Killzone 2

Une gâterie pour passionnés.

Il est facile de se laisser aveugler par des choses accessoires avec Killzone 2. Un jeu en exclusivité sur une plate-forme est voué à être examiné sous un angle biaisé dans le climat actuel de l'univers des consoles et, quand le jeu en question est la suite d'un titre lastgen médiocrement accueilli, les enjeux sont encore plus élevés. Quand on tente de l'évaluer, on peut sentir sur ses épaules le poids de la défiance des préjugés. Les textures des cartes sont disséquées à la recherche du plus léger défaut, le débit d'images est une obsession, l'intelligence artificielle de vos équipiers est soumise aux tests de Mensa.

Heureusement, Killzone 2 permet d'ignorer facilement tout cela. Laissons ceux qui ont des intérêts particuliers à leurs débats pointilleux et sans objet. Pour ceux qui ne désirent qu'un shooter militaire musclé et agressif, savoir quelle console est la plus balèze devient rapidement d'une importance mineure. Il apparaît très vite que Killzone 2 ne va pas repousser les limites du genre. Cela pourrait être pris comme un manque d'ambition, mais remis dans son contexte cela s'apparente plus à une volonté créatrice – c'est un jeu qui polit des concepts existants jusqu'à leur donner un éclat somptueux, au lieu de déborder du cadre du genre à la recherche de nouveaux schémas.

Vous vous retrouvez donc à contrôler le sergent Tomas "Sev" Sevchenko, un membre d'un quatuor de soldats de l'espace au langage viril, dont la mission est de renverser le despote Visari et ses armées Helghast. Visari a volé une bombe nucléaire expérimentale qui pourrait changer la face de la guerre et vous êtes au milieu des premières lignes qui combattent pour la récupérer avant que l'ennemi ne rentre en possession des codes de lancement.

Vous êtes accompagné du sergent chef Rico Velasquez, un vétéran grisonnant du premier jeu ; du première classe Dante Garza, qui est l'inévitable gai luron de service ; et du caporal Shawn Natko, l'incontournable et peut-être psychotique expert en démolitions. Tous pourraient venir en droite ligne de n'importe quel shooter des cinq dernières années et seul le mélange d'une animation convaincante et de dialogues supérieurs à la moyenne leur donne une véritable vie. Il est indéniable que le script n'y aide pas beaucoup, car il consiste la plupart du temps à faire aboyer encore et encore aux protagonistes des phrases comme «P... de merde! » et "Go! Go!".

Pendant la majeure partie du jeu, vous serez accompagnés par au moins un de ces stéréotypes bourrus, mais c'est loin d'être un jeu en escouade. Ils réagiront plutôt intelligemment aux situations, mais leur présence ne sert au final qu'à vous rappeler qu'il n'y a pas de mode coopératif, bien que Killzone 2 donne en permanence l'impression d'un jeu conçu pour la coopération. Il y a souvent de multiples façons d'approcher chaque niveau, différentes routes à emprunter au travers les circonvolutions des bâtiments Helghast effondrés. Comme il est impossible de dire à un partenaire géré par l'intelligence artificielle d'emprunter un chemin en hauteur, on n'en arrive inévitablement à regretter l'absence d'un ami humain et qui pourrait vraiment tirer parti de ces opportunités stratégiques. C'est une omission surprenante et la faiblesse la plus évidente de Killzone 2.

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Tirer en se mettant à découvert est un bon moyen de se faire tuer. C'est probablement la raison pour laquelle votre ami paraît si terrifié.

L'histoire n'est peut-être pas le point fort du jeu, mais elle fournit toutes les indications vraiment nécessaires pour vous inciter à progresser dans la campagne militaire qui chapeaute les missions du mode solo. Chaque niveau s'enchaîne logiquement avec le suivant, mis à part quelques digressions impliquant une tourelle d'artillerie et une armure mécanisée un peu plus tard dans le jeu, et le but est clairement de créer un climat intense et oppressant, qui donne l'impression convaincante que l'on progresse en territoire étranger hostile en grignotant péniblement centimètre par centimètre.

Ce n'est pas le jeu qu'il vous faut si vous voulez avoir la possibilité de débouler au travers d'une porte, d'arroser les ennemis de plomb et de les regarder tomber comme des mouches. Les Helghast portent des armures et (la plupart du temps) ils sont intelligents. Pour en venir à bout, il faut de la patience, se mettre à l'abri et sortir brièvement à bon escient pour tirer avec précision. Bien entendu, on peut descendre un soldat isolé en l'arrosant sauvagement d'une volée de plomb, et cette tactique fonctionne beaucoup mieux si vous choisissez le niveau de difficulté le plus facile (mais votre ego va en prendre un coup), cependant les moments où l'on est confronté à un seul ennemi sont extrêmement rares.

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