Test - Iron Man
Ni fait, ni à faire.
Il parait qu’un des signes de la folie est de répéter sans cesse les mêmes choses futiles en espérant que le résultat sera différent. J’ai bien peur d’en avoir les symptômes car, bien qu’ayant expérimenté le contraire pendant des années, je continue d’espérer que chaque nouveau titre dérivé de film soit un bon jeu. En particulier les dérivés de films de super héros. Peut-être que ça va être celui-là me murmure une petite voix au fond de ma tête. Peut-être que ce sera un grand jeu et qui utilisera à merveille le personnage. Cette fois-ci. Peut-être...
Iron Man, un dérivé catastrophiquement mis en oeuvre d’un film parfaitement réjouissant, est tout simplement le dernier jeu à broyer mes naïves espérances dans un poing de fer.
Comme toujours, l’histoire du jeu reprend les éléments de base du matériel source, remplace toutes les scènes de dialogue et développe le personnage et l’intrigue avec plus de fusillades et d’explosions, le tout saupoudré d’encore plus de fusillades. Dans le cas qui nous occupe, le héros est le richissime industriel Tony Stark, que sa capture par des rebelles afghans a fait changer d’avis quant à la rectitude morale d’utiliser son génie de concepteur mécanique pour produire des instruments de mort. Au lieu de cela, il crée… un instrument de mort. Mais celui-ci est un costume mécanique volant vraiment cool et il l’utilise pour détruire les autres instruments de mort qu’il a créés, ce qui fait que c’est moralement ok.
C’est là où le gameplay entre en jeu. Après une paire de niveaux d’entraînements sommaires avec l’encombrant costume Mark I en Afghanistan et le Mark II argenté à Stark Industries, vous vous lancez dans l’armure familière rouge et or Mark III dans votre croisade pour débarrasser le monde des armes que vous avez créées. Le jeu allonge la sauce en vous mettant dans les pattes les bons vieux ennemis A.I.M. (Advanced Idea Mechanics) de Marvel et le réseau de crime organisé Maggia, chacun d’eux fournissant un flot sans fin de tanks et d’hélicoptères à réduire en pièce avec l’arsenal de Stark.
Regardez, Iron Man va se tromper de chemin. Une fois de plus.
Pour vous aider dans cette campagne de destruction, votre armure est équipée de rayons répulseurs, d’une arme explosive secondaire et du puissant rayon focalisé monté sur la poitrine. En remplissant certains objectifs dans chaque niveau, on gagne plus d’argent avec lequel améliorer les différents aspects de l’armure, même si les effets sont en grande partie négligeables et que les différentes possibilités d’amélioration ne se débloquent qu’à des points pré établis du jeu. Stark n’est-il pas supposé être un génie multi-milliardaire ? Je suis quasiment certain qu’il pourrait acheter ou construire toutes les améliorations qu’il désire quand il le désire. Cela dit, cela ne collerait pas au modèle du jeu vidéo linéaire et ce n’est clairement pas un jeu soucieux d’apporter des idées nouvelles.
Pour commencer, et comme pourront l’attester tous ceux qui ont essayé la démo, ce sont les contrôles qui font d’Iron Man une expérience singulièrement déplaisante. On passe la plupart du temps dans les airs, mais le jeu semble se fourvoyer en rendant le mouvement dans cet élément d’une incompréhensible complexité. La gâchette gauche vous fait planer, mais l’enfoncer complètement vous envoie inexorablement vous perdre dans la stratosphère. Il faut l’enfoncer à moitié pour maintenir une hauteur constante, une distinction arbitraire qu’il faut un certain temps pour maîtriser. Il n’y a aucun moyen de contrôler sa descente, il faut donc laisser faire, tomber en chute libre et planer à nouveau quand on pense avoir atteint la hauteur idéale.
Vous pouvez prendre des missiles et les balancer sur des cibles, mais c’est une opération tellement complexe qu’il vaut mieux occuper les trois secondes que cela prend à les éclater avec vos répulseurs.
Le mouvement vers l’avant est encore pire, la vitesse d’Iron Man ne dépendant que d’un choix binaire entre rester immobile ou foncer comme une fusée. Simplement naviguer dans les niveaux devient une véritable corvée, car on n’arrête pas de faire sauvagement du ping-pong dans le décor, de dériver vers le haut ou de chuter alors que l’on essaie de garder ses ennemis en point de mire. Je me suis retrouvé mélancoliquement à regretter Superman Returns, un jeu effroyablement banal mais qui réussissait au moins à gérer correctement le vol en le rendant simple et immédiat. Finalement, après quatre ou cinq niveaux, on en arrive à une sorte de trêve tendue avec les contrôles d’Iron Man et l’on trouve un compromis qui permet au moins de se déplacer avec une certaine précision.
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Commentaires (1) Latest comment il y a 4 années
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