Pourquoi le sexe est-il ridicule dans les jeux vidéo ? (rediffusion de l'été) • Page 3

Oui, pourquoi ?

j'ai jadis passé quelques jours dans Second Life et, même si je n'y ai pas pris un plaisir fou, il y a quand même eu de très bons moments. Second Life autorise le sexe, mais le régule - il limite l'acte sexuel aux clubs privés et aux salons. Ce qu'il y a de plus drôle avec le sexe dans Second Life, c'est que les avatars n'ont pas de parties génitales. Les joueurs doivent s'en acheter (et il y a un brillant article là-dessus sur PC Gamer ).

Le sexe dans Second Life était, et est toujours, un élément majeur de son économie. Comme le disait Tiffany Widdershims, une tenancière de bordel de Second Life, pendant l'âge d'or de ce monde virtuel : « on en apprend beaucoup sur le fond de la nature humaine en faisant payer des gens pour avoir des relations sexuelles avec des personnages virtuels et les voir s'adonner à cela en masse. 99 % des gens vous diront qu'ils sont contre la pornographie et c'est pourtant 40 % de l'activité d'Internet. Tout cela est véritablement ridicule. »

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Les jeux « Les Sims » appellent le sexe « woo-hoo ». Parmi les nouvelles fonctions « hot » des Sims 3 il y avait la possibilité de faire l'amour dans des lieux publics, à l'exception des écoles.

C'est un argument qui se tient. Le sexe est la chose la plus naturelle du monde et sans lui vous ne seriez pas là (dans les deux sens du terme, c'est-à-dire pas de ce monde et pas en train de lire cet article). Pourtant, on n'en parle pas dans les jeux vidéo et souvent dans la vie réelle autrement que dans les termes les plus vagues et les plus aseptisés.

Je n'ai pas forcément envie qu'il y ait plus de sexe dans les jeux, mais je pense que nous considérons la chose de façon erronée : dans les jeux grands publics, tout du moins, le sexe se résume le plus souvent à des poupées animées de façon maladroite à la fin d'une intrigue annexe. Cela ne pourra changer qu'avec des choses innovantes.

Peut-être que le jeu Catherine, sortie la semaine dernière, en fait partie : c'est une méditation profonde sur l'engagement, le désir, et les conséquences de l'adultère. Dans ce jeu, le sexe est un mélange de macabre et de soft qui laisse une impression dérangeante, mais c'est la confusion des sentiments et les pulsions conflictuelles du personnage principal qui font mouche.

C'est un pas important, mais en attendant qu'un jeu comme Catherine devienne un succès phénoménal, les développeurs pour le grand public ont les mains liées par la situation actuelle. Les différences culturelles et législatives seront toujours un problème dont la solution est de créer des contenus plus ambigus et banals. Par conséquent, la représentation de l'acte sexuel n'est absolument pas sexy dans les jeux vidéo.

Il y a quelque chose d'équivoque entre les jeux vidéo et le sexe - de la timidité, pourrait-on dire, ou peut-être est-ce simplement de la peur. Les jeux vidéo de sexe se voudraient sérieux, mais finissent toujours par être ridicules. Il y a de quoi se moquer des situations bancales, des dialogues consternants, du plink-plonk de la musique de piano en arrière-plan - et surtout être sidéré à l'idée que quelqu'un, quelque part, puisse trouver cela excitant.

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