Left 4 Dead

It's braining men.

Vous me demandez quel est mon moment préféré dans Left 4 Dead ? Je joue en mode Versus, et nous en sommes arrivés au point culminant de la campagne Blood Harvest, un siège désespéré dans une ferme ou les chances de l'assiégé sont bien minces. Je suis en partie responsable de la minceur de ces chances, car je joue la créature corpulente appelée Boomer. Je me dandine jusqu'à une fenêtre et je regarde à l'intérieur pour voir Louis en train de tirer désespérément sur la horde qui l'entoure. Je me contente de le regarder en souriant, attendant qu'il se tourne dans ma direction. Ce n'est que lorsqu'il le fait, quand il réalise que je suis là, que je l'éclabousse avec mon vomi qui attire les zombies, ce qui incite une nouvelle vague d'infectés à pénétrer à l'intérieur et à le cogner jusqu'à la mort.

En fait, écrire sur Blood Harvest me rappelle quelque chose qui est peut-être encore mieux. Je joue avec un groupe de survivants, qui doivent encore faire une course désespérée au travers des champs pour atteindre la ferme, et j'essaie d'expliquer que le truc est de foncer. Il faut aller là-bas, s'organiser et faire de notre mieux pour tenir en attendant les renforts. Les choses ne pourront qu'empirer si on ne fait rien. Ils semblent comprendre. Nous nous lançons dans l'herbe et nous fonçons. C'est complètement la panique. Je réussis à atteindre la ferme et, ce n'est que lorsque je me retourne, que je réalise que ceux qui m'accompagnaient ont grimpé sur les innombrables meules de foin que l'on voit dans le lointain et qu'ils tentent de repousser leurs assaillants. Je me retrouve donc tout seul dans la maison au moment où la vague se met en mouvement...

Non - parler de ça m’évoque encore quelque chose d'autre. C'est tout au début d'un niveau. Nous avons ouvert une porte pour trouver un kit de soins dans la pièce au bout du couloir. Maintenant nous en avons tous un et nous n’avons plus de place pour transporter ce qui reste. Cela dit, environ 50 mètres plus loin, l'enfer se déchaîne et je me retrouve couvert de vomi et matraqué par une foule, ce qui conduit généralement à se faire mettre en pièces. J'utilise mon kit... Je sais qu'il y en a un autre là. Il est vraiment tout près et, comme nous jouons en mode Versus, il y a des chances que notre adversaire ne me remarque pas si je m'éloigne du groupe pour revenir en arrière et le prendre.

Un pack de santé supplémentaire peut faire toute la différence pour arriver à la prochaine pièce sûre. Les mecs me serrent de près, mais je peux le faire. Je sais que je le peux. Je m'éloigne donc par les couloirs, nerveux au possible, sachant que si je vois les infectés le premier je peux me les faire. Il faut juste que je garde mon calme. Atteindre mon but est une épreuve qui semble durer une éternité. Le retour est encore pire, car je sais qu'ils ont maintenant probablement remarqué que je me suis séparé du groupe. Pourtant, tout va bien jusqu'à ce que j'ai mes potes sous les yeux – car à ce moment-là les infectés tendent un piège et le groupe est divisé en deux au moment où je les rejoins. Voilà le prix de ma stupide convoitise typiquement humaine ! Je suis l’idiot qui a conduit tout le monde à la mort dans le film de zombies. Je me fais l'impression d'être Judas.

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Vous avez généralement la possibilité de ressusciter des amis tombés. Généralement...

En fait, ne partez pas, j'ai mal compris. Vous me demandiez quel était mon moment favori dans tout le jeu alors que j’avais compris le meilleur moment la dernière fois où j'y ai joué. Dans ce cas, il va m’être plus difficile d'en isoler un en particulier. Left 4 Dead est un mélange de Gauntlet et de Doom à base de zombies, et il génère à fréquence rapprochée des moments aussi épiques que ceux que je viens de vous narrer. Quelle que soit la mission, quelqu'un va merder où faire un truc super d'une façon mémorable et amusante. En particulier dans le cas de la première alternative : faire la gaffe de «déranger la sorcière» est l'équivalent pour notre époque du faux pas désastreux pour le groupe du guerrier qui tirait sur la nourriture dans Gauntlet.

De tous les shooters en mode coopératifs sortis récemment, Left 4 Dead est l'un de ceux qui ont soigné le plus ce côté-là. En fait, il l'a tellement soigné, qu'il a un peu tout misé sur le jeu coopératif et délaissé le reste – mais je reviendrai là-dessus plus tard. Au contraire d'un jeu linéaire classique, le contenu de Left 4 Dead est divisé en quatre campagnes, basées sur quatre scénarii traditionnels d'apocalypse à la sauce zombie (hôpitaux, aéroports, fermes et petites villes). On peut faire chacun d’eux en une heure environ au niveau de difficulté standard, mais il faut plus de temps au niveau expert – en particulier si l'on cale sur les sièges démesurément violents par lesquels ils se terminent tous.

Même si vous pouvez les jouer seul, accompagné de trois personnages gérés par l'IA plutôt efficaces (The Chaos Engine est une autre référence qui vient à l'esprit lorsque l'on joue – et les modders devrait prendre cela comme une suggestion de ce qu'ils doivent faire maintenant), Left 4 Dead prend tout son sel en compagnie de trois amis, surtout lorsque l’on se balance en même temps des vannes dans le micro. Une durée de 4 à 5 heures de jeu intense (sans longues séquences cinématiques) est la durée standard d'un FPS moderne – que cela vous plaise ou non – mais la vraie valeur ajoutée du jeu est apportée par ce qui est probablement la chose la plus innovante de Left 4 Dead : l’AI Director.

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