Le Parrain 2

Le jeu que l'on peut refuser…

Pas facile d'aborder ce test. En fait, la démarche la plus naturelle serait de comparer Mafia 2 et Saints Row 2, les deux vous plaçant dans une association de malfaiteurs avec une gestion des quartiers. Je tiens déjà à dire que je ne suis pas un grand fan de Saints Row que je considère comme le parent pauvre de GTA. Mais après avoir joué au Parain 2, il faut bien admettre que Saints Row 2 est à GTA IV, ce que Le Parrain 2 est à Saints Row : un surf sur une vague, une imitation qui n'arrive pas à la cheville de son modèle.

Le pire, c'est que les premières minutes laissent présager d'un très bon jeu. En effet, on nous propose un univers étendu du parrain qui va jusqu'à Cuba. Le jeu commence en pleine révolution alors que les Corleone sont à un pince-fesse. En guise de tutorial, vous devrez escorter les pontes de la famille à l'aéroport. Et là, c'est le drame. C'est du grand n'importe quoi. Je veux bien admettre que c'est la révolution cubaine et que les gens font n'importe quoi dans la rue. Des femmes plutôt bien habillées se mettent casser des voitures, par exemple. Oh, ce n'est sans doute pas grand-chose mais ce sera de pire en pire. Chaque petit problème supplémentaire va s'ajouter à liste de pépins, d'anomalies mais aussi de bugs, longue comme le bras. D'un autre côté, rassurez-vous, il y a d'autres éléments sympathiques mais au final, les défauts l'emportent.

Le plus grand d'entre eux, c'est sans doute le gameplay en lui-même. Qu'il s'agisse de tabasser quelqu'un, d'intimider, de flinguer, ce n'est jamais propre. Lorsque vous jouez à un jeu de baston ou à World of Warcraft, tout est implacablement précis : la fréquence avec laquelle vous devez balancer vos coups ou vos sorts doit être millimétrique. Ici, c'est du n'importe quoi. On finit par taper n'importe comment, le plus rapidement possible sans rechercher l'efficacité. Un seul mot ressort de tous les affrontements, qu'ils se déroulent dans les voitures, à coup de flingue ou à mains nues : brouillon. Et pendant ces séquences, on déchante. Ce qui paraissait séduisant quand les situations étaient calmes, devient incroyablement brouillon.

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Mince, à voir comme ça, ça n'a pas l'air mal du tout.

Les ennemis se comportent n'importe comment, foncent sur vous sans se protéger, comme si aucune IA n'avait été développée. Je n'avais pas vu des personnages se comportant aussi peu finement depuis des années. Sur le plan technique, il suffit de courir pour s'apercevoir que les textures n'apparaissent qu'au dernier moment sur les voitures, par exemple. Mais le pire, et là encore on atteint des sommets, ce sont les bugs collisions. Soyons généreux, allez hop, mode ghost pour tout le monde. Là, franchement, je ne veux même plus compter le nombre de fois ou la moitié d'un cadavre disparait dans un mur : j'ai l'impression que ce genre de situation était plus fréquente que le nombre de fois ou aucune partie d'un corps ne disparaissait dans un autre objet 3D. Mais je veux quand même vous citer le bug de collision le plus drôle qui me soit arrivé.

Pendant une intimidation, séquence dont je vous expliquerais le principe à la page suivante, je passe devant un coffre fort (ces objets sont présents dans tous les lieux). Je m'aperçois que je peux… le frapper. Il faut bien comprendre que ces objets semblent aussi solides que le monolithe de 2001. Mais au risque de passer une semaine à l'hosto, je tape. Surprise : le proprio de l'établissement était incrusté dans le coffre ! Le pire, c’est que je ne l'ai pas compris en voyant le bonhomme mais en l'entendant gueuler brailler ! Et cela n’est qu'un exemple, il faudrait un site comme JudgeHype pour référencer les milliers de petits bugs de la même façon que JudgeHype référence les quêtes de WoW.

Au niveau du contenu, par contre, il suffirait d'un tout petit site, le blog de Cindy Sanders par exemple, pour en faire le tour.

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