’examiner le jeu en détail sur Internet ces dernières semaines. Les visuels originalement déjantés ont été quelque peu améliorés et développés ; il y a plus d’interaction entre la public et la scène et l’animation est globalement légèrement meilleure. Malgré tout, la différence la plus significative est à coup sûr le mode multi-joueurs. Aussi effréné qu’ait pu être le mode à deux joueurs du premier jeu avec deux joueurs de même force et le volume poussé au maximum, la possibilité de jouer une ligne de basse ou la partie rythmique sur le solo d’un ami et de choisir les niveaux de difficulté rend les choses encore plus prenantes. Finir le mode « Difficile » débloque même un « tête à tête Pro », qui vous fait affronter un adversaire note pour note à l’inverse des sections de jeu où chacun joue sa partie.

Malheureusement, tout n’est cependant pas aussi incroyablement merveilleux que ça en a l’air quand on s’y essaie pour de bon avec des amis. Les matchs multi-joueurs ne ressemblent encore vaguement à un affrontement et ne sont vraiment impressionnants qu’entre deux joueurs de très haut niveau, dès lors que si l’on joue au niveau « Moyen » à côté d’un ami qui joue au niveau « Expert » on ne peut s’empêcher de se sentir un peu inutile. C’est un peu comme jouer à côté de quelqu’un au lieu de jouer avec lui, ce qui peut s’avérer très frustrant, et même sur les passages les plus difficiles un ou deux lignes de basse sont incroyablement ennuyeuses. Cependant, tout bien considéré, on voit difficilement comment on aurait pu éviter ce grand écart sans ajouter des notes qui n’existent pas dans la chanson et, quand les deux joueurs exécutent vraiment leurs parties, c’est vraiment un pied d’enfer quelque soit celui qui joue et à quel niveau.

2

Ce style demande des poignets en béton

Le seul autre vrai problème avec Guitar Hero 2, c’est la liste de chansons qui n’est pas aussi variée et ne couvre pas aussi bien tous les genres que celle de l’original (même si celles-ci sont incontestablement aussi agréables à jouer). C’est malgré tout une sélection exceptionnellement bonne et les versions présentées sont d’aussi bonne qualité, mais la tendance est plus globalement au « Heavy métal » et il n’y a pas autant de « titres cultes » » que dans le premier Guitar Hero. A moins d’être impressionné par un jeu de guitare super rapide au point de bander comme un cerf, il n’y a rien ici qui soit susceptible de vous faire spontanément tomber sur les genoux comme pourrait le faire «More Than A Feeling » lors d’une nuit chargée en émotion (à part peut-être, en poussant un peu, « Carry On My Wayward Son »). En étant à ce point aux petits soins pour les joueurs de très haut niveau, Guitar Hero 2 semble s’être quelque peu désintéressé des nullards et des gros b½ufs encombrants qui ne veulent généralement rien d’autre que massacrer à la hussarde « Take Me Out On Easy » après quelques heures passées au troquet, ce qui est proprement une honte. D’après moi, le véritable génie de Guitar Hero réside dans son attrait universel, dans sa capacité à correspondre à tous les goûts et tous les niveaux de force avec une liste de chansons très variée, dans son enthousiasme contagieux et sa prise en main immédiate, autant de qualités qui, il faut indéniablement le souligner, ne sont pas aussi manifestes dans ce dernier opus.

Malgré tout, sur tous les autres points, Guitar Hero 2 est un meilleur jeu et il a clairement tiré un immense parti du succès de son prédécesseur. Il permet toujours de se prendre vraiment pour une rock star et il procure toujours la joie incomparable de jouer une meilleure musique que tous les autres jeux actuels de rythme/action. La sélection de morceaux téléchargeables pour la version Xbox 360 et les possibilités de personnalisation pourront sans doute faire de ce jeu un meilleur choix que son prédécesseur et, même si ce dernier reste la meilleure introduction à la série grâce à sa courbe d’apprentissage moins abrupte et son choix de morceaux plus accessibles, en tant que fan déclaré à la recherche de nouveaux défis il y a dans la boîte tout ce dont je pouvais rêver.

Je ne lui décerne qu’un 8, mais c’est un 8 vraiment, vraiment très élevé !

8 / 10

Comment nous attribuons nos notes Guitar Hero 2 Keza MacDonald Devenez une rockstar virtuelle ! 2007-06-08T11:19:00+02:00 8 10

Commentaires

Fermés

  • Chargement