Test - Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots
Un feu d'artifice en guise de sortie.
Metal Gear Solid a toujours eu ses fervents admirateurs et ses farouches détracteurs. Des millions de gens l’aiment pour ses captivantes intrigues et conspirations, son sens de l’humour prononcé, son gameplay de furtivité exigeant, ses ambitions cinématiques affichées, son style affecté et ses prétentions artistiques. Des millions de gens le détestent pour ces mêmes raisons.
Et puis, il y a ceux – et c’est mon cas – qui à la fois adorent et détestent les Metal Gear Solid. Bourré de défauts, ingérables, parfois incroyablement ennuyeux, et bénéficiant malgré tout d’un gros budget, d’un design imaginatif, et d’une volonté manifeste et courageuse de penser et de faire l’inattendu et l’impossible. Parfois ce sont à peine des jeux vidéo, mais ils proposent à l’occasion des moments de jeu d’un pur génie, qui ravissent et émeuvent comme peu d’autres séries savent le faire.
Alors, comment aborder un article sur un nouveau Metal Gear Solid ? Doit-on le juger en fonction de ses orientations propres, celles qu’apprécient ses millions de fans ? Doit-on jouer les sceptiques et taper sur Hideo Kojima et son équipe pour leur refus entêté de se mettre au diapason de ce que le reste du monde attend d’un jeu vidéo ? On bien faut-il faire un compromis et choisir une voie médiane ?
S’il y a des choses que Metal Gear Solid 4 ne fait pas, ce sont bien des compromis. Kojima s’est totalement lâché pour ce final extraordinaire et ébouriffant à l’histoire de Solid Snake. La crédibilité est souvent limite, car tous les personnages auxquels on peut penser (et plusieurs auxquels on n’aurait jamais pensé) font une brève apparition dans cette aventure épique mélancolique. Des choses qui seraient des éléments de base et autant d’arguments de vente pour d’autres jeux sont dispersées ici ou là comme des oeufs de Pâques et utilisées une seule fois comme des surprises. Les séquences cinématiques et les conversations sont si longues et si détaillées, que l’on pourrait poser la manette à côté de soi pendant presque la moitié de ce jeu extrêmement long. (En fait, un personnage vous demande de le faire à un moment donné, ce qui donne une «private joke» vraiment hilarante).
Ils nous ont demandé de ne pas déflorer le jeu dans nos articles, alors ils nous ont donné cette photo. Vous n’avez qu’à laisser fonctionner votre imagination.
Il se passe presque trop de choses. Sur un rythme par épisodes, en dents de scie, on découvre des lieux et des styles de jeu radicalement différents, une pléthore de détails secondaires et cachés, et il y a plus de mécanismes de gameplay qu’il n’est possible d’en explorer en n’y jouant qu’une seule fois – et, par-dessus tout, il y a une historie épique, élégiaque et mystérieuse qui cherche à relier toutes les trames isolées et à honorer la fin d’un héros de jeu vidéo.
Metal Gear Solid 4 est, à de très nombreux égards, le plus gros Metal Gear de tous. Est-ce pour autant le meilleur ? Peut-être pas. Si le thriller super élégant qu’était le premier Metal Gear Solid reste le chef-d’oeuvre de Kojima, cet opéra démesuré est en tous cas son oeuvre la plus imposante.
Guns of the Patriots raconte l’histoire de Old Snake, un agent secret prématurément vieilli souffrant d’une maladie mortelle et portant désormais la moustache, qui traque Liquid Snake (qui habite maintenant le corps de Revolver Ocelot, bien sûr, mais si je ne passe pas sur ces détails, nous serons encore là la semaine prochaine), son jumeau créé génétiquement et sa Némésis. Liquid cherche à renverser et à détruire la conspiration dirigeante des Patriots et à plonger le monde dans le chaos – celui-ci est actuellement dominé par des armées privées contrôlées par des intérêts particuliers, qui se déchirent dans des combats stupides au nom de la guerre économique.
La série était connue pour ses coupes de cheveux impeccables, mais là nous sommes gâtés.
Même ceux très au fait des arcanes de Metal Gear auront de la peine à suivre cette histoire emberlificotée. C’est en toute honnêteté un salmigondis indigeste, bourré de sermons pleins de bons sentiments et de métaphores sur les horreurs de la guerre, qui s’efforce désespérément d’apporter une justification globale aux intrigues des quatre précédents jeux et de mener à leurs termes les destinées de personnages aussi divers que Raiden, Meryl, Naomi, Vamp et Eva. Les diverses motivations et la cohérence sont mises de coté et à la fin il est difficile de savoir qui est dans quel camp, ou ce qu’il y a en jeu. Peut-être est-ce intentionnel, mais ça ne fonctionne pas, et les heures de prêchi-prêcha qu’il faut supporter sont un prix trop lourd à payer pour une fin aussi confuse.
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Commentaires (10) Latest comment il y a 4 années
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A la lecture de cette article, on se rend bien compte que Kojima continue de faire du kojima malgré toute l'évolution des jeux de ce genre et c'est aussi pour ça que certains d'entre nous l'aimons.
Merci d'être resté le même M.Kojima.
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tres bon jeu.
dommage que votre jugement anti ps3 ne donne que 8/10 a ce jeu alors que vous donnez 10 a gta4.
m enfin on a l habitude mais vive snake et
REVIENS NOUS!!!!!!!!!!!!!!!
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Je pense que le jugement anti PS3 me vise un peu.
Même si je fais des news qui ne mettent pas en valeur la PS3, je ne suis pas anti PS3, je ne suis pas non plus fanboy de la 360.
J'ai acheté une PS3 avec mes petits sous. J'ai simplement l'impression que l'investissement n'en valait pas la peine. Je ne dis pas que le hardware n'est pas au niveau ou que je préfère les services du Live. J'attends encore un jeu, un seul signe de ce nom sur cette machine. Je tiens à dire que je n'ai pas encore joué à MGS. Cela ne saurait tarder. Désolé, contrairement à d'autres membres de la rédac, en France ou en Angleterre, j'ai pas du tout mais pas du tout aimé prologue. Les modèles comportementaux des caisses sont réalistes mais je m'y ennuie à mourir. A la limite, le seul jeu PS3 auquel j'ai un peu accroché, c'est Heavenly Sword.
Et j'espère infiniment que cette année sera enfin celle où il y a un jeu immanquable sur PS3 au moins une fois par mois.
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Mais maintenant que j'ai pu m'essayer a MGS, mon avis change du tout au tout. Aucun des jeux PS3 n'avait réussi a me convaincre, mais le fait de voir un jeu développé spécifiquement pour la console change tout de suite la donne !
Meme si certain partis-pris au niveau du gameplay me déplaisent, le résultat est bluffant et ne laisse personne de glace.
Je pense qu'avec l'arrivée de l'E3, on va pouvoir voir des exclus PS3 qui utilisent réellement les capacités de la console et qui nous permettront enfin de savoir quel est le meilleur investissement.
A bon entendeur,
Un Xbox fanboy reconverti :P
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