Medal of Honor Warfighter, le solo TEST

Sans médaille. Sans honneur. Sans rien.

Parfois, on a un peu honte de se laisser embarquer dans un jeu. Pourquoi se met-on à jouer des heures à Angry Birds, alors qu'il suffit de quelques minutes pour comprendre l'extrême potentiel hasardeux de la réussite d'un tableau ? Les exemples sont vraiment nombreux. On a tous nos jeux honteux et là, on en tient un beau.


Le scénario de la campagne solo de Medal of Honor Warfighter est assez basique. On a l'impression d'avoir vu ça 1.000 fois dans des séries ou des films. On en revient toujours à cette lutte contre le terrorisme international avec, en menace principale, un explosif surpuissant. Pour mettre à mal les plans des méchants, les gentils empruntent donc tous les « axes du mal » pour que le monde libre continue à ronfler sur ses deux oreilles. Oui, on fait partie des gentils, même si la France n'est pas représentée dans les différentes factions du jeu. C'était bien la peine de rejoindre l'OTAN, tiens !

Si une série TV reprenait le scénario de MW3, je pense que je préférerais zapper sur la chaine météo. Mais pour une raison qui m'échappe, bien que j'ai obtenu la mention P4 à l'armée, comme beaucoup de joueurs, j'ai kiffé Modern. Comme le 2. Et le premier.

La résurrection de la licence Medal of Honor avec Medal of Honor Warfighter est évidemment un surf sur la vague des FPS d'Activision de fin d'année. Non, ce n'est pas très discret et les gros sabots s'entendent de très loin. Et bien ça ne passe pas. C'est à peu près le même contenu, on a plus ou moins le même gameplay, la même recherche esthétique au niveau du réalisme, mais Medal of Honor est à Modern Warfare ce que le couteau en plastique de pique-nique est à l'Opinel.

Ce que certains détestent dans les Modern Warfare, c'est le patriotisme américain exacerbé, cette façon de prendre les points chauds du globe pour une cour de récré. Je suis à des années-lumière de penser ça en jouant à Modern mais c'est vrai que dans Medal of Honor Warfighter, ça fout un peu mal à l'aise. En littérature, ce sera du Gérard de Villiers. Au cinéma, ce serait les Portés disparus, avec Chuck Norris. Non seulement on est un peu mal à l'aise, mais en plus, à part les graphismes, rien ne semble vraiment convaincant.

1

Commençons par le level design de Medal of Honor Warfighter. On sait qu'une grande majorité des gens jouent aux FPS d'Activision en solo et que ces joueurs ne sont pas de « gros gamers » par ailleurs. On comprend alors que ces jeux sont courts et peu compliqués.

Mais là, même le plus nul des joueurs de Call of Duty va trouver Medal of Honor Warfighter totalement consternant. On a toujours un peu décrié les niveaux de type "couloir" où l'on va du point A au point B sans jamais risquer de se perdre. Là, c'est ce défaut poussé à son paroxysme. Un seul point d'entrée, toujours, un seul point de sortie. TOUJOURS. Avec la particularité qu'on voit presque toujours le point B, la sortie, quand on se trouve au point A, l'entrée. Si vous pensiez pouvoir sauter par-dessus un container histoire de vous retrouver dans une zone plus sécurisée, inutile ; de ce point de vue là, les développeurs ont vraiment pensé à tout et nous ont mis des murs invisibles pour nous éviter de sauter par une brèche ou passer sous une barrière. Je n'ai jamais vu ça. À côté, Modern Warfare est un univers ouvert. La prochaine étape, c'est de faire un parcours fléché.

2

La difficulté d'un jeu provient aussi de l'IA des ennemis. Et là encore avec Medal of Honor Warfighter, on a affaire à du très mauvais. Les ennemis arrivent par vagues et se placent à l'endroit où ils doivent se trouver. Et n'en bougent plus. Aucune initiative personnelle. Dès qu'il est plus ou moins possible de les contourner, c'est une balle dans la nuque et basta. On a d'autres séquences dans lesquelles on combat à partir d'un immeuble et on abat méthodiquement les ennemis de l'immeuble en face. Là, mieux vaut en rire : on voit les adversaires courir d'une pièce à l'autre, sans aucune raison si ce n'est celle qui consiste à passer dans votre ligne de mire.

C'est pas tant le manque de difficulté de Medal of Honor Warfighter qui est critiquable, mais l'invraisemblance des comportements. Partant de là, évidemment, on a un peu de mal à continuer.

3

Autre truc gênant : comme un métronome, on a droit à une grosse explosion toutes les quatre ou cinq minutes, une fusillade dans chaque pièce / rue. Mais n'est pas Infinity Wars ou Treyarch qui veut ; derrière une grosse explosion, il faut un peu de mise en scène. Ceux qui connaissent cette vidéo parodique sur les films de Michael Bay y verront de suite le rapprochement. Ça imagine ce qu'aurait été le film Titanic avec ce réalisateur. Quand les gens sautent dans l'eau, ils explosent ! C'est un peu pareil ici. Le responsable des effets spéciaux surjoue.

Le seul truc appréciable du gameplay de Medal of Honor Warfighter est la possibilité de faire le plein de munitions en les demandant à vos partenaires. Vous vous approchez d'eux, vous leur demandez des balles et vous avez le plein. Autant le dire, s'en est fini des problèmes de carence en chargeurs. Si le jeu était différent, un peu plus relevé, mieux rythmé, ça serait une excellente initiative. Bien que ce ne soit pas super logique. Pourquoi vos équipiers porteraient votre matos ? Passons.

Commentaires (4)

Fermés

  • Chargement