Guitar Hero III : Legends of Rock

Rock the console

Si j’avais passé autant d’heures à jouer d’une vraie guitare que j’en ai cumulé avec Guitar Hero, à l’heure actuelle, je remplirais sûrement les stades. Je serais Hendrix au féminin, version droitière, avec juste un peu moins de cheveux. Il y a certainement des gens qui doivent trouver ridicule le fait de jouer six heures par semaine sur une fausse guitare en plastique, mais vous, amis lecteurs, vous me comprenez. Vous comprenez l’importance du défi qui attendait Neversoft avec Guitar Hero III, surtout après le pétard mouillé que fut Rocks the 80’s (que l’on doit à Harmonix, précisons-le).

Fort heureusement, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Au menu, soixante-dix nouveaux morceaux de choix, tous transposés de façon impeccable au mécanisme à cinq boutons de Guitar Hero. Mais aussi des modes multijoueurs formidables, tous en ligne. Il convient de mentionner que Legends of Rock n’est pas, techniquement parlant, un jeu nouveau : c’est une version relookée et plus complète d’un jeu ancien. Mais quand ledit jeu ancien est de la trempe de Guitar Hero II, et que les ajouts comprennent des chansons sous licence, un mode carrière coopératif incroyable et des fonctionnalités en ligne que l’on attend depuis des lustres, ce qui pourrait être une critique tombe complètement à plat (hormis, peut-être, en ce qui concerne la version PS2, aux graphismes frustes et dépourvue de mode en ligne)...

Guitar Hero III n’est pas une bête extension, et Neversoft n’a jamais ménagé ses efforts pour faire progresser la série. Les changements ne sont pas que cosmétiques ; ce sont des ajustements de bon ton, qui contribuent à rendre le jeu encore meilleur.

Commençons par la superbe et pesante manette : la guitare. Elle arbore fièrement l’estampille Gibson, des parties détachables, un manche nettement plus robuste, des boutons plus jolis, et est sans fil, ce qui ouvre de nouvelles perspectives «chorégraphiques», mais néanmoins beaucoup plus risquées pour les bibelots de votre living-room. Hormis un look revu à la hausse (j’irai même jusqu’à dire qu’elle a autant de gueule qu’une fausse guitare peut en avoir), elle est aussi plus agréable à jouer que les anciens modèles grâce à son poids et aux nouveaux boutons, conçus pour encaisser un maximum de punitions.

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Qui sait si Tom Morello n’est pas agacé d’être relégué au rang de boss de première partie ?

Mais ce n’est pas la guitare qui souffrira le plus… c’est le joueur ! Neversoft a en effet relevé le niveau de difficulté en mode Expert, afin que tous, hormis ceux qui ont atteint le niveau d’Achievement Kick the Bucket dans Guitar Hero 2, en bavent un peu ; c’en est fini de la trop grande facilité de Guitar Hero 80’s. Les morceaux bonus comme Through the Fire and Flames ou Take This Life, quant à eux, même dans leur final bourré de riffs, sont des défis à la hauteur des «guitar heroes» chevronnés. Saluons également le retour du mode Performance de Guitar Hero 2, qui supprime tout sauf le décor à l’écran, mais aussi l’arrivée d’un challenge un peu plus raisonnable, à savoir le mode Précision, auquel on accède après avoir terminé la carrière Expert : exit la fenêtre de timing pour les notes… Hardcore à souhait !

Certains testeurs américains se sont plaints d’une trop grande difficulté, mais franchement, ce sont des petits joueurs. Pour un jeu de rythme action, surtout un titre qui compte autant de fans que Guitar Hero, «trop difficile» n’a pas de sens aux niveaux avancés, et le jeu compte toujours quatre niveaux de difficulté ; ainsi, tout le monde peut se sentir à l’aise. Ainsi le mode Facile est limité à trois boutons. Le plus important, c’est qu’on prend un réel plaisir à jouer même si on ne dépasse jamais le mode Moyen, tant c’est du bonheur de jouer sur un faux instrument !

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Le Culte de la personnalité permet un Solo sans fin dans Guitar Hero 3. Même Slash en bave !

Le choix des morceaux, bien sûr, constitue la pierre angulaire d’un jeu de musique, et de ce côté-là, il est impossible de critiquer la playlist de Guitar Hero III, à part peut-être One de ces rabat-joie de Metallica. La sélection est nettement plus orientée vers l’Europe, avec une parité quasi parfaite. Le seul petit reproche que l’on pourrait adresser concerne un certain manque de titres un peu alternatifs ou underground, mais cela ne fera râler qu’une petite minorité de joueurs. D’ailleurs, on s’amuse davantage quand on connaît les titres que l’on interprète, plutôt que s’acharner sur un obscur morceau de rock progressif de Boston. Le bon spectaculaire du mode coopératif, quant à lui, provient essentiellement de la diversité des morceaux proposés ; la carrière coopérative, plutôt que d’abonder en partitions de basse monotones pour le deuxième joueur, s’appuie sur quarante titres issus de la playlist et quelques exclusivités multijoueurs. Le rôle tenu par le second interprète est assez varié et intéressant pour que tout le monde s’amuse. Voilà de quoi se lancer dans des boeufs endiablés, que l’on joue entre amis chez soi ou via Internet.

Les graphismes sont épatants ; même la petite intro de Neversoft est très réussie. Le style choisi colle parfaitement au changement d’équipe de développement, mais l’ensemble est désormais plus léché. Ce qui se passe en fond d’écran, et qui n’avait auparavant pas grand intérêt, a fait l’objet d’une plus grande attention et constitue un spectacle apte à rivaliser avec les meilleurs jeux du moment. On a également droit à des cènes de transition pleines d’humour, dans la lignée des pubs télé pour Guitar Hero II.

Les personnages, eux aussi, bénéficient de cette hausse de qualité : on peut presque sentir la vieille sueur qui imprègne le jean d’Axel Steel. Qui plus est, de vrais guitaristes comme Tom Morello et Slash font leur apparition virtuelle aux côtés des archétypes maison, ce qui n’est pas rien. On a du mal à se rappeler qu’à ses débuts, la série Guitar Hero n’était qu’une curiosité d’import, vu le succès mondial qu’elle connaît maintenant !

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Berk, on voit presque la bave et la morve coller au visage de Johnny Napalm.

Ces nouveaux personnages permettent de livrer des batailles en mode Carrière, et apparaissent également dans un nouveau mode multijoueurs : Guitar Battle. Cela apporte un piquant supplémentaire aux duels : quand on réussit une séquence, on a droit à un objet spécial, de type corde cassée, qui vient gêner l’adversaire. C’est absurde, certes, mais ça marche très bien ! Et cela anime des matches qui seraient lassants autrement, par exemple entre un joueur Expert et un joueur Moyen, mais en mode Carrière, cela peut sembler un peu arbitraire et frustrant. Il n’y a que trois batailles contre des boss dans tout le jeu, et ces objets bonus sont la seule façon de les battre ; fatalement, ils sont bien meilleurs guitaristes que vous et moi. Ce qui n’a rien de surprenant, dans la mesure où il s’agit de légendes du rock, alors que nous ne sommes que des joueurs de salon équipés d’une guitare en plastique ! Mais qu’importe, quand on s’éclate à ce point ?

Bien qu’il repose entièrement sur la même mécanique que Guitar Hero II, Legends of Rock n’en est pas moins supérieur à tous ses prédécesseurs : mieux présenté, mieux ficelé, plus professionnel, plus complet. Comme la série l’a toujours fait, il permet de se lancer dans l’interprétation d’excellents morceaux via un gameplay stimulant et prenant en diable… avec en prime un mode coopératif impeccable, un support multijoueurs en ligne (pas sur PS2 bien évidemment), et même un hymne punk allemand des années 80 ! Un vrai bonheur sans nuage, quoi.

9 / 10

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