Test - IL-2 Sturmovik : Birds of Prey
Le plaisir d'être un rapace
La version pour consoles d'un classique de la simulation sur PC fait toujours l'objet de palabres interminables. La série de simulation a conquis sur PC un public de fans passionnés et fidèles, et ceux-ci veulent l'assurance que le réalisme brutal du jeu qu'ils connaissent et adorent n'a pas été édulcoré au point de devenir une bouillie doucereuse pour ses débuts sur consoles. D'un autre côté, il y a un public encore plus important de possesseurs de consoles pour lesquels ce sera le premier contact avec le jeu. Ils seront probablement un peu intimidés par la réputation de sévérité de l'original sur PC et chercheront à s'assurer qu'il n'est pas trop complexe.
Il va de soi que le développeur Gaijin Entertainment doit trouver le juste milieu pour satisfaire ces publics aux aspirations apparemment conflictuelles avec IL-2 Sturmovik : Birds of Prey, et peut-être le studio est-il fatalement contraint d'opter pour un équilibre intermédiaire en créant un jeu pouvant se jouer aux deux extrêmes, mais proposant par défaut le niveau le plus facile, le mode Arcade au nom suffisamment explicatif. L'avion ne peut pas caler et vous bénéficiez de nombreuses autres assistances. La visée et le contrôle de vol sont tous deux aidés par une main invisible, tandis que les unités ennemies et alliées sont en surbrillance sur votre « HUD ». Il y a même une croix de visée flottante qui calcule l'angle de déviation optimal de vos balles, ce qui rend plus facile de tirer là où va se trouver l'ennemi.
C'est également un jeu généreux, avec une campagne solo qui propose 20 missions sur six théâtres d'opérations européens, de la bataille d'Angleterre au point d'orgue de l'assaut sur Berlin où vous bombardez le Reichstag. Réussir ces missions débloque de nouveaux avions et pilotes, de même que les missions supplémentaires indépendantes auxquelles on peut accéder séparément à n'importe quel moment. Il y en a 50, qui mélangent de façon variée les types d'objectifs. Ces missions bonus, qui vont de sorties de reconnaissance en territoire ennemi à des tests des pistes d'atterrissage alliées en pleine tempête, sont plus souples que les missions de l'histoire et vous permettent de modifier le volume de carburant et de munitions que vous pouvez emporter.
Il y a aussi un mode multijoueurs conséquent jusqu'à 16 joueurs, qui propose quatre modes de jeu et une flopée de variables définies par l'utilisateur. Vous pouvez non seulement fixer le temps et l'heure du jour pour vos engagements, mais aussi restreindre les joueurs à des avions construits à des années spécifiques. Les modes Dogfight et Team Battle sont quasiment sans surprise, mais Capture Airfields ajoute une variante aérienne aux objectifs de capture de base habituels avec les atterrissages sur des pistes de fortune. Strike, par contre, est un mode plus tactique. Les équipes se battent pour détruire leurs unités terrestres respectives, une tâche qui demande un bon équilibre entre les bombardiers et les chasseurs, ainsi qu'un jeu à la fois offensif et défensif. Malheureusement, les serveurs du jeu n'étaient pas ouverts au moment de la rédaction de cet article, mais, à moins d'un code de réseau particulièrement calamiteux, cet ensemble de modes en ligne devrait grandement allonger la durée de vie du jeu.
En arrière-plan, Google Maps, édition 1944.
Le joueur timide peut se divertir avec tous ces contenus en mode Arcade, le niveau le plus facile, sans jamais avoir à se soucier qu'une physique réaliste ne les envoie littéralement se crasher au sol. Joué de cette manière, cela ressemble un peu à Ace Combat : WWII Edition, mais ce n'est pas forcément une mauvaise chose. Un appui sur un bouton fait défiler les cibles ennemies (il faut le maintenir enfoncé pour choisir l'objectif de mission le plus proche) et la gâchette gauche peut être utilisée pour verrouiller la caméra sur la cible pourchassée. Les roquettes et les bombes sont assignées aux boutons de coin quand elles sont disponibles.
Le comportement physique plein de mansuétude rend plus facile à effectuer des manoeuvres qui seraient virtuellement impossibles aux niveaux de difficulté les plus élevés. Il est véritablement excitant de lancer son avion dans un piqué hurlant, de frôler les toits des bâtiments pour se lancer ensuite dans un looping tout en pulvérisant les ailes d'un Stuka. On ne se lasse jamais de foncer directement au coeur d'une escadrille de Messerschmitt, crachant le feu de toutes parts, et de voir un morceau de fuselage passer en trombe au-dessus de son cockpit sous la forme d'une boule de feu. Face à des moments aussi joyeusement défoulatoires, il faudrait vraiment être un puriste de la simulation pédant et coincé des zygomatiques pour ne pas voir le bénéfice viscéral d'un gameplay plus accessible.
La présentation aide indéniablement beaucoup dans ce domaine. Jeremy Soule a concocté une bande-son orchestrale aussi magistrale que celle qu'il avait composée pour Oblivion, tandis que la voix off interprète les passages narratifs entre les missions avec une gravité de circonstance. Visuellement, IL-2 Sturmovik ne sera pas le plus beau jeu de l'année, mais même si son débit d'images parfois hésitant n'a rien d'ébouriffant, le jeu lui-même paraît toujours fantastique. Les tirs peuvent faire des trous dans vos ailes, ce qui vous permet de voir défiler le paysage en-dessous de vous et affecte aussi la stabilité de l'appareil. Des éclats de suie poivrent le verre de votre cockpit quand vous vous lancez dans le sillage de fumée que laisse derrière lui un ennemi abattu. Bien entendu, la modélisation des avions est de tout premier plan avec des instruments de cockpit totalement fonctionnels et un pilotage distinctif. Pouvoir regarder sur l'aile les instructions d'urgence en Russe fait partie de ces petits détails qui contribuent à créer l'ambiance du pilotage d'élite.
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